• Actualité
  •  

Ban Ki-moon qui s'inquiète médiatiquement de la poursuite des violences, Juppé qui clame que c'est intolérable, que diront-ils - s'ils disent quelque chose - du nouvel attentat qui vient d'ensanglanter, au début de l'après-midi de ce vendredi 27 avril, le centre de Damas ? Selon les télévisions syriennes - Addounia et Ikhbaria - un kamikaze s'est fait sauter près de la mosquée Zine al Abidine et de l'école Aycha al-Sadiqa, dans le quartier central d'al-Midane. Neuf personnes sont mortes et [...]



Damas : encore une violence non homologuée par Ban Ki-moon

Par Guy Delorme,



Ban Ki-moon qui s’inquiète médiatiquement de la poursuite des violences, Juppé qui clame que c’est intolérable, que diront-ils – s’ils disent quelque chose – du nouvel attentat qui vient d’ensanglanter, au début de l’après-midi de ce vendredi 27 avril, le centre de Damas ? Selon les télévisions syriennes – Addounia et Ikhbaria – un kamikaze s’est fait sauter près de la mosquée Zine al Abidine et de l’école Aycha al-Sadiqa, dans le quartier central d’al-Midane. Neuf personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées. Sana a publié deux photos qui témoignent de la violence de l’explosion : une jambe et une main, appartenant peut-être au kamikaze.

Ligue arabe : phénomène de persistance rétienne qatarie

Mais ce n’est visiblement pas à ces victimes-là que pense la Ligue arabe qui, à l’issue de sa conférence du au Caire, a annoncé qu’elle allait demander à l’ONU et à son Conseil de sécurité de garantir la protection « immédiate » des populations. Toutefois, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue ne font pas référence à l’article 7 de la charte de l’ONU, invoqué voici 48 heures par Alain Juppé, et qui pourrait légitimer un recours à la force. Cette très relative modération est-elle due à l’influence de la présidence irakienne de la Ligue ? On a le désagréable sentiment d’une persistance d’un mauvais esprit qatari à la tête de l’organisation pan-arabe, qui semble toujours jouer systématiquement la carte de l’opposition radicale, qu’elle invite d’ailleurs au Caire le 16 mai. Cet activisme interventionniste de la Ligue arabe – même non assorti d’appel à l’agression militaire – ne va pas dans le sens en tous cas des tentatives d’apaisement du plan Annan, parrainé en principe par la Ligue arabe. Pour un peu, on se croirait revenu au temps où la même Ligue arabe désavouait la mission d’observation qu’elle avait elle-même montée !

Certes, le secrétaire général de la Ligue, Nabil al-Arabi, a exhorté officiellement les deux camps en présence à respecter le cessez-le-feu. Mais il est toujours celui qui, obéissant au doigt et à l’oeil au Qatar et au cheikh Hamad ben Jassem al-Thani, a hurlé avec les loups, arabes et occidentaux, contre la Syrie légitime. L’irak, malgré une bonne volonté dont ont témoigné récemment les déclarations pro-plan de paix et anti-terrorisme de ses principaux responsables, ne peut en deux ou trois semaines liquider le lourd héritage de la présidence qatarie. Même si, à l’évidence, elle doit jouer un rôle de modérateur discret. La « déqatarisation » du monde arabe est une oeuvre d’assez longue haleine…

 

 



Vous pouvez suivre les réponses à cet articles avec le flux RSS.
Les commentaires sont fermés.

14 commentaires à “Damas : encore une violence non homologuée par Ban Ki-moon”

  1. Kinan dit :

    Vous avez vu qui l’on reconnait sur cette photo de Reuters, à la droite de l’observateur de l’ONU (Tlass étant à sa gauche) ?
    Notre bon vieil ami Khalid Abou Saleh, que l’on a vu dans de nombreuses vidéos à Bab Amr avec son ami le docteur Mohamed, par exmeple près du cadavre de M. Colvin ou dans la chambre où étaient réfugiés les deux juournalistes français coincés à Bab Amr, …
    Il semblerait donc qu’il soit lui aussi toujours à Homs…

    http://www.guardian.co.uk/world/middle-east-live/2012/apr/25/syria-annan-alarmed-violence-live

    • L'étrangère dit :

      L’Irak dans l’équation régionale et son impact sur la crise syrienne
      Par Dr. Amin Hoteit

      Résumé :

      Ces deux dernières décennies, l’Irak était devenu le maillon faible de la région du Moyen-Orient. En effet, suite à l’envahissement du Koweit inspiré à feu Saddam Hussein par les USA eux-mêmes, aux sanctions drastiques et à la famine supervisées par le même Kofi Annan qui est aujourd’hui prétendument émissaire de paix en Syrie, et à l’intervention militaire étrangère préméditée de 2003 ; il s’est retrouvé successivement sous tutelle internationale [rendue possible en vertu du chapitre VII] puis sous occupation étatsunienne qui l’a paralysé et ruiné disposant d’absolument de toutes ses ressources, a démoli ses infrastructures et institutions, et lui a ôté toute influence politique dans la région le plaçant derrière les pays inféodés que sont les Pays du Golfe.

