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  Voici un très intéressant article sur une possible "solution politique" de la crise syrienne sous égide russe. C'est notre ami et quasi-collaborateur Mohamed qui a assuré la traduction de ce texte signé du journaliste Sami Kleib et  paru dans le périodique libanais Assafir. L'article est long, mais vaut la peine d'être lu. Sami Kleib, en effet, est un homme du sérail en matière d'analyse géopolitique sur le Proche-Orient : un temps figure d'al-Jazeera dont il fut non seulement un journaliste mais [...]



Sami Kleib, transfuge récent et prestigieux d’al-Jazeera : pourquoi le rapport de forces est sans doute en train de changer, au profit de Bachar

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zSami Kleib, un des dissidents récents d'al-Jazeera, pense que les choses évoluent positivement d'un point de vue syrien

 

Voici un très intéressant article sur une possible « solution politique » de la crise syrienne sous égide russe. C’est notre ami et quasi-collaborateur Mohamed qui a assuré la traduction de ce texte signé du journaliste Sami Kleib et  paru dans le périodique libanais Assafir. L’article est long, mais vaut la peine d’être lu.

Sami Kleib, en effet, est un homme du sérail en matière d’analyse géopolitique sur le Proche-Orient : un temps figure d’al-Jazeera dont il fut non seulement un journaliste mais un producteur, Kleib a claqué, comme pas mal d’autres, la porte de la chaîne qatarie à l’été 2011, dénonçant sa dérive islamiste et fondamentaliste. Kleib est aussi un collaborateur émérite du quotidien libanais al-Safir, et a été rédacteur en chef du service arabe de Radio France International. Asssafir (ou As Safir) est un quotidien généraliste libanais, fondé en 1974.

Et donc Sami Kleib décortique le fameux projet – ou contre-projet – de résolution russe présenté en décembre. Il montre comment ce texte, dans ses différents articles, constitue une réfutation des thèses et mensonges du bloc occidental sur le dossier syrien, notamment en insistant sur la responsabilité des groupes d’opposition dans la violence. Et en continuant de faire de Bachar al-Assad l’arbitre du calenndrier politique syrien.

On comprend mieux alors, pourquoi ce texte russe a suscité – entre autres- la colère d’un Alain Juppé. Mais Kleib souligne que le Quai d’Orsay s’est quelque peu isolé, par son intransigeance et son rejet, du reste de ses partenaires occidentaux qui, Américains en tête, ont accepté de prendre le texte russe pour une base nouvelle de discussions. Un texte qui pourtant épouse les positions fondamentales du gouvernement syrien, tout en proclamant la nécessité d’un dialogue inter-syrien effectif.

Sami Kleib passe en revue ensuite les divers événements diplomatiques et politiques étant intervenus ces toutes dernières semaines et qui ont modifié l’atmosphère et les rapports de force dans le dossier syrien : et de fait on peut dire que l’unanimité anti-syrienne de la Ligue arabe a fait long feu, les alliés ayant tenu bon, et des « glissements » s’observant dans l’autre camp, peut-être jusque chez les Séoudiens, qui voudraient tenir la bride à l’activisme qatari. Kleib souligne d’ailleurs que la Ligue a dû finalement lâcher du lest sur les conditions d’exercice de sa mission d’observation, acceptant certaines exigences du gouvernement syrien. Un examen de la situation intérieure syrienne, marquée à la fois par la radicalisation et la marginalisation de l’opposition radicale, et une mainmise intacte du régime sur ses forces militaires et policières, ainsi que sur l’administration, complète ce panorama de l’état des forces politiques syriennes au tournant de l’année.

Kleib conclut son long examen des tenants et aboutissants en posant la question essentielle : le régime est-il sauvé ? Il se montre évidemment prudent mais insiste sur le fait que le climat est en train de changer, certains secteurs occidentaux s’inquiétant tout de même d’une montée en puissance des forces islamistes à la faveur des révolutions arabes, et la plupart des parties prenantes à la crise syrienne étant conscientes que l’opposition n’a absolument pas les moyens, militaires et politiques, de renverser le régime. Dès lors, Bachar demeure l’interlocuteur n°1 de la crise. A la condition évidente qu’il continue le mouvement de réforme, un retour au passé n’étant plus possible.

Bref, Sami Kleib fait preuve d’un optimisme mesuré – mais argumenté : ces dernières semaines, un certain nombre de faits sont venus affaiblir les positions et l’unité du front anti-syrien, et ont renforcé d’autant celle du régime. C’est aussi notre sentiment.

 

 

La crise syrienne près d’une transaction made in Russia !


Les responsables russes sont à l’aise vis-à-vis de l’action russe au Conseil de Sécurité de l’ONU. Il est presque certain que Moscou, qui a formé un solide rempart, jusqu’à maintenant, contre toute résolution onusienne contre la Syrie, continue sa défense de ce pays, au milieu des importants développements survenus, dernièrement, dans la région, les Russes étant conscients que les choses évoluent vers une transaction politique plus large dans la région, du moment que l’explosion n’est pas possible.

 

Pourquoi donc les Russes ont-ils présenté un projet au conseil de sécurité ?

Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a repris la main à l'ONU avec son contre-projet de résolution

Tout pousse les autorités syriennes à l’optimisme plutôt qu’à l’inquiétude, car la Russie – qui a eu des contacts de haut niveau avec Damas – détient la présidence tournante du Conseil de Sécurité, et aspire à un règlement historique, qui consisterait, d’une part, à sauver la face de l’Occident et des Arabes, puisque le dossier syrien sera déféré au Conseil de sécurité, mais sera préservé, d’autre part, de toute action internationale contre le régime syrien, alors que les Occidentaux avec certains Etats arabes ont voulu, depuis des mois, ouvrir les portes de la Syrie à une telle intervention.

A la lecture du texte de la résolution, on peut trouver qu’il est plus favorable à l’autorité syrienne qu’aux thèses de l’Occident et de certains Arabes, car « il appelle toutes les parties, en Syrie, à mettre fin à la violence, y compris l’usage disproportionné de la force par les autorités syriennes et condamne les activités des groupes extrémistes, y compris les attaques contre les institutions de l’Etat et les fonctionnaires du maintien de l’ordre ».

Le 2ème article du projet russe signifierait, au cas où le Conseil de sécurité l’approuve, que la plus haute autorité internationale au monde, reconnaît, pour la première fois, l’existence de « groupes extrémistes » qui attaquent l’Etat. C’est un aspect que les Etats occidentaux et la Ligue des pays arabes, aussi, refusent de reconnaître, depuis le début de la crise, et font porter aux autorités syriennes la pleine responsabilité de ce qui se passe.

