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      Amine Gemayel, président du Liban de 1982  à 1988, président du parti Kataeb - les Phalanges chrétiennes - et par ailleurs héritier d'une puissante dynastie politique libanaise, est une des trois têtes (quatre si l'on compte l'instable Walid Joumblatt) de l'opposition libanaise pro-occidentale (et férocement anti-syrienne) dite du 14 Mars, avec l'ex-Premier ministre Saad Hariri et Samir Geagea, chef des forces libanaises. Son évolution n'en est que plus intéressante : nous nous étions déjà fait l'écho de ses inquiétudes sur [...]



Liban : Amin Gemayel refuse la logique d’affrontement avec la Syrie

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Amine Gemayel aimeraient que ses alliés anti-syriens se contentent à l'avenir d'être neutres : vaste programme !

 

Amine Gemayel, président du Liban de 1982  à 1988, président du parti Kataeb – les Phalanges chrétiennes – et par ailleurs héritier d’une puissante dynastie politique libanaise, est une des trois têtes (quatre si l’on compte l’instable Walid Joumblatt) de l’opposition libanaise pro-occidentale (et férocement anti-syrienne) dite du 14 Mars, avec l’ex-Premier ministre Saad Hariri et Samir Geagea, chef des forces libanaises. Son évolution n’en est que plus intéressante : nous nous étions déjà fait l’écho de ses inquiétudes sur la main mise des islamistes radicaux sur l’opposition syrienne (voir notre article « Larges fissures dans le camp anti-syrien libanais » , mis en ligne le 17 janvier). Aujourd’hui, Amine Gemayel développe ses conceptions des relations du Liban avec la Syrie et de l’attitude que l’opposition libanaise doit observer vis-à-vis de la crise qui ébranle le voisin. Ce qui se résume par le concept de « neutralité positive » des Libanais sur le sujet. Un sujet qui, estime Gemayel, ne doit pas être un enjeu de politique intérieure libanaise, à l’approche des législatives de 2013.

Or, on sait que Hariri et Geagea ne voient pas les choses de la même façon, qui s’engagent activement, pas seulement en paroles, dans l’aide à la rébellion syrienne, en grande partie pour déstabiliser le gouvernement libanais appuyé par le Hezbollah et de sensibilité plutôt pro-syrienne. S’appuyant sur l’histoire de son pays et son expérience personnelle à la tête de l’État, Amine Gemayel observe que les relations entre les deux pays sont compliquées mais qu’elles doivent être apaisées, car Syrie et Liban sont liés par la géographie et l’histoire régionale. Un avis qui a son poids, car l’histoire n’a pas rapproché la famille Gemayel de la famille al-Assad : entre autres choses, le frère d’Amine, Béchir, a été assassiné en 1982 par un Libanais chrétien pro-syrien. Et son fils Pierre l’a été à son tour en 2006, les Syriens étant immédiatement accusés du meurtre, sans que leur responsabilité ait pu être prouvée par la suite. Aujourd’hui encore, comme on le lira, Gemayel n’est pas tendre avec le régime de Bachar, qu’il accuse – sommairement et injustement selon nous – d’être le grand responsable de la tragédie syrienne en cours. Après tout, Gemayel doit ménager ses amis politique, pour s’efforcer de leur faire entendre raison.

En conséquence, il se démarque une nouvelle fois nettement de ses alliés sur la question, refusant d’en faire un thème des élections à venir. Certes, Gemayel réaffirme que ce qui l’unit à Hariri et Geagea est plus important que ce qui l’en sépare, mais il y a quand même comme une lézarde qui s’élargit au sein de la Coalition du 14 Mars. Le grand dirigeant libanais chrétien qu’est Amine Gemayel ne peut ignorer ce qu se trame sur le terrain syrien, ni bien sûr l’implication de son allié Hariri dans les trafics d’armes et tentatives de déstabilisation en tous genres, des deux côtés de la frontière. Les tous récents incidents de Tripoli entre communauté sur fond de crise syrienne n’ont pu que raviver ses inquiétudes. On verra quelle sera l’évolution politique de Gemayel, mais on ne peut que reconnaître la hauteur de vue d’un homme politique responsable, bien que cruellement marqué dans sa chair. Et constater que la ligne de fracture syrienne passe désormais aussi au sein de l’opposition libanaise.