      Ces derniers s’étant débarrassés de ce « frère terrible » avaient désormais le champ libre pour saper « l’action commune » des pays arabes, profitant d’une Syrie occupée par le dossier de la Résistance contre l’occupation israélienne et d’une Égypte dépendante de l’aide et des investissements étrangers.

      Les États du Golfe transformés en bases militaires occidentales [12 bases y compris la Cinquième Flotte US à Bahreïn] ont cru que l’occupation américaine de l’Irak durera pour l’éternité et que, menés par l’Arabie saoudite, ils pourraient diriger le monde arabe, eux aussi et à jamais. Mais le peuple irakien a fait échouer leurs projets; d’une part, par sa résistance civile armée ayant obligé les occupants à décamper ; d’autre part, par la résistance de ses dirigeants qui ont su témoigner d’un réalisme et d’une intelligence politique à toute épreuve et particulièrement à celle des mensonges… Par conséquent, l’Irak est désormais en mesure de reprendre son rôle régional en rapport avec son poids géostratégique et d’entamer le dialogue politique avec tous ses voisins.

      Trois mois après le retrait complet de l’armée américaine, est venu un premier défi ; celui de la tenue du sommet de la Ligue arabe le 29 Mars, pour quelques heures, à Bagdad. Bien qu’on ne s’attende pas à grand chose de ce type de sommet depuis que les arabes se sont rayés eux-mêmes de la carte internationale et sont devenus, pour la plupart, l’outil et l’arène de jeu pour les puissances étrangères ; l’Irak a réussi son sommet qui s’est soldé par la reconnaissance de sa souveraineté, de son indépendance, et de sa capacité de peser dans l’équation régionale. Ce qui n’est évidemment pas dans l’intérêt des pays du Golfe qui ont tout essayé pour le marginaliser et le perturber, mais ce fut peine perdue !

      À présent, l’Irak doit faire face à un deuxième défi à la fois régional et international, puisqu’il se prépare à accueillir les négociations du Groupe « 5+1 » sur le programme nucléaire iranien [Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, Allemagne] ; sans oublier le rôle de l’Iran dans la le choix de Bagdad comme capitale d’accueil et tout ce qui a entouré la dernière visite du Premier ministre irakien Nouri el- Maliki à Téhéran, confirmant la souveraineté et l’indépendance de l’Irak ainsi que ses accords de coopération avec l’Iran, la Syrie et le Koweit.

      C’est à partir de ces certitudes que se pose la question de l’impact de l’Irak sur la crise syrienne. Le minimum que nous puissions dire est que l’Irak ne rejoindra pas les pays ennemis de la Syrie, ne contribuera pas à son siège, ne jouera pas comme le Liban à prétendre s’en distancier pendant que certaines de ses régions sont devenues une base arrière du terrorisme dirigé contre elle, comme il ne sera pas une barrière entre elle et l’Iran. D’un autre côté et en raison de l’hostilité de la Turquie et des tentatives d’ingérence des pays du CCG, l’Irak se retrouve obligé de collaborer encore plus étroitement avec la Syrie et l’Iran qui sont les cibles de ces mêmes pays.

      En conséquence, nous pouvons dire que la Syrie [qui avec ses alliés avait pu faire échec à l’agression avant l’entrée en scène de ce facteur irakien d’un poids non négligeable] aura encore plus de chances pour faire face et pousser le triangle des agresseurs régionaux [Turquie, Arabie Saoudite, Qatar] au désespoir et à la frustration. Ces derniers, en dépit de leur argent et de leurs drapeaux, se verront contraints à réexaminer leur position ; sinon, ils risquent de ne pas pouvoir affronter la réaction en réponse à leur agression. Ce qui signifie que l’Irak, revenu en force dans sa région, sera un facteur positif qui contribuera à résoudre pacifiquement la crise syrienne dans l’intérêt de la souveraineté de la Syrie et par conséquent, au bénéfice de la Résistance aux diktats venus de l’étranger.

      Dr. Amin Hoteit
      27/04/2012
      Article original : Al-binaa
      http://www.faceiraq.com/inews.php?id=497483

    • BWANE dit :

      Merci pour le lien. Heureux de vous retrouver sur infosyrye. J’ai l’intention de déraciner les clones. Qu’en pensez-vous ? Amitiés.

      • L'étrangère dit :

        @ Bwane,
        Si c’est à moi que vous vous adressez… je ne vous ai jamais quitté.
        Ceci dit, je vous répondrai : passez devant… non par lâcheté… je ressens la même colère que la vôtre mais je ne saurais l’exprimer aussi « académiquement » que vous. D’autant plus que, techniquement parlant, le clonage des humains est possible, mais suspecté aboutir à des spécimens dégénérés.

        • Cécilia dit :

          BWANE

          Pour déraciner les clones, nous sommes deux.
          Avec vous, je serai encore plus forte.
          Alors un plan commun ou chacun est libre de choisir le sien ?