Le projet de résolution, dans son troisième article, appelle « les autorités syriennes » à punir tous les responsables des actes de violence, et à enquêter, rapidement, de façon indépendante et impartiale, sur « tous les cas de violation des droits de l’homme », c’est-à-dire qu’il restreint à l’Etat syrien la décision de punir, comme il ajoute, dans son troisième alinéa, l’invitation à compléter les enquêtes menées par la commission judiciaire syrienne, « dans tous les incidents dans lesquels ont été tués ou blessés des civils ou des éléments de la sécurité ».

Et, dans son quatrième article, le projet russe va encore plus loin puisqu’il exhorte tous les groupes de l’opposition syrienne de se distancer des extrémistes, et à accepter l’initiative de la Ligue arabe et d’entrer, sans conditions préalables, dans un dialogue politique avec les autorités syriennes ». Et, cette invitation a été réitérée aux membres du « conseil national » syrien, lors de leur visite à Moscou, et on dit même qu’ils ont entendu des propos encore plus durs, surtout quand ils ont dit aux Russes que le régime allait tomber et qu’il n’y avait pas de dialogue possible avec lui.

Par ailleurs, dans une claire référence à la position officielle syrienne, le projet russe exprime « sa grande préoccupation au sujet de la fourniture d’armes illégales aux groupes armés, en Syrie, et appelle les pays voisins et autres, à prendre les dispositions nécessaires pour empêcher ces opérations de fourniture », ce qui indique, pratiquement, que Moscou soutient la position syrienne, selon laquelle les armes entrent avec force à partir des pays voisins, et qu’il y a des « groupes armés et violents » en Syrie.

Et, en appuyant l’initiative de la Ligue arabe pour l’envoi d’observateurs, le projet russe assure, dans son premier alinéa, que la solution passe par «  un processus politique global, sous direction syrienne », c’est-à-dire que c’est la direction actuelle, coiffée par Bachar al-Assad, qui va diriger ce processus, et cela est important, vis-à-vis des parties arabes : de fait, la Ligue des pays arabes n’a pas mis le président Bachar al-Assad sur la liste des personnes visées par les sanctions, laissant la porte ouverte pour qu’il conduise, personnellement, le processus du compromis politique et du dialogue.

Mais les Russes sont conscients du caractère délicat de leur position au Conseil de sécurité, et ils savent que leur projet ne peut passer s’ils soutiennent, uniquement, les autorités syriennes ; c’est pourquoi nous trouvons, au paragraphe trois du projet, une « invitation aux autorités syriennes à mettre un terme à l’interdiction du droit à la liberté d’expression, par ceux qui veulent exercer leurs droits »; de même ce texte exhorte les autorités syriennes, dans son deuxième alinéa, à alléger la situation humanitaire dans les zones de crise, et à permettre un accès rapide et sans entraves à l’aide humanitaire internationale dans les zones de crise, ainsi qu’aux aux médias internationaux, et à fournir une pleine coopération avec le bureau du Haut commissariat aux droits de l’homme, et garantir la libération de tous les détenus emprisonnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression ».

Quant aux termes du projet russe sur la nécessité « d’accélérer la progression vers le multipartisme politique par l’adoption d’une nouvelle loi électorale et des réformes constitutionnelles » et autres, ce sont ceux-là même que les autorités syriennes, elles-mêmes, ont approuvés dans leur projet de réformes. Et c’est pourquoi il est frappant de constater que le projet russe n’a pas précisé de dates pour la mise en œuvre de ces réformes et a, délibérément, omis d’exercer des pressions sur Damas, dans ce cadre.

Nous pouvons dire que  les termes les plus durs, dans le projet de résolution russe, ont trait au rejet de toute intervention internationale. Le quatrième paragraphe affirme, littéralement, « la nécessité de résoudre la crise actuelle, en Syrie, paisiblement, sans aucune intervention militaire de l’étranger, et décide que rien dans la présente résolution ne peut être interprété comme une autorisation à aucune sorte d’intervention militaire en Syrie, (de la part de qui que ce soit) ». Autrement dit, même si le ministère syrien des affaires étrangères avait voulu présenter un projet de résolution équilibré, au conseil de sécurité, ils n’auraient pas fait mieux que ce qu’ont rédigé les russes, au milieu de pressions internationales, arabes et régionales énormes, actuellement, sur Damas.

Que veulent les Russes ?

De ce qui précède, il est clair que l’action russe est préventive : le projet est ancien, et a fait l’objet de consultations avec la Chine ; il est venu pour empêcher de présenter un projet de résolution occidental, surtout que ce texte russe a coïncidé avec un rapport humanitaire dur contre la Syrie, avant la réunion de la Ligue des pays arabes. Les Russes et les Chinois et certains pays amis de Damas sont conscients que le chemin sera épineux, et qu’un vif débat va avoir lieu au Conseil de sécurité avant d’atteindre une formule de compromis, qui va en prendre et en laisser du projet russe et lui ajouter des amendements occidentaux et arabes. Les Russes sont conscients de cela, il y a en face de puissantes nations avec à leur tête Washington, Paris et Londres, qui considèrent que le régime d’al-Assad « est fini », et le président Barack Obama s’est comporté, en fonction de cette analyse, il ne croyait pas, alors, que la Russie allait le défier jusqu’à ce point.

La position russe soutient avec force le régime syrien, et pour preuve, la dure déclaration présentée par le délégué russe, en réponse au rapport du commissariat aux droits de l’homme des Nations-Unies.

Dans cette déclaration, dont le journal Assafir a pu obtenir une copie originale de New York, le délégué russe s’est interrogé sur « la source des informations sur lesquelles s’est fondé le rapport, le commissariat ayant traité les plaintes comme étant des faits, alors qu’elles proviennent des militants eux-mêmes », et il s’est demandé « comment ce commissariat peut vérifier que le militant en ligne, se trouve effectivement à Homs et non pas en Nouvelle Zélande, par exemple », accusant le « rapport de partialité, parce qu’il ne fait pas référence aux actes de violence que commettent les groupes armés, en Syrie ». Le délégué est allé jusqu’à dire : « Nous avons dans notre pays (Russie) des citoyens syriens qui affirment l’inexactitude des informations sur le ciblage des manifestants par les autorités syriennes », soulignant que Moscou était au courant de l’existence de manifestations armées depuis le début des évènements en Syrie, et rappelant l’histoire de la jeune syrienne Zaïneb Al Hosni, que le Haut commissariat, lui-même, a cité comme étant violée et tuée, alors qu’il s’est avéré, deux mois plus tard, que ce n’était pas vrai, et le délégué russe s’est demandé pourquoi la commission n’a pas corrigé ce faux rapport.

Moscou a créé la confusion (chez l’adversaire)

Ces positions russes, – qui font suite à des déclarations de haut niveau – soutiennent Damas, et s’opposent à toute intervention internationale, condamnent l’usage des armes et les gens armés ; elles sont arrivées à leur « zénith » diplomatique par la présentation, par Moscou, de ce fameux projet de résolution au Conseil de Sécurité.

Il est clair que cette action a créé une grande confusion, pas seulement au conseil, mais dans les couloirs de la Ligue arabe, et dans les milieux de l’opposition.

La position américaine semble plus encline à discuter le projet : le ministre de la Défense américain, Leon Panetta, s’exprimant depuis Ankara, a décrit le projet comme étant une « étape importante », alors que les déclarations françaises ont varié entre la suggestion de l’acceptation du principe de la négociation autour du projet, et la tenue de propos stigmatisant le texte russe comme « creux et déséquilibré ». La position française a contredit l’accueil favorable des Européens, puisque Michel Mann, porte-parole du haut représentant pour la politique étrangère et la sécurité de l’Union européenne – Catherine Ashton – a dit que « le projet de résolution russe sur la Syrie est un pas dans le bon sens et que le texte, dans sa forme actuelle, est bon pour la discussion ».

 

Le secret de la fermeté russe et du recul arabe ?

Medvedev (ici le 15 décembre à Bruxelles) ne manque pas d'arguments financiers et économiques convaincants vis-à-vis des Européens

Il faut s’arrêter sur l’ensemble des développements qu’a connus la région, dernièrement, et qui poussent à croire qu’un « règlement » ou une « transaction » commence à émerger derrière la crise, malgré la manipulation, la violence, l’oppression. Considérons plus particulièrement les éléments suivants :

- Les critiques occidentales sévères des récentes élections en Russie ont suscité un avertissement du Kremlin, dénonçant une atteinte au régime démocratique, et le chef du gouvernement russe, Vladimir Poutine (futur président russe en mars prochain, et ferme soutien de Bachar al-Assad), est allé jusqu’à adresser de sévères reproches aux Etats-Unis, disant notamment que « les gens en ont assez des diktats d’un Etat unique (…) Vous parlez de l’alliance avec les Etats-Unis, nous aussi nous voulons être des alliés avec eux, mais ce que je vois, et ce dont j’ai parlé à Munich, ce n’est pas une relation d’alliance, mais il me semble, parfois, que les Etats-Unis ne veulent pas d’alliés, mais des disciples et des serviteurs ».

- Les promesses européennes et internationales n’ont pas réussi, jusqu’à maintenant à rassurer la Russie sur le bouclier anti-missile. Le ministre russe de la défense Anatoli Serdioukov a averti, vendredi dernier, que le « déploiement du bouclier antimissile américain en Europe va bouleverser l’équilibre des forces stratégiques, et que la Russie va commencer à prendre des mesures pour répondre, après les premiers éléments de défense antimissiles, en Pologne ».

Le premier responsable militaire russe a révélé « des informations qui éclairent le plan des Etats-Unis pour déployer des missiles anti-missiles standard 3 en Pologne ». Il a averti que la Russie pourrait déployer des missiles Escanar sur le territoire de Kaliningrad. Propos importants après toutes les rencontres entre l’OTAN et la Russie.

Ces propos militaires russes « sont répétés par la bouche de la plus haute autorité politique russe, également » : le président Dimitri Medvedev a écrit, dans une correspondance adressée, le 30 novembre dernier, à l’assemblée fédérale russe : « Nous devons faire face dans la prochaine décennie à l’option suivante : soit parvenir à un accord au sujet du bouclier anti-missile et former un mécanisme conjoint de coopération ; soit commencer un nouveau cycle de course aux armements et alors nous aurons à prendre la décision de déployer de nouveaux moyens de frappe, dans le cas de notre incapacité à parvenir à un accord constructif ».

Mais celui qui lit en détail les actes du sommet euro-russe va découvrir une volonté d’arriver à une large transaction qui inclut, aussi, la Syrie. Le porte- parole de l’Union-Européenne a notamment  indiqué : « Nous avons évoqué, au sommet, la nécessité d’adresser un message fort et unifié au régime syrien », et il faisait allusion, bien sûr, à la discussion à ce sujet avec les Russes.

De son côté, Medvedev a déclaré que « son pays est prêt à aider l’Europe à faire face à la crise financière qu’elle affronte. Lorsque le monde fait face à des tempêtes et des crises et que les choses en arrivent aux menaces et aux intimidations au sujet d’armements stratégiques, c’est que, souvent, le monde cherche à parvenir à des transactions, et peut-être que la position russe qui défend l’Iran et refuse de discuter des armes nucléaires ou stratégiques sur le territoire iranien, montre la capacité de Moscou à gérer de grandes négociations internationales. Et l’on ne peut s’attendre, dans ce genre de négociations, à ce que la Russie abandonne des alliés stratégiques actuels, tels l’Iran et la Syrie. Or un pays arabe a proposé cinq milliards de dollars à Moscou pour abandonner le régime syrien.

 

Quid de la Ligue arabe et de la Syrie ?

Le Premier ministre qatari, et chef de fait de la croisade anti-syrienne, commence à sérieusement indisposer ses partenairtes par son activisme

 

Dernièrement, un certain  nombre d’initiatives diplomatiques ont montré que les Arabes reviennent sur leurs décisions et leurs diktats vis-à-vis du régime syrien.

Il semble que le Premier ministre qatari, Cheikh Hamad Bin Jaber Al Thani, se sente aujourd’hui, plus que quiconque, dans une position embarrassante. Il a été le premier à utiliser le langage des avertissements, vis-à-vis de Damas, qu’il a accusé d’atermoiements, et a avisé la communauté internationale que l’initiative arabe devait être appliquée, telle quelle, sans changement, et tout de suite. Ce qui est apparu comme impossible à appliquer, tandis que que le régime syrien continuait à gérer sa crise avec beaucoup de confiance en soi, sur la base d’une puissante action sécuritaire et d’un grand soutien russe et iranien.

Rappelons que la région et la Syrie ont connu, dernièrement, les évènements suivants :

- Le retrait américain, presque calme, de l’Irak, ce qui n’aurait pas pu se passer sans une coordination avec les autorités iraniennes, mais aussi, sans un feu vert indirect de la Syrie.

- La visite du ministre de la sécurité iranienne, Heidar Moslehi, à l’Arabie Saoudite et sa rencontre avec le prince héritier et l’homme fort, actuellement, du royaume, le prince Naef ben Abdelaziz, qui a échangé avec Bachar al-Assad des messages positifs ; et l’on dit que l’Arabie Saoudite veut diminuer le rôle du Qatar dans la région.

- La visite du Premier ministre irakien, Nouri Al Maliki, aux Etats-Unis, et ce qui s’en est suivi, puisque le président Al Assad a reçu le conseiller à la sécurité nationale irakienne Falah Al Fayad, en compagnie d’une délégation gouvernementale. Ali Al Moussaoui, le conseiller médiatique d’Al Maliki, a déclaré que « l’initiative irakienne vise à instaurer un dialogue entre le gouvernement syrien et l’opposition ». Et, abstraction faite de l’existence effective ou non d’une initiative irakienne, ce qui est certain c’est que la délégation irakienne a informé les Syriens des résultats des discussions d’Al Maliki à Washington, et les a assurés du soutien de l’Irak à la Syrie, ce qui est en soi une chose très intéressante, qui contredit, dans les faits, les thèses unanimistes de la Ligue arabe. Il faut signaler, dans ce contexte, que M. Moqtada Al Sadr (leader religieux chiite irakien) a qualifié la visite d’Al Maliki à Washington de « trahison envers l’autorité religieuse et les sentiments des musulmans dans les pays de la réticence, de l’opposition et de résistance », et de « faiblesse politique et soumission ». Ce qui peut être interprété comme un avertissement déguisé à Al Maliki pour l’empêcher d’être influencé par la politique américaine dans la région.

- La visite d’Al Maliki aux Etats-Unis et la visite du Vice-Président américain Joe Biden, avant, à Bagdad, ont révélé qu’il n’y avait pas de changement dans la position irakienne vis-à-vis de la Syrie, et pas d’acceptation des demandes nuisibles à l’Iran et à la Syrie, y compris la présence militaire aérienne américaine dans le ciel irakien.

- Le financement du TSL (tribunal spécial pour le Liban), chargé du jugement de l’affaire de l’attentat contre l’ancien Premier ministre libanais défunt, Rafiq Al Harir, avec un accord tacite du Hezbollah et une couverture syrienne et russe. A relier à l’échec de Jeffrey Filtman à remonter le moral des adversaires de la Syrie au Liban.

- L’explosion du convoi des forces internationales (FINUL) opérant dans le sud du Liban, qui a ciblé les militaires français, a été interprété (en France notamment) comme une réponse syrienne au fait que la France est à la tête des pays qui veulent renverser le régime syrien ; ce qui constitue une tentative d’impliquer davantage la Syrie,certains se précipitant pour l’accuser avec Hezbollah, d’être responsable de l’attentat. C’est ce qu’a démenti le Hezbollah, arguments précis à l’appui, et d’ailleurs présentés aux Français.

- Le guide suprême iranien s’est impliqué personnellement dans le dossier syrien, et a pris la décision fondamentale de défendre la Syrie et son régime, à tout prix, coupant court ainsi à certaines hésitations iraniennes, qui considéraient qu’il fallait traiter le dossier syrien de façon ouverte sur toutes les éventualités, y compris la chute du régime.

- L’organisation par la Syrie d’exercices militaires de tirs par missiles, publiques, cette fois, sous appellation de « projet », qui a dans le langage militaire une dimension plus importante et plus vaste que la simple « manœuvre ».

- L’organisation d’élections locales, sans incidents importants, et l’échec de la grève générale à laquelle avait appelé l’opposition.

- L’information donnée par le Hamas aux dirigeants syriens, selon laquelle elle n’a pas l’intention de quitter Damas, et que le départ de familles de certains responsables du Hamas est dû uniquement à l’inquiétude quant à la situation sécuritaire et non à une raison politique. Et l’on dit que c’est Khaled Mechaal, en personne, qui a adressé plus d’un message d’amitié, dernièrement, à Bachar al-Assad ; et certains dirigeants du Hamas ont révélé que de grandes pressions ont été exercées sur eux pour abandonner la Syrie, et même certains membres du Hamas ont informé Damas de la volonté de certains frères musulmans de négocier.

- Le mouvement de la Jordanie orientale et des courants de l’opposition jordanienne contre toute ingérence dans les affaires syriennes, soutenu par la position des militaires et des services de renseignements jordaniens, et le mouvement simultané de certaines parties turques s’opposant à toute intervention et refusant les aventures d’Erdogan, dans le dossier syrien.

 

Qu’en est-il de la situation en Syrie ?

En dépit des vantardises de l'OSDH et de l'opposition, l'armée syrienne ne s'est pas désintégrée et a même porté des coups sévères au groupes armés, cantonnant l'ASL à des actions sporadiques

Les développements précités ont coïncidé avec des événements frappants en relation avec la situation intérieure syrienne, et concernant tant le régime que l’opposition, et en particulier :

- Les progrès enregistrés par des actions militaires importantes à Jabal Zaouia et autour de Homs, et la prédisposition effective pour entrer dans la troisième ville du pays, une fois la décision politique prise ; il est clair que ce qui empêche les forces de sécurité d’intervenir pour ramener la situation à Homs à la normale, ne relève pas uniquement de la forte présence de groupes armés, bien organisés, et pas d’avantage d’un manque de capacités, mais surtout la volonté des autorités syriennes de ne pas heurter les positions arabes et de ne pas embarrasser la Russie aux Nations-unies et au Conseil de sécurité. Des sources sécuritaires indiquent que la solution est possible, une fois que la décision politique sera prise, et on dit qu’un plan militaire, bien ficelé, a été élaboré pour empêcher les groupes et les terroristes de se déplacer dans une autre zone ; la décision d’en finir avec cette situation s’impose, et elle peut être prise à n’importe quel moment, mais les responsables veulent d’abord ménager l’opportunité dégagée par les efforts russes, et aussi faire réussir l’initiative arabe, malgré le peu de conviction qu’a la direction syrienne de son utilité.

- Pour la journée de protestation du vendredi placée par l’opposition sous le thème « La Ligue arabe nous tue » (31 décembre), le nombre de manifestants s’était limité à 36.000 personnes, dont 15.000 à Idleb, et 21.000 dans les différentes régions syriennes, et aucun mort n’a été à déplorer, selon un rapport sécuritaire précis, parvenu à une ambassade arabe à Damas.

- Il s’est avéré lors des rencontres des différentes parties de l’opposition au Caire, que le CNS traite  l’Instance de coordination (autre regroupement d’opposants) comme une institution de second rang, ce qui a conduit à l’échec de l’unification dans les rangs de l’opposition, malgré les pressions internationales et arabes appelant à cette unification. Et le militant des droits de l’homme et leader de l’opposition dans l’Instance de coordination, le docteur Haytham al-Manna, aurait exprimé une grande déception quant à ce qui s’est passé.

Tout cela fait que les autorités syriennes se sentent , à nouveau, dans une position de force, mais il y a aussi une tendance évidente des autorités, actuellement, à s’ouvrir davantage sur le dialogue avec certaines parties de l’opposition, et il n’est pas à écarter que le discours officiel syrien ne s’appuie dorénavant sur ces deux piliers, c’est-à-dire la discussion des points essentiels et la volonté d’ouverture et d’accélération du rythme des réformes et des élections.

 

Un règlement est-il possible ?

Les efforts russes actuels tendent dans ce sens. L’acceptation par la Syrie du plan arabe et la signature du protocole ne découlent pas d’une conviction effective que la Ligue arabe serait capable d’apporter une solution, mais d’une volonté de renforcer la position russe, et celui qui visite Damas, ces jours, entendra des propos durs sur la Ligue et son rôle, mais il entendra, aussi, des informations indiquant qu’au sein de la Ligue, il y a deux courants différents, et que la diplomatie qatarie, qui exerce des pressions fortes sur Damas, sent que les choses vont lui échapper, et c’est ce qui pousse certains responsables syriens à croire que la précipitation de Hamad à tenir une conférence de presse pour renouveler la menace de déférer le dossier syrien au Conseil de Sécurité, était non appropriée, parce que l’échange des correspondances entre le secrétaire général de la ligue arabe, Nabil Al Arabi, et le ministre des affaires étrangères syrien, Walid Al Moallem, était en cours, et que la Ligue a accepté, après un refus antérieur, plus de 70% des amendements syriens sur le projet du protocole. Elle a même accepté la coordination, au sujet des observateurs, avec le gouvernement syrien, et elle a pris en charge la somme d’un million de dollars, frais des observateurs, alors qu’antérieurement, elle avait voulu que Damas assume ces frais, comme elle a accepté que le protocole soit le résultat d’un accord entre les deux parties, et non plus seulement un diktat de la Ligue, l’intitulé du protocole étant « Projet du protocole du centre juridique et des missions de la délégation des observateurs de la Ligue arabe entre la République Syrienne et le Secrétaire Général  de la ligue des pays arabes au sujet du suivi des développements de la situation en Syrie ».

Et si nous apprenons que le nombre des observateurs serait limité entre 50 et 70, avec leurs gardes, et que le protocole est pour une durée d’un mois renouvelable, sur accord des deux parties, Ligue arabe et gouvernement syrien, on peut dire que la Ligue a lâché beaucoup de lest, et que cela a été une raison supplémentaire pour la signature du protocole au Caire, et non pas à Doha ou ailleurs, et que les prochaines rencontres auront lieu en Syrie.

 

Le régime est-il sauvé ?

Bachar a tenu bon et apparait toujours comme incontournable, y compris à certains de ses adversaires

Il est prématuré d’avancer cette hypothèse, car beaucoup de pays occidentaux, régionaux et arabes, continuent à travailler à renverser le régime et, probablement, ils vont accentuer leur action dans la phase suivante. Mais ce qui est certain, c’est qu’il y a à l’horizon la préparation, sur feu doux, d’une recette qui peut changer l’équation, tout particulièrement si l’année se termine et que les choses restent en leur état actuel, la crise syrienne étant entrée dans son dixième mois, et l’on commence à parler de l’inquiétude américaine, israélienne et occidentale quant à l’extension de l’intégrisme dans les pays qui ont connu des révolutions.

Devant tout cela, et à la lumière de l’entrée de la crise syrienne dans son dixième mois, sans que l’une des deux parties ne soit en mesure de conclure, la Russie, les pays occidentaux et arabes se sont mis à envisager, sérieusement, que la solution unique réside dans un dialogue, sous direction de Bachar Al Assad, qui nécessitera l’élargissement de la base de participation au pouvoir, et qui aboutira à des élections qui feront participer l’opposition au pouvoir et à la prise de décision. Le retour en arrière n’est plus possible, le régime n’a plus les moyens de perdurer dans sa forme actuelle, au milieu des tempêtes des grands changements qui secouent les pays arabes, tandis que l’opposition est incapable de renverser le régime sans intervention internationale, et cette intervention est presque impossible, tant que les Russes continuent à camper sur leurs positions, et alors que le monde est préoccupé par l’extension de l’incendie dans la meule de foin régionale.

Damas, le 4 janvier...

 

Les Russes vont-ils réussir ?

Probablement, mais le chemin est encore long, et peut-être que la signature du protocole de la Ligue arabe est le début effectif d’une discussion politique profonde, mais les hypothèses du succès balancent encore les hypothèses de l’échec, car certains pays ne sont intéressés ni par les réformes, ni par la protection des civils, mais par la chute du pouvoir et le resserrement de l’étau sur l’Iran.

 

Article rédigé en arabe par Sami Kleib, publié sur les colonnes d’Assafir, en date du 19.12.2011, et traduit en français, pour Infosyrie, en date du 29.12.2011.

Lien de l’article en arabe :

http://www.champress.net/index.php?q=ar/Article/view/108537



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22 commentaires à “Sami Kleib, transfuge récent et prestigieux d’al-Jazeera : pourquoi le rapport de forces est sans doute en train de changer, au profit de Bachar”

  1. Akyliss dit :

    « Revue de presse Syrie » #23

    Sarkozy annonce aux armées françaises que la communauté internationale doit prendre ses responsabilités en Syrie
    Sarkozy annonce aux armées françaises que la communauté internationale doit prendre ses responsabilités en Syrie

    Alors que de nombreux journaux français ont traité a minima les dernières déclarations de Nicolas Sarkozy, la presse internationale y accorde de l’importance. En présentant ses vœux aux armées, le président français a accusé le régime syrien de répression barbare, exigé que son homologue Bachar el-Assad quitte le pouvoir, et affirmé que la communauté internationale devait prendre ses responsabilités (c’est-à-dire intervenir militairement). Cependant la presse ne manifeste ni enthousiasme, ni réprobation, face à ces déclarations martiales.

    L’autre grand thème abordé ce jour est la réunion d’urgence que le Conseil des ministres de la Ligue arabe tiendra samedi pour statuer sur la poursuite ou l’arrêt de la mission de ses observateurs.

    Partenaires | 4 janvier 2012

    Peter Harling de l’International Crisis Group explique dans La Croix que la mission des observateurs étaient de contraindre le régime à la retenue, ce qui devait permettre à la contestation pacifique de s’exprimer et faciliter une transition en douceur. De ce point de vue, elle ne donne pas satisfaction. Pourtant ce serait une erreur de la retirer car la communauté internationale n’a guère d’autre moyens d’action, la guerre étant impossible à conduire sans enflamer la région.

    • L’ambassadeur des Etats-Unis à Damas, Robert Ford, assure que le rationnement du fuel est une manœuvre du gouvernement et non pas une conséquence des sanctions économiques, rapporte le Washington Times.

    • Dans le sillage du ministre israélien de la Défense, Ehud Barack, un officier supérieur anonyme prédit dans le Jerusalem Post une possible victoire rapide de l’opposition syrienne. Mais ce soutien apparent à son ministre de tutelle est l’occasion d’exprimer ses inquiétude sur le déploiement des jihadistes d’Al Qaida en Syrie, ce qui revient à prendre position contre le renversement de Bachar el-Assad.

    • L’Orient-Le Jour rapporte l’appel du vice-président de l’Internationale socialiste, le Libanais Walid Joumblatt, aux druzes syriens pour un changement radical de régime en Syrie. Le quotidien ne relève pas que, si M. Joumblatt a longtemps exercé une influence prépondérante sur les druzes libanais, il n’a jamais eu d’autorité sur les druzes syriens qui lui ont toujours préféré le leadership du prince Talal Arslan.

    • L’Orient-Le Jour confirme que le porte-avion russe Amiral Kouznetsov, armé de nombreux avions et hélicoptères de combat, devrait mouiller prochainement au large de Tartous. Il sera accompagné de quatre autres bâtiments. Il n’échappera pas aux spécialistes que ces navires ne sont pas uniquement destinés à l’escorte et sont susceptibles de livrer du matériel.

    • Enfin, Phil Sands se demande dans The National (EAU) pourquoi les Kurdes s’impliquent si peu dans les mouvement de protestation. Il avance comme principale explication la naturalisation de 300 000 Kurdes par l’administration el-Assad dès le début des événements. Curieusement, le journaliste n’évoque pas la préférence historique des Kurdes pour les nationalistes arabes par rapport aux islamistes, ni le projet Erdogan de création d’une vaste fédération turco-kurde après le dépeçage de l’Irak et de la Syrie.

    • Mohamed dit :

      Joumblat est atteint de sénilité et doit normalement être placé sous contrôle psychiatrique pour ne fait se faire mal à soi-même, car aux autres il en a fait beaucoup trop !

      • Loubnan dit :

        Joumblatt n’est pas une personne de confiance. Un jour il est pro-hariri et un autre jour il est pro-Hezbollah. Lorsque les occidentaux abandonneront leurs ingérences illégales et insupportables, vous verrez Joumblatt devenir le meilleur soutient de Bachar al-Assad. Rappelez vous lorsque Rafic Hariri a été assassiné, Joumblatt a fait alliance avec ce fameux 14 mars. Lorsque le Hezbollah « a vaincu » l’état sioniste en 2006, il s’est progressivement éloigné du clan hariri et tenté une approche avec le Hezbollah. Les libanais doivent arrêter de suivre aveuglément ces alliances (14 mars etc.) et réclamer une gouvernement d’union national qui défend le patriotisme libanais et combat les divisions internes qui paralysent ce pays. Donc Joumblatt doit abandonner la politique et se reposer paisiblement dans son beau village. Les Druzes libanais sont des libanais avant tout et doivent défendre la souveraineté et l’intégrité du Liban.

      • Cécilia dit :

        Merci Mohamed pour ce beau travail !

        • Rensk dit :

          Attention, c’est un gars qui manque un poil de politesse selon moi…

          Il n’a pas « travaillé »… sauf le Ctrl-c et Ctrl-v…

          Qu’il donne l’information ici je ne suis pas contre mais… il aurait pu respecter les droits d’auteurs (vous savez, ce truc où il inventent des lois pour nous fermer l’info… style HADOPI en France)…

          Je le fait donc pour lui :
          http://www.voltairenet.org/Sarkozy-annonce-aux-armees

          • Mohamed dit :

            Merci Rensk,
            Remarque appropriée !
            Je joins ma voix à la vôtre pour inviter très amicalement et poliment nos chers amis à faire preuve de respect des droits d’auteurs, en donnant leurs sources d’informations. Cela relève de la déontologie, et cela ne peut que crédibiliser davantage nos échanges.
            Merci infiniment à TOUS. Je suis très fier de vous TOUS et d’Infosyrie.
            Rappelons nous toujours que la Syrie fait face des dangers réels, et que TOUS nous essayons de ré-informer et de rétablir la vérité, en espérant que les syriens qui sont sur place, arrivent à déjouer tous les pièges qui leur sont tendus.
            Je ne saurais trop vous remercier.

          • Akyliss dit :

            Rensk, c’est vrai que j’oubli souvent de mettre le lien
            tu trouves que je manque un poil de politesse ?
            que dire de ton post alors ?

            « Attention, c’est un gars qui manque un poil de politesse selon moi…

            Il n’a pas « travaillé »… sauf le Ctrl-c et Ctrl-v…

            Qu’il donne l’information ici je ne suis pas contre mais… il aurait pu respecter les droits d’auteurs (vous savez, ce truc où il inventent des lois pour nous fermer l’info… style HADOPI en France)…

            Je le fait donc pour lui « 

      • sowhat dit :

        Joumblatt va être de plus en plus marginalisé. Même s’il retire sa confiance au gouvernement Mikati, ce ne sera pas une catastrophe et rien ne changera. Il est en perte de vitesse par rapport à d’autres figures politiques druzes comme Wahhab et Aridi qui se sont positionnés clairement du coté de la direction syrienne. Joumblatt sait que le retour à la stabilité en Syrie et une possible entente avec Israel provoqueront tôt ou tard la fin de tous les chefs de guerre féodaux comme lui, les Gemayel, les Geagea et consorts. Il ne peut même plus prétendre défendre sa communauté.

  2. vilistia dit :

    Un merci à Mohamed pour ses textes complémentaires et bon vent pour 2012 à Infosyrie.

  3. Mohamed dit :

    Protestations syriennes et confusion américaine !