 

Beyrouth, novembre 2006 : Gemayel entre ses alliés Samir Geagea et Saad Hariri aux obsèques de son fils Pierre, assassiné à Beyrouth,

 

 Article de Nicolas Nassif paru le 13 mai 2012 sur le site du quotidien libanais al-Akhbar, considéré comme proche du Hezbollah et en tous cas se réclamant d’une gauche anti-impérialiste. Nous avons mis de côté tout ce qui dans cet article ne concernait pas les relations syro-libanaises. Les passages soulignés le sont par nous. (traduit de l’anglais par Louis Denghien).

 

L’ancien président libanais Amin Gemayel explique à Al-Akhbar son plaidoyer  en faveur d’une politique de « neutralité positive » qui le met en conflit avec ses alliés de la « Coalition du 14 mars« .

L’ancien président Amin Gemayel continue de s’opposer à ses alliés de la coalition dite du 14 mars, comme c’est le cas depuis des mois, sur leur approche des événements de Syrie. Quand tous sont allés ensemble aux élections de 2005 et de 2009, il partageait les slogans et thèmes avancés à l’époque – à propos de l’enquête internationale sur les assassinats politiques, et plus tard sur le tribunal international, et les armes du Hezbollah. C’étaient des questions libanaises.

Mais à la différence de ses partenaires – l’ex-Premier ministre Saad Hariri, le chef des Forces libanaises Samir Geagea, et aussi le chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt – il s’oppose à ce qu’une dimension étrangère – qui ne concerne pas le Liban – soit mise au coeur d’une question qui elle est l’affaire des Libanais, et dans laquelle ceux-ci ne veulent pas justement d’ingérences extérieures : les élections de 2013.

Gemayel plaide pour une séparation complète entre l’objectif de gagner les élections de 2013 et de retrouver une majorité parlementaire (pour le bloc du 14 Mars), et celui d’une victoire contre Bachar al-Assad dans sa lutte de pouvoir avec l’opposition syrienne.

L’ancien président ne semble pas convaincu non plus que Bachar puisse être facilement et rapidement renversé.

Gemayel a adopté pour la première fois cette position (sur la Syrie) voici quelques mois, et l’a développé au cours d’une conférence la semaine dernière au Centre Issam Fares pour le Liban. Un thème central de l »argumentation de l’ancien président libanais est qu’en adoptant une position neutre dans la crise syrienne, et en s’abstenant de toute ingérence dans les affaires intérieures de ce pays, le Liban lui ôterait les prétextes qiu’il a invoqués par le passé pour se mêler des affaires libanaises.

Il insiste, à cet égard, sur le fait que pendant une période relativement longue dans l’histoire des relation entre les deux pays, du milieu des années cinquante jusqu’à la fin des années soixante, quand les régimes syriens successifs – avant et après l’ascension du Parti Baas -  ont accusé le Liban d’interférer dans la politique syrienne. Le pays était régulièrement accusé de soutenir les opposants au gouvernement de Damas,de protéger les auteurs des précédents coups d’État et de leur offrir un asile sûr contre les poursuites, et quelquefois de les aider activement leurs réunions en vue de nouveaux complots. Il rappelle la réaction de la Syrie, ses règlements de comptes avec le Liban, et comment elle s’est jouée du destin de ce pays, et l’a fait encore pendant les années de tutelle.

Gemayel garde aussi présent à l’esprit qu’aucun dirigeant syrien – que ce soit avant ou après la série de coups de force militaires, y compris pendant la période démocratique des années  quarante – n’a jamais détourné le regard du Liban. Tous ont continué à le voir comme une partie de la Syrie. Il relie cela au fait que les dirigeants irakiens successifs ont toujours considéré le Koweit comme une part de l’Irak,, vision qui a culminé lors de l’invasion de 1990.

Tout en appelant l’histoire et la géographie à l’appui de son point de vue, Gemayel puise dans son expérience personnelle, positive ou négative, des contacts directs, pendant ses années de présidence, avec l’ancien président Hafez al-Assad, ainsi que de ses relations épisodiques avec celui qui était alors le vice-président syrien, Abdel Halim Khaddam. Il ajoute que que la « neutralité positive » est cohérente avec les vue maintes fois réaffirmées de son Parti phalangiste, et « appartient à à une tradition que nous avons historiquement maintenue« .