          • BWANE dit :

            Je vous propose chère Cécilia de ne pas discuter avec les clones, c’est à dire :
            -soit de dédaigner de leur répondre,
            -soit de leurs adresser des lettres d’injures,-mais dans les règles de cet cet art qui sied si-bien à notre siècle-, comme je l’ai expliqué dans un de mes posts.
            N’étants pas sincères, ces cafards ne méritent rien de plus. Qu’en pensez-vous ?

        • BWANE dit :

          Bonjour l’étrangère,
          je sais bien que vous nous avez jamais fait défaut, comment puis-je oublier toutes vos excellentes traductions ainsi que vos commentaires, et je profite de cette occasion pour vous en remercier. En fait, mon commentaire s’adressait à Kinan, qui semblait avoir disparu. A propos de clonage, je date pour ma part le début de ce siècle maudit « le 23 Février 1997 au matin quand les bulletins radiophoniques et télévisés révélèrent aux habitants de toute la Terre le signe inconnu et inouï apparu dans le ciel pour dominer l’époque nouvelle qui s’ouvrait là à l’enseigne du mouton cloné (ascendant ordinateur, Vénus en génomique), et qui avait pour nom Dolly ». Bien à vous.

          • Cécilia dit :

            « N’étant pas sincères, ces cafards ne méritent rien de plus. Qu’en pensez-vous? »

            Parfaitement vrai, cher BWANE. Ils ne sont pas là pour dialoguer, en plus ils sont de mauvaise foi et parfois stupides.

            J’adore la formule pamphlet. Cependant, je reste ouverte à tout nouvelle discussion sur l’idée et la forme.

            Avez-vous remarqué que tareq a disparu ?
            Donc, cela a bien fonctionné.

  2. Bernard dit :

    Il n’y a rien à attendre d’une ligue « arabe » entièrement dépendante pour son financement des pétro-monarques du Golfe. Pas seulement l’émir du Qatar. Quant à l’Irak…Il ne faut pas « oublier » que son système de gouvernance actuel est issu de l’agression puis de l’occupation anglo-saxonne avec le concours notamment de la droite Espagnole et de quelques minus européens. Pauvre Irak, toujours en proie à la quasi cessession du nord kurde et aux affrontements interreligieux chiites et sunnites plus ou moins téléguidés par la grande nation perse d’une part et les petro-monarques au service des dirigeants nord-occidentaux, dont le turc, d’autre part.

  3. BWANE dit :

    En Syrie, attaques terroristes, capitulations et chantage politique :
    http://www.silviacattori.net/article3151.html

  4. hezbollah dit :

    La Syrie doit repousser les « terroristes » avec « fermeté » (Moscou)

    La Russie a estimé samedi que son allié syrien devait repousser « avec fermeté » les « terroristes » opérant en Syrie, au lendemain d’une explosion qui a fait 11 morts à l’extérieur d’une mosquée à Damas selon la télévision d’Etat.

    « Nous sommes convaincus que les terroristes agissant en Syrie doivent être repoussés avec fermeté, et tous les acteurs à l’intérieur comme à l’extérieur (du pays) doivent les empêcher de recevoir le soutien qu’ils réclament », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

    http://www.alterinfo.net/notes/La-Syrie-doit-repousser-les-terroristes-avec-fermete-Moscou_b4138331.html

    En clair, Moscou dit au gouvernement Syrien nettoyer moi toute cette merde de terroriste, et au diable les USA,GB,FR,QATAR, etc !

    • Jo dit :

      « En clair, Moscou dit au gouvernement Syrien nettoyer moi toute cette merde de terroriste, et au diable les USA,GB,FR,QATAR, etc ! »

      J’ai pensé a la meme chose , j’espere que les Russes vont donner le feu vert pour que l’armée éradique une bonne fois pour toutes les RATS

  5. Christian dit :

    C’est ce que j’avais dit à ma femme il y a environ 3 semaines… la Russie, la Chine et la Syrie sont de mèche et ils ont appliqué le plan Annan à la lettre. Ils savent très bien que les groupes armés ne vont pas laisser tomber les armes et ce sera le prétexte que la Russie va utiliser pour donner le feu vert à Damas pour faire le GRAND nettoyage dans tout le pays.
    Allah, Souria, Bashar ou Bass!

    • Cécilia dit :

      Oui, en effet, les Russes travaillent main dans la main avec les Syriens, mais pour Juppé le Petit, c’est très difficile à comprendre ! Même mon petit garçon de 13 ans l’a bien compris. Il est allé même sur internet faire de recherches comparatives sur l’armée de ces pays et l’OTAN. De même, il me parle de la Chine qui sauve l’économie mondiale et la France qui grève de faim sans l’Allemagne. De son séjour linguistique à Munich, il est plus que fasciné alors on n’en parle pas de la Chine, son rêve ainsi que celui de son frère (celui-là pour le sport)
      Sans aucune connaissance en économie, je ne peux guère prononcer, mais cela ne m’empêche pas de l’écouter.