• Décryptage
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Alors que la grande majorité des 300 bérets bleus est à présent arrivée en Syrie, et alors que tant le chef de la mission, le général Rober Mood, que le responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous, ont reconnu la coopération du gouvernement syrien dans la tentative d'application du cessez-le-feu, et même reconnu le problème crucial que posait la présence sur le terrain de terroristes (voir notre article "L'ONU plus objective à Damas qu'à New [...]



L’ONU collabore avec le gouvernement en Syrie – et l’accuse à Genève

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Damas-Tichrine, le 23 mai : un béret bleu au chevet d'un soldat blessé. Eux verront, contrairement aux "enquêteurs" de Genève, toutes les variétés de victimes, tous les genres de violations des droits de l'homme

Alors que la grande majorité des 300 bérets bleus est à présent arrivée en Syrie, et alors que tant le chef de la mission, le général Rober Mood, que le responsable des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, ont reconnu la coopération du gouvernement syrien dans la tentative d’application du cessez-le-feu, et même reconnu le problème crucial que posait la présence sur le terrain de terroristes (voir notre article « L’ONU plus objective à Damas qu’à New York », mis en ligne le 22 mai), l’AFP accorde toute son attention au rapport d’une commission d’enquête « mandatée par l’ONU » selon lequel « la plupart des violations graves » (des droits de l’homme) en Syrie ont été commises par l’armée et les services de sécurité, soit dans le cadre d’opérations militaires, soit dans le cadre de recherches policières.

Rapport – au mieux - »hémiplégique »

Que des brutalités et des abus soient commis par les militaires dans un contexte tel que le connaissent plusieurs villes et régions de Syrie, c’est regrettable mais ce n’est pas étonnant. Et puis quand, quotidiennement, des soldats et des policiers, mais aussi des civils pratiquant la mauvaise religion, les mauvaises opinion, ou simplement ayant un profit social de notable ou de cadre de la nation, sont assassinés chez eux, sur leur lieux  travail ou au volant de leur voiture, est-ce que cela ressort à des « violations graves » des règles de civilisation ou pas ?

Les « enquêteurs » mandatés par le « Conseil des droits de l’homme » des Nations-Unies pointent des tortures et des exécutions extra-judiciaires, pratiquées y compris sur des enfants. Ca ne vous rappelle rien ce genre d’accusation? À nous si : on croirait lire la prose de l’OSDH ou des cyber-dissidents de Syrian Revolution 2011. Accuser le régime de tuer, torturer et même violer des enfants est un must de la propagande. Quitte d’ailleurs à parfois récupérer le cadavre d’une jeune victime de l’opposition armée comme Sari Saoud à Homs (voire notamment notre article « La mère de Sari Saoud témoigne et accuse », mis en ligne le 2 décembre).

Il faudra que ces enquêteurs d’abord étayent ces accusations – qui si elles sont établies devront être publiquement condamnées par le gouvernement. Il faudra  ensuite qu’ils disent un mot des « tortures » et « exécutions extrajudiciaires » commises notamment à Bab Amr entre l’été 2011 et le mois de février 2012 par les commissaires politiques de l’ASL et leur « brigade d’interrogatoire » – puis d’ »enterrement » – et qui ont fait l’objet d’un article « édifiant » mais guère commenté par l’AFP, du Spiegel » (voir notre article « Der Spiegel a interrogé des rebelles-tortionnaires de Bab Amr », mis en ligne le 30 mars).

Qu’ils fassent tout cela, nos inquisiteurs genevois et nous les écouterons plus volontiers. Au fait, un détail, les enquêteurs en question ne se sont pas rendus en Syrie : ils ont donc compilé des informations qu’on leur faisait parvenir. On ne demandera qui est « on », en la circonstance. Autre détail curieux, et relevé d’ailleurs par l’AFP, le rapport ne fournit pas de chiffre global des victimes de la crise syrienne depuis son début. Pourquoi ? Pas mal de médias ne se gênent pas pour mettre, sur les « indications » de l’OSDH, les compteurs à 14 000. Qu’est-ce qui motive donc cette pudeur soudaine ? On nous aurait menti ? On se refuse à le croire !

Au fait, on a identifié au moins certaines de ces victimes : par exemple, les 16 membres des forces de l’ordre dont a célébré les obsèques ce 24 mai à partir des hôpitaux militaires de Damas-Tichrine, d’Alep et de Deir Ezzor ainsi que de l’hôpital de la police de Damas. Si ça intéresse nos fonctionnaires genevois, voici toujours leur nom, grade et gouvernorat d’origine :

-colonel Abdel Aziz Asaad (Lattaquié)

-lieutenant-colonel Mosaab Abdel Karim al-Nahar (Quneitra)

-capitaine Kifah Fajet Daakour (Tartous)

-adjudant-chef Rakan Akram al-Chaarani (Soueidaa)

-sergent-chef Sinan Chawwaf (Lattaquié)

-sergent-chef Qassam Mohammad Kahalf (Quneitra)

-sergent-chef Hawwach Amine Fandi (Hama)

-conscrit Ahmed Abed al-Saho (Hassaké)

-conscrit Abdallah Fouad Ahmad (Alep)

-conscrit Ismaïl Zafer al-Zennar (Alep)

-policier Zyad Nizar al-Hasan (Hama)

-policier Mohammad Hammoud al-Madmoud (Homs)

-policier Abdel Basset Mohammad Abdallah (Idleb)

-policier Ibrahim Mostafa Hallak (Idleb)

-policier Fawzi Rajab al-Sous (Idleb)

-policier Sala Hussein Bader (Quneitra)

Plus les civils…

-Khaled Mohammad Zahra (Damas)

-Mohammad Abdallah al-Zouhouri (Homs)

Voilà donc 24 ou 48 heures de résultats de « violations » ordinaires du cessez le feu et de l’habeas corpus par des groupes se réclamant clairement de l’opposition, et ayant le plus souvent tué leurs victimes dans des attentats, des embuscades et des attentats à l’explosif, à Damas, Deraa, Idleb, Alep, Homs et Deir Ezzor. Vu de Genève, c’est sans doute moins impressionnant…

 

Des morts qui ne sont sans doute pas encore assez nombreux, aux yeux de certains fonctionnaires genevois de l'ONU, pour être pris en compte

 



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6 commentaires à “L’ONU collabore avec le gouvernement en Syrie – et l’accuse à Genève”

  1. سوريا.خالدة-Syrie.Eternelle dit :

    Ceux qu’Israël n’a pas pu tuer avec ses bombes à phosphore, ses projectiles à uranium appauvri et ses mines à fragmentation, sont assassinés par des compatriotes devenus fous.

  2. Christian dit :

    Quelques paragraphes d’un article de Patrick Seale sorti sur Agence Global:

    American policy is showing alarming signs of incoherence. Washington supports the Annan peace plan while at the same time seeking to ensure its failure. While Annan is striving to make the ceasefire hold as a necessary prelude to “Syrian-led” negotiations, the United States, under pressure from Israel and a pro-Israeli Congress, as well as from Republican hawks, is unashamedly seeking Bashar al-Asad’s overthrow. The prime objective of U.S. and Israeli policy is to isolate and weaken Iran and sever its ties to the Lebanese Shia resistance movement Hizballah. Israel would like to bring down the whole Tehran-Damascus-Hizballah resistance axis, which has emerged in recent years as the main obstacle to its regional dominance.

    By a curious twist of fortune, in opposing the Syrian regime the United States finds itself in the invidious position of being on the same side as Al-Qaida — a militant Islamist movement which it is fighting to the death in Afghanistan, Yemen, Somalia and elsewhere!

    The United States is actively supporting the Syrian rebels, Islamists prominent among them, providing them with sophisticated communications equipment and intelligence, while pressing Qatar and Saudi Arabia to do more to help them. In fact, the United States seems to be coordinating the flow of funds and weapons to the rebel fighters. A Washington Post article on 15 May by Karen DeYoung and Liz Sly — based it would appear on an official leak — reported U.S. officials as saying that “the United States and others are moving forward toward increased coordination of intelligence and arming for the rebel forces.” Opposition figures were said to be in direct contact with State Department officials “to designate worthy rebel recipient of arms and pinpoint locations for stockpiles.” But one cannot arm the rebels while calling for a ceasefire!

    There are limits, however, to what the United States is prepared to do to bring down the Syrian regime. It is not ready to commit its own forces – no U.S. boots on the ground and no strike aircraft attacking Syrian targets – and it will not risk an open clash with Moscow, which could have damaging repercussions on American interests elsewhere.

    Traduction:

    La politique américaine montre des signes alarmants d’incohérence. Washington soutient le plan Annan tout en cherchant à s’assurer de son échec. Annan s’efforce de le faire tenir comme un prélude nécessaire aux négociations syriennes, alors que les États-Unis, sous la pression d’Israël et d’un congrès pro-israélien, sans oublier les rapaces républicains, veulent à tout prix et sans scrupules renverser Bachar El-Assad. L’objectif principal de la politique des États-Unis et d’Israël est d’isoler et d’affaiblir l’Iran et de rompre ses liens avec le mouvement de résistance chiite libanais Hezbollah. Israël souhaite briser l’axe de la résistance Téhéran-Damas-Hezbollah, qui est sorti ces dernières années comme le principal obstacle à sa domination régionale.

    Curieusement, en opposant le régime syrien, les États-Unis se trouvent dans la position odieuse d’être du même côté que Al-Qaida–un mouvement islamiste militant qui les combat à mort en Afghanistan, au Yémen, en Somalie et ailleurs !

    Les États-Unis soutiennent activement les rebelles syriens, avec des islamistes parmis eux, leurs fournissant du matériel de communication sophistiqué, tout en poussant le Qatar et l’Arabie Saoudite de faire plus pour les aider. En fait, les États-Unis semblent coordonner le flux des fonds et des armes pour les rebelles. Un article du Washington Post du 15 mai par Karen DeYoung et Liz Sly–basé semblerait-il d’une fuite officielle— signale que les autorités américaines disent que « les États-Unis et autres parties concernées étudient une meilleure coordination des services de renseignement et l’armement des forces rebelles. Des personnalités de l’opposition ont dit être en contact direct avec les responsables du département d’État « pour désigner le digne destinataire rebelle pour récupérer les armes et repérer les endroits pour les amasser ». Mais on ne peut pas armer les rebelles tout en appelant à un cessez-le-feu !

    Il y a des limites, cependant, à ce que les États-Unis sont prêts à faire pour renverser le régime syrien. Ils ne sont pas prêts à engager leurs propres forces  » aucune bottes U.S. sur le terrain ni d’avions attaquant des cibles syriennes « , et ils ne veulent pas risquer un affrontement ouvert avec Moscou, ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur les intérêts américains ailleurs.

  3. Cécilia dit :

    Les chrétiens de Syrie craignent l’arrivée des islamistes au pouvoir(reportage)

    Dans son article, le correspondant de Ria Novosti, Pavel Davidov estime que les chrétiens qui vivent en Syrie craignent d’être victimes de l’extrémisme religieux si le régime du président Bachar al-Assad est renversé et que les islamistes s’emparent du pouvoir

    En effet, selon un professeur d’une université de Damas et membre de la communauté orthodoxe de la capitale, qui a demandé qu’on l’appelle simplement Georges « la Syrie sera frappée par une guerre civile si les opposants d’Assad et ceux qui les soutiennent en Occident et dans la région continuent d’essayer de le renverser par la force ».

    « Si le régime est renversé, il sera remplacé par les islamistes qui rendront la vie des chrétiens très difficile, car ils estiment à tort que nous aidons le régime actuel et sommes de son côté », a déclaré Georges.

    Et de souligner : « Les musulmans sunnites qui représentent la majeure partie de la population syrienne pourraient penser qu’après le départ du régime du président Assad représentant la minorité alaouite ils vivront mieux. Mais personnellement je pense qu’ils se trompent. La Syrie est un Etat laïque et les gens, y compris les musulmans, n’apprécieraient pas qu’un nouveau gouvernement leur impose les normes islamiques en termes de morale et de comportement ».

    Il est convaincu que ce ne sont pas les libéraux, mais les forces extrémistes intransigeantes qui arriveraient au pouvoir, fait remarquer le correspondant du site.

    Toujours selon cet article, « un ingénieur de Homs, qui a trouvé un refuge provisoire à Damas et qui a demandé de ne pas divulguer son nom par crainte pour sa vie, est convaincu que si le régime d’Assad s’effondrait, les chrétiens seraient immédiatement chassés du pays ».

    « A l’heure actuelle, il ne reste pratiquement aucun chrétien à Homs, où la situation demeure particulièrement difficile. Leurs maisons sont occupées par les combattants et leurs familles, les magasins ont été pillés. Les réfugiés qui fuient vers d’autres régions du pays éprouvent des difficultés et la privation » écrit l’auteur de cet article.

    Selon le professeur Georges, les islamistes cherchent à montrer que les chrétiens ne souffriront pas si le régime est renversé.

    « Il s’agit de les rassurer, de les faire passer de leur côté en affaiblissant ainsi le soutien du régime », déclare-t-il.

    « En particulier, ils nient le préjudice infligé aux résidences des chrétiens et à plusieurs églises de Homs, en rejetant la responsabilité sur les forces gouvernementales. Dans les réseaux sociaux, les leaders musulmans disent dans leur communiqué que les chrétiens et les musulmans ont toujours vécu ensemble en Syrie. Cependant, les chrétiens craignent que les actions des combattants islamiques soient dirigées contre eux, qu’on cherche à les chasser de Syrie. Selon la presse locale, début mai un groupe de combattant a chassé tous les chrétiens » indique RiaNovosti.

    10 familles ont été expulsées du village Qastal al-Borj, près de Hama, dans la région centrale du pays. Selon une source du quotidien Al-Watan, les combattants ont occupé toutes les maisons du village et l’église est devenue leur QG

    « Encore trois jours et l’armée les aurait délogés de notre région. Mais le plan de Kofi Annan (émissaire de l’Onu et de la Ligue arabe) a été adopté. Les opérations militaires ont été stoppées. Mais cela ne nous a rien apportés. Nos maisons restent occupées par les combattants », déclare l’ingénieur de Homs.

    Selon lui, malgré la situation difficile des réfugiés chrétiens, peu envisagent de quitter le pays.

    « C’est notre patrie. Le christianisme est arrivé en Syrie plusieurs siècles avant l’islam. Alors pourquoi devrions-nous partir? », déclare-t-il.

    Les chrétiens représentent près de 10% des 23 millions d’habitants syriens. Il est impossible d’établir leur nombre exact, car le recensement ne prend pas en compte l’appartenance religieuse. Près de la moitié des chrétiens syriens font partie de l’Eglise orthodoxe d’Antioche.

    http://www1.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=65589&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

    • Amira dit :

      « Selon le professeur Georges, les islamistes cherchent à montrer que les chrétiens ne souffriront pas si le régime est renversé…………. » dit le Professeur Georges qui ne raconte pas de bobards, contrairement à ces 3 « révolutionnaires » dont 2 d’un genre nouveau; le 3ème n’est plus une énigme depuis un certain temps : nouveau trio dans le cadre du nouveau plan concocté contre la Syrie après l’échec des précédents. Émission/ F24 certainement pas destiné aux syriens de l’intérieur, mais à ceux de l’extérieur pour qu’ils ne s’avisent pas de voir clair.

      http://syria-politic.com/ar/Default.aspx?subject=664
      فيديو: « جدال ساخن » بين هيثم مناع وصخر العشاوي وفدوى سليمان
      Casting:
      Fadoua Sleiman (actrice ?)
      Sakhr el-Achaoui (Porte parole du CNS ? Ptêt ben qu’wi, p’têt ben qu’non !)
      Haytham el-Manaa (…… ? pour ne vexer personne)