    Les organismes occidentaux, américains et européens, saoudiens et golfiques, turcs et israéliens, ont été surpris par la non-réussite des activités de protestations politiques syriennes, soutenues par les étrangers et par les arabes, pour arriver à renverser le régime, et au lieu de cela, la scène politique syrienne a déçu les espoirs des adversaires de Damas, car Damas est devenu plus forte, alors que les capacités de ses ennemis ont beaucoup diminué : comment apparaît la confusion des adversaires extérieures de Damas, et jusqu’à quel point les calculs de ces adversaires ont été le plus perturbé et distingué par des signes inverses pleins d’incertitudes … ?
    • Les protestations politiques moyen-orientales : la confusion renouvelable de Washington.
    Les USA ont travaillé à construire un réseau, d’une grande complexité, de services de sécurité et de renseignements, soutenus par des centres d’études politiques et stratégiques, dans lesquels s’engagent des experts hautement qualifiés pour arrêter les attentes et mettre au point des prévisions de haute crédibilité, et malgré cela, aucun de ses organismes n’a réussi à tracer, ne serait-ce, qu’une seule ligne sur les éventualités du déclenchement des activités de protestations politiques moyen-orientales, et à cet égard, on peut décrire le dilemme actuel de Washington de la façon suivante :
    - Incapacité à capter les signaux : l’étincelle des protestations politiques tunisiennes s’est déclenchée du fait de l’incident de « Sidi Bouzid », lors de l’auto-immolation du jeune tunisien « Bouazizi », ce qui a causé un incendie politique moyen-oriental dont les implications se sont étendues pour englober certains pays de l’Europe occidentale, en plus des USA, et la question cruciale semble claire à ce point : pourquoi les organismes américains n’ont pas réussi à deviner les implications de l’incident de Sidi Bouzid ?
    - Incapacité à recruter l’évènement : durant le mois qui a suivi l’incident de Sidi Bouzid, il était clair que la contagion de la protestation politique allait se transmettre et devenir transfrontalière, et alors il y avait une opportunité à l’exploiter et à le recruter, mais Washington a œuvré au recrutement au mauvais endroit et au mauvais moment, autrement dit, Washington a cherché à contrôler les voies de transmission en direction de la Libye et de la Syrie, et en même temps, à entraver sa transmission vers les pays alliés des états unis, comme le Bahreïn, à titre d’exemple, et maintenant il est clair que les estimations des organismes américains pour transmettre la contagion à la Libye et à la Syrie ne sont pas des estimations réussies, la Libye, à présent, glisse vers le brasier de la guerre civile, dont les informations commencent à se distiller, malgré le black out médiatique, puisque le nombre de morts a dépassé les 150 000, et il est prévisible que les prochains jours témoignent de vagues de déplacements de libyens, sur une grande échelle, vers l’Egypte, la Tunisie et l’Algérie … Quant à la Syrie, il est clair que la taille du scandale qui menace les adversaires de Damas, à l’échelon régional et international, du fait des conséquences des attaques « à découvert » qui ont conduits à davantage de mobilisation des syriens autour de leur direction.
    - Incapacité à prévoir le remplacement : celui qui veut quitter sa place doit déterminer à quel endroit il doit se rendre, et celui qui veut changer sa chemise doit déterminer quelle chemise il doit porter, et de là se pose la question cruciale : Zine El Abidine Ben Ali, le tunisien est parti, Hosni Moubarak, l’égyptien est parti, Mouammar Kadhafi est parti, mais maintenant qui est venu à leur place !!? .. En d’autres termes, si Washington peut s’acheter ces nouveaux venus, peut-elle acheter leurs peuples pour qu’ils les acceptent à l’avenir .. et la réponse claire, dit : attendons pour voir si les mouvements salafistes vont édifier les états, autrement dit, si les salafistes peuvent construire les états, pourquoi Washington a – t – elle combattu les Talibans et Al Qaeda ??
    - Pressions de la frustration américaine : le scénario de l’escalade dévastatrice, jusqu’à où ?
    Les groupes des lobby israéliens et les experts néoconservateurs ont travaillé à construire un scénario d’hégémonie américaine, en se concentrant sur la région du moyen orient, et pour appliquer les données du scénario sur le terrain de la réalité, mais Washington a récolté des échecs et des déceptions, comme n’en a récolté aucune grande ou superpuissance mondiale, par le passé, elle a échoué dans la guerre d’Irak, et la guerre d’Afghanistan, elle a échoué à garantir la sécurité d’Israël, a échoué au Liban, a échoué à garder ses alliés Hosni Moubarak et Zine el a bidine Ben ali, puis il est apparu clair qu’elle va « échouer » en Libye, après avoir trahi Mouammar Kadhafi, qui a cru aux promesses américaines et remis son arsenal d’armes non conventionnelles à Washington .. Sous la pression de ces frustrations, du fait de la prise de conscience croissante, par Washington, que tous les chemins qui mènent à Damas sont fermés et impraticables, le juif américain, Michael O’Hanlon, l’un des experts du groupe des néoconservateurs, avait préparé un document de recherche exhaustif, axé exclusivement sur une solution militaire américaine à la crise du dossier syrien, et à ce sujet, il a noté quatre options militaires américaines :
    1. Option de l’invasion militaire directe : c.à.d., l’envoi de troupes américaines pour occuper la Syrie, à l’instar de l’occupation de l’Irak, pour procéder à l’opération de changement du régime, ce qui va nécessiter la mobilisation de 100 à 150 mille soldats, qui vont rester pour plusieurs années, pour effectuer les activités de reconstruction de la dévastation de la guerre, et former le cours de l’opération politique demandée en Syrie.
    2. Option de la zone d’exclusion aérienne : que Washington œuvre à imposer une zone d’exclusion aérienne, en dehors du cadre du conseil de sécurité onusien, et en collaboration avec ses alliés européens et moyen orientaux, puis utiliser les procédures de cette exclusion aérienne comme prétexte pour détruire les forces syriennes, jusqu’à effondrement et capitulation de Damas, ce qui va durer longtemps et nécessiter moins de troupes.
    3. Option du blocus maritime : comprend l’action de Washington pour interdire le trafic maritime vers la Syrie, entraînant, à son tour, l’affaiblissement des capacités de la Syrie ; ce blocus doit s’étendre sur une longue période.
    4. Option des frappes aériennes : comprend l’utilisation par Washington de ses forces aériennes, et des forces aériennes de ses alliés, dans des opérations de bombardement stratégique global contre les forces syriennes, dans un scénario semblable au bombardement de la Serbie, qui a conduit à l’affaiblissement de la Serbie et au reversement du régime, et à la résolution de la crise du Kosovo.
    Sur cette base, ce qui est frappant, c’est que dans son commentaire, le juif américain O’Hanlon met en doute sur les possibilités de succès de ces options !!
    En conclusion, à son document, O’Hanlon, fait savoir : « qu’il ne croit pas que ces options vont connaître le succès de la résolution du « casse-tête syrien », mais qu’il se contente de poser ces options, uniquement, pour davantage d’étude, d’examen et de précision ».

    Article publié, en arabe, par le site Al Jaml, le 04.01.2011, et traduit, en français, pour les lecteurs français et francophones d’Infosyrie. Lien de l’article en arabe :
    http://www.aljaml.com/node/79713

    • Akyliss dit :

      Un grand merci Mohamed pour tous les efforts que tu fournis pour informer sur ce qui se passe en Syrie et contre la Syrie !

    • claude dit :

      Merci Mohamed, merci infosyrie, bonne année à tous et tous mes vœux pour la Syrie

    • Loubnan dit :

      Bonsoir Mohamed,

      Merci pour vos traductions. Pour ceux, comme moi, qui ne lisent pas l’arabe, ça me permet de lire des articles constructifs et honnêtes sur la situation réelle en Syrie. Ça change de cette propagande atlantiste qui devient insupportable. Je peux vous dire que je ne regarde pas la TV (ou du moins la presse atlantiste et mondialiste). La France de Nicolas Sarkozy n’a pas de politique étrangère. Sa politique consiste à suivre aveuglément la politique impérialiste, colonialiste et guerrière de l’axe Washington/Londres. Heureusement qu’un contre poids venu de l’axe Moscou/Pékin est présent pour empêcher une nouvelle guerre criminelle comme celle qu’a subit injustement et illégalement le Peuple de Libye.

  4. fatima dit :

    Merci beaucoup, Mohamad (je suis la seule à vous appeler Mohamad , avec un « a » à la place du « e », je m’excuse).
    Avec vos traductions et vos analyses , vous transmettez la réalité des faits : politiques et du terrain.
    Mais, l’attitude de tous ces vautours qui attaquent la Syrie, ne laisse pas beaucoup de place à l’espoir !!!
    Tout ce que nous souhaitons que ce pays reste uni, ouvert à toutes les religions. Et que le dialogue se noue entre tous les protagonistes : pouvoir et opposants « honnêtes ».
    Beaucoup rejettent maintenant les opposants, et qui étaient jadis des opposants !!
    Les Syriens est un très grand peuple qui a une histoire très anciennes. Tout ce qu’ils veulent que ce pays reste le berceau de l’humanité.
    Merci encore une fois à vous et à Tous les participants pour ces discussions constructifs.

  5. Nina dit :

    Merci – enfin un peu d’espoir -
    Bonne chance à tous – Bonne année 2012

  6. Fed Up dit :

    Mille et un merci à Mohamed.

  7. Rensk dit :

    - L’article est long, mais vaut la peine d’être lu…

    En effet ; ces connes de « lettres & des chiffres » m’ont fait réagir a bien des reprises… Certaines fois j’ai voulu « informer » d’autres fois « corriger car il y manque… » et bien souvent je me suis dit : je n’aurais pas pu mieux dire… :-)

  8. Assad Syrie dit :

    Merci Mohamed pour IL FAUT CONTINUER

  9. Mahmoud Barka dit :

    L’UNITE ISLAMIQUE EST UNE SAGESSE : UN SENTIMENT DE SOLIDARITE HUMAINE ET DES ECOLES MUSULMANES, POUR LA PROSPERITE ET LE BIEN-ETRE DE LA COMMUNAUTE OUMMA ; ET POUR L’HUMANITE TOUT ENTIERE.

    Le monde islamique est dominé par l’impérialisme : l’Amérique et l’Occident impérialistes agissent d’une constante : il s’agit de la poursuite d’une guerre commencée des croisades à la colonisation qui profile « la mondialisation » OU A DES MUTATIONS STRATEGIQUES.
    Ces hostilités ont eu comme conséquences :
    a) le partage du monde musulman en zone d’influences européennes.
    b) L’abolition du leadership musulman.
    c) Et l’installation des entités féodales initiées à gérer les affaires du monde musulman dans l’intérêt stratégique des puissances impérialistes et colonisatrices.
    Il est inconcevable que des entités occidentales, qui se targuent de leur vocation à dominer le monde et considèrent l’émergence islamique comme un des véritables obstacles, puissent avoir comme partenaires et alliés des partisans du prophète Mohammed (psl) des ses compagnons et de sa famille.
    La question est que le prophète Mohammed (psl) ses compagnons et sa famille n’auraient jamais eu des partenaires et alliés de ces entités occidentales qui considèrent avoir :
    1. vocation à dominer le monde,
    2. mission d’écarter l’émergence islamique par tous les moyens y compris par
    • les divisions, heurs, et ou antagonisme confessionnels ;
    • la récupération de la dynamique des mouvements musulmans censés l’emporter et mettre un terme aux prétentions hégémoniques des actuels ennemis et ou faux amis (historiques, traditionnels) des musulmans et des peuples du tiers-monde.
    En tant que simple croyant musulman, je renvoie aux savants de toutes les écoles islamiques de bien vouloir clarifier ces questions ?
    Prendre en considération tous les impératifs de la confrontation imposée, par les impérialistes occidentaux depuis l’avènement de l’islam jusqu’à ce jour, exigent des réflexions:
    • stratégiques,
    • théologiques
    • d’unité des troupes mohammadiennes à l’échelle de la planète.
    • Des alliances que la Oumma (communauté internationale des musulmans) ; pourrait avoir avec les autres humains de cette terre, des autres continents ayant des intérêts communs à mettre un terme aux visés impérialistes qui menacent tout le genre humain.; quelque soit leur religion, leur race, et origines.
    Après avoir lu certains savants musulmans anciens et modernes y compris CHEIKHS HASSAN EL BANNA, SEYYED KUTB, NAYYAB SAFARY ET L’IMAM KHOMEINY il m’a semblé comprendre que l’intérêt de l’unité de l’islam contre ses ennemis impérialistes avait forgé le fer, d’un sentiment de solidarité humaine et des écoles musulmanes, pour la prospérité et le bien-être de la communauté Oumma ; et bien au-delà, pour l’humanité tout entière.
    Je suis frappé que certains des nôtres, cherchent à détruire tout cela, je m’étonne qu’ils n’aient pas perçu ces conditions de la victoire du monde de l’islam et du monde de l’humanité par ce chemin. Ce qu’eux les ennemis impérialistes ont bien compris être leur talon d’Achille ; au point qu’ils s’efforcent de saper : au moyen des tous les conflits confessionnels, de divisions, d’antagonismes.
    Aussi novice, que je puisse être en tant que simple croyant musulman, je ne peux m’imaginer que les impérialistes puissent vouloir attribuer « des fonds et des aides des milliards de subventionnement» établir des lignes budgétaires et leurs bases occidentales de civilisation et militaires » pour la prospérité et le bien de l’islam, des musulmans, de leurs pays populations ; ni même au profit de toute l’humanité.
    Le fondement de la doctrine, de ma profession de foi musulmane, m’empêche de croire que puissent être les bienfaiteurs des musulmans et du monde entier, ceux qui ont combattu l’islam et l’envoyé de Dieu Mohammad dès son avènement, et qui ont comme mission de contrecarrer dans l’humanité sociétale, la sagesse du ciel enseignée des livres sacrés, dont le Coran, la Bible et autres livres saints.
    Serais-je devenu déviant ?, à penser que ni le Coran, ni la Sunna, ni les enseignements des savants anciens et nouveaux, ne m’autorisent à penser autrement des impérialistes ou ennemis de l’islam, des ennemis du genre humain qui se « targuent de la vocation à dominer le monde et considèrent l’émergence islamique et ou du tiers monde, comme un des véritables obstacles » ?