Par exemple : « Nous avons mené une rude bataille contre le président Nasser en 1958. Mais cela n’a pas empêché Nasser de s’engager dans un dialogue avec Pierre Gemayel dès l’année suivante. Le leader égyptien lui envoya une invitation officielle, eut des entretiens avec lui, et même le décora de l’Ordre du Nil, malgré tout ce qui s’était passé entre les deux parties en 1958. Nasser avait tourné la page de sa propre initiative, sans médiation, note Gemayel. « Ca a été la même chose avec Yasser Arafat » ajoute-t-il. « Pierre Gemayel était en contact permanent avec lui, même dans les circonstances les plus difficiles. Il nous a rendus visite chez nous et nous avons eu ensemble un long dialogue durant la guerre de 1975/76« .

De la même manière, « avec la Syrie, il y a eu des navettes diplomatiques. Des officiels syriens nous rendaient visite et nous – Pierre Gemayel, moi même, Bechir (Gemayel) et d’autres phalangistes -nous rendions là-bas pour discuter des crises et des relations syro-libanaises« .

Avec les Iraniens non plus, « il n’y a pas eu de rupture du dialogue entre nous depuis que la relation libanaise avec Téhéran a repris en 1985. Nous sommes restés en relation permanente avec l’ambassade iranienne« .

À partir de là, « quelles que soient les différences entre nous, il est de l’intérêt du Liban d’adopter une approche rationnelle – plutôt que passionnelle – des problèmes en cours – et particulièrement si ces crises sont pus grandes que le Liban, d’un niveau régional et même international » observe l’ex-président libanais. Sinon, « nous risquerions de tous devenir, en tant que Libanais, les victimes d’un conflit entre alliances rivales. Le Liban est un petit pays et n’a pas la capacité militaire ou économique de le supporter. Sa diversité interne rend sa position et ses options doublement délicates. C’est pourquoi j’ai appelé, et appelle encore, à une neutralité positive ».

Gemayel dit craindre qu’une période durable d’ »anarchie et d’instabilité » ait commencé en Syrie. « Quelqu’un qui est revenu de là-bas récemment m’a dit que le régime syrien contrôle le jour et l’opposition la nuit » raconte-t-il. « C’est le signe que cette crise sanglante va se prolonger. C’est comme s’il y avait un équilibre de la terreur entre les deux camps, aucun ne pouvant affirmer son avantage conte l’autre. Ajoutez à cela que les principales puissances  ne veulent pas intervenir militairement comme elles l’ont fait en Libye« .

Gemayel tient le régime syrien pour principal responsable de cet état de choses. « La légitimité du régime syrien s’est bâtie sur la répression, la suppression des libertés, l’obstruction vis-à-vis de l »émergence de forces politiques, un régime sécuritaire, et la suspension de toute vie politique » affirme-t-il. « Il était naturel que cela conduise à à cette explosion de colère d’un révolution populaire telle que nous l’avons vue depuis plus d’un an« .

Mais son principal souci est le possible impact de la crise syrienne sur le Liban. « Je crains les répercussions de ce qui est en train d’arriver sur le Liban, qui est toujours fortement affecté par la Syrie, spécialement dans des circonstances comme celles-ci« . « Cela est dû à plusieurs raisons, notamment la présence de centaines de milliers de travailleurs syriens qui pourraient transporter le conflit au Liban, et exacerber les divisions entre partisans et adversaires libanais du régime de Bachar. Qu’adviendrait-il si ce conflit, avec toute sa férocité, venait à s’inviter sur le terrain libanais ?« 

Gemayel rappelle que « nous avons expérimenté quelque chose de similaire dans les années 70, quand la bataille se livrait contre la résistance palestinienne – qui était avec elle, qui était contre elle ? Est-ce que le peuple libanais veut vraiment revivre cette expérience ? Qui resterait pour en bénéficier ? »

Pourtant Gemayel ne voit pas de contradiction entre sa position sur la Syrie et celles prises par Hariri, Geagea et Joumblatt. Il dit qu’aucun d’entre eux n’a jamais soulevé ce problème comme une pomme de discorde  « parce que nous nous connaissons tous. Ils nous connaissent bien. Notre alliance est basée sur le fait que chacun connait les positions et attitudes de l »autre. Ce qui enrichit le coalition du 14 mars…« 

Il poursuit : « Nous sommes tous de l’avis que le régime en Syrie doit changer, que la liberté et la démocratie doivent être rétablies dans ce pays après une longue absence, et que la politique suivie par l’axe syro-iranien est dommageable pour les intérêts et la stabilité du Liban. La différence entre nous et nos alliés réside dans les détails et l’approche. ce qui nous réunit est plus fort que ce qui nous divise ».

Ce à quoi Gemayel s’oppose, c’est que la crise syrienne et le mot d’ordre de la chute du régime soient utilisés lors de la campagne pour les élections générales libanaises de 2013, comme l’ont fait Hariri, Geagea et Joumblatt. « Je ne soutiendra certainement pas un tel slogan pour les élections législatives » affirme-t-il. « Je veux comme slogan « Le Liban d’abord » et qu’on se concentre sur les problèmes libanais. Pouvons nous nous permettre d’ignorer la permanence des problèmes de sécurité sociale, d’électricité, de santé, de chômage, d’éducation, de vieillesse, d’inflation, l’état des routes, la corruption rampante, l’émigration et les autres innombrables crises ? On a là largement de quoi nous inspirer pour nos slogans de campagne ».

Gemayel poursuit : « En tant que chrétien du Mont-Liban, les slogans relatifs aux questions étrangères ne m’attirent pas. Je me sens plus concerné par les affaires intérieures que par la question du nucléaire iranien ou la révolution syrienne. Il peut y avoir quelque chose de propre au mouvement du Futur qui le pousse à prendre position en faveur de la révolution en Syrie, et à utiliser un slogan pour renforcer les soutiens politiques. Je ne veux pas renter là-dedans. Mais la révolution syrienne n’est certainement pas une préoccupation majeure pour les chrétiens, ni un sujet qui influe sur la façon dont se développe leur région, ou stoppe leur émigration, ou leur garantit une vie sûre et décente« .

Il souligne que son refus de faire de la Syrie un thème électoral pour 2013 s’applique aussi au fait d’ »utiliser la révolution syrienne comme un prétexte pour repousser les élections« . Dans les deux cas, « ma position est claire. Le Liban doit rester à l’écart des crises et des alliances régionales autant qu’il est possible ».

Emblème du Parti Kataeb


ci-dessous, le lien vers l’interview en anglais :

http://english.al-akhbar.com/content/amin-gemayel-march-14-keep-out-syria

 



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31 commentaires à “Liban : Amin Gemayel refuse la logique d’affrontement avec la Syrie”

  1. Byblos dit :

    Amine Gemayel semble avoir oublié une phrase-clé du Pacte National de 1943 (année de l’Indépendance) qui fait office de texte fondateur et fondamental ayant valeur constitutionnelle. De l’aveu implicite d’Amine Gemayel, elle n’a presque jamais été respectée dans nos rapports avec la Syrie. Cette phrase, plus actuelle que jamais, la voici :

    LE LIBAN NE SAURAIT SERVIR À L’IMPÉRIALISME, NI DE SIÈGE NI DE TÊTE DE PONT.

    • L'étrangère dit :

      Merci Byblos : « MOUKHTASSAR MOUFID » !!!(expression disant : BREF et UTILE)

    • Cécilia dit :

      Merci Byblos pour ce rappel historique.
      En effet, cette phrase-clé dit tout sur ce que la politique libanaise doit être.

  2. sowhat dit :

    Gemayel

    « Gemayel plaide pour une séparation complète entre l’objectif de gagner les élections de 2013 et de retrouver une majorité parlementaire (pour le bloc du 14 Mars), et celui d’une victoire contre Bachar al-Assad dans sa lutte de pouvoir avec l’opposition syrienne. »

    rêve toujours … aucune de ces victoires n’aura lieu.

    Amine Gemayel ne fait ça que pour contrer le danger que sa mafia soit de plus en plus marginalisée sur la scène chrétienne et compte en fait sur un pourrissement de la situation en Syrie. Gemayel est un épiphénomène et son attitude ne représente pas un véritable tournant de plus vu le peu de consistance politique du personnage elle ne représente pas un indice d’une évolution notable des choses.

    A la rédaction :

    Pourquoi ne met-on pas en ligne plutôt l’entretien du président Assad à la télé russe ? Il me semble qu’il y dit des choses intréressantes …

    • Soit, nous mettons un lien vidéo en dessous de l’article consacré à l’entretien de Bachar à la chaîne russe (en arabe)…

      Louis Denghien & Infosyrie

      • sowhat dit :

        merci Louis & Infosyrie

        • BWANE dit :

          Je vais traduire cet entretien, effectivement fort intéressant.

          • BWANE dit :

            Les caprices de mon ordinateur m’obligent à expédier la traduction d’une partie de cet entretien, avant qu’elle ne soit engloutie dans le monde virtuel, ce « grand trou noir d’où l’on revient jamais ».
            Al-Assad à la télévision syrienne : « les élections ont confirmé qu’une majorité de syriens soutiennent le régime »
            Le président syrien Bachar Al-Assad, dans une interview accordée à la chaine de télévision « Russie 24″, que les récentes élections législatives qui se sont déroulées en Syrie, montrent le soutien de la majorité du peuple syrien au régime et aux réformes en cours, et il a qualifié les membres de l’ASL d’un « ramassis de criminels armés par l’étranger ». voici la transcription de cette interview :
            Q : – je vous remercie, Monsieur le président, de nous accorder cet entretien. Permettez-moi de commencer par le plus important, c’est à dire par les élections législatives. Qu’en est-il de leur importance en tant que pas essentiel dans le processus politique ? Et comment évaluez-vous leurs résultats ?
            R : -Naturellement, il s’agit d’un pas important, puisqu’elles sont une partie des réformes que nous avons commencé depuis un an environ. Les centrent de vote reflètent l’opinion du peuple. Ces élections sont un message sérieux à tous, aussi bien à l’intérieur du pays qu’ à l’étranger, dont le sens est que peuple syrien n’apas peur des menaces des terroristes qui ont essayer de faire échouer les élections et de nous obliger à les annuler. Les résultats indiquent que le peuple syrien continue à soutenir les réformes que nous avons entreprises depuis un an environ, et sa majorité soutient le l’ordre politique établi. C’est tout cela qui explique l’importance de ces élections législatives.
            Q : -Certains opposants, dont Fabri Jamil, disent que les élections n’ont pas été transparentes, et ils agitent la menace de quitter le parlement. Quelle en est la cause à votre avis ?
            R : -Il est naturel que chaque personne ait son opinion sur la manière d’organiser les élections ,-le plus probable est que la loi elle-même électorale ne semble pas leur convenir ,-mais nous pouvons discuter avec eux à ce propos pls tard.
            Q : -Le CNS a appelé, depuis l’étranger, à boycotter les élections, -qui sont ces gens ? ,-Et est-il loisible de de les considérer comme des opposants ?
            R : – Appelle à boycotter les élections équivaut à appeler à boycotter le peuple. Comment pouvez-vous appeler à boycotter les gens dont vous vous considérez les représentants ?. C’est la raison pourquoi, je ne crois pas que ces personnes ne possèdent aucun poids à l’intérieur de la Syrie.
            Q : -Mais ces opposants disposent de l’ASL, dont les membres sont armés, et combattent ici en Syrie. Est ce que certains d’entre eux sont étrangers, ou bien sont-ils tous syriens ?
            R : -Premièrement, ils ne constituent pas une armée, ni ne sont libres. Les armes et le financement leurs sont assurés par l’étranger, et ce par différents pays, certains d’entre eux sont des extrémistes religieux de la mouvance d’Al-Qaïda. Et je ne vise pas ici seulement cette dernière organisation, mais aussi une idéologie ; je dis qu’ils partagent avec Al-Qaïda la même idéologie extrémiste et terroriste. Il y a aussi en Syrie des mercenaires étrangers, dont certains ont été arrêtés et dont nous planifions l’exposition au monde entier, et dont d’autres ont été tués. Nous n’avions pas encore parlé de ces mercenaires, parce que nous ne disposions pas des documents qui prouvent leurs nationalités étrangères. Il était certes facile de l’affirmer à partir de leur aspect extérieur, mais cela ne suffit pas pour annoncer publiquement qu’il s’agit d’étrangers. Quant à ceux qui ont été arrêtes, il s’agit de mercenaires en provenances de différents pays, en particulier arabes.
            Q : -Les renseignements russes disposent d’informations selon lesquelles l’ASL possède des centres d’entrainement au Kosovo, et qu’il y a des négociations relatives à la reconnaissance par les opposants armés de l’indépendance du Kosovo une fois arrivés au pouvoir en contre partie du soutien actuel du Kosovo à ces opposants.
            R : -Je ne sais s’il s’agit d’opposants armés ou d’autres personnes, mais nous possédons des informations selon lesquelles, un groupe de l’opposition, – ou plutôt ceux qui prétendent faire partie de l’opposition-, a rendu visite au Kosovo afin de profiter de l’expertise qu’il possède dans l’organisation d’une intervention étrangère et la façon de provoquer une intervention de l’OTAN en Syrie ; -oui, nous possédons de telles informations et nous sommes sûre de leur véracité.
            Q : – La Turquie a dit qu’elle veut toujours la création d’une zone tampon en Syrie sur les frontières entre les deux pays, sous le contrôle des forces turques et qui contient de tels centres d’entrainement. Mais pourquoi Erdogan croit-il que la chute du régime syrien est proche ? et quels sont les intérêts de la Turquie à la lumière de ces déclarations ?
            R : – Ils n’y ont aucun intérêt. Selon les informations que nous obtenons d’autres personnalités des milieux politiques influents turcs, avec lesquelles nous entretenons encore des relations solides, les turcs n’ont pas ces intentions. Certains leaders turcs ont une imagination débordante. Mais la plupart de ceux que nous avons rencontré pendant la crise, connaissent la situation véritable en Syrie, avec ses points aussi bien positifs que négatifs. Ils réalisent parfaitement que tout état de crise dans la région se répercutera de manière directe ou indirecte sur la situation en Turquie elle même. Le désordre et le terrorisme, voilà ce qui en résultera pour la Turquie et tout autre pays de la région, parce que nous sommes des voisins. Ils comprennent cela parfaitement. Mais je reviens sur ce que j’ai dit au début, à savoir que certains hommes politiques ont beaucoup d’imagination, et se considèrent comme des gens très intelligents. Tu peux être intelligent et posséder les ordinateurs munis des composants électroniques les plus développés ; mais si se système a mauvais mode d’organisation, il n’est pas sérieux d’en attendre de bons résultats.

          • BWANE dit :

            Traduction effectuée à travers la version arabe dont je donne le lien ci-dessous :
            http://arabic.rt.com/prg/telecast/657333/

          • RoyL dit :

            > Je vais traduire cet entretien,

            Merci beaucoup

            > effectivement fort intéressant.

            C’est ça, tout a fait d’accord.

          • BWANE dit :

            (Suite de la traduction)
            Q : -En ce qui concerne le rôle de la France, qu’est ce qui va changer dans la politique de cet Etat, après l’arrivée d’un nouveau président au pouvoir ?
            R : – Je pense que le rôle de tout président doit se résumer à travailler pour le bien et les intérêts de son pays. Et la question est ;: qu’a gagné la France à travers sa politique durant une année entière envers la Syrie, la Libye ou tout autre pays ? Comme vous le savez, la France a participé à l’agression armée contre la Libye, et est à ce titre responsable de la mort de centaines, ou plutôt de milliers de civils libyens. Dans tous les cas, les désordres et le terrorisme que connaît la région en ce moment, ne laissera pas d’influencer négativement l’Europe, parce qu’elle est proche de notre région. On peut nous considérer comme les voisins sudistes de l’Europe. –J’espère que le nouveau président français va penser aux intérêts de son pays, car je pense qu’il n’est pas dans les intérêts de son pays de continuer à attiser le feu du désordre et de la crise au Moyen-Orient et au monde arabe en entier.
            Q : – Et que veulent les Français ? Pourquoi tiennent-ils à un changement du régime en Syrie ?
            R : -La raison en réside peut-être dans la différence de la position de la Syrie d’avec la leur dans beaucoup d’affaires, comme par exemple le dossier du programme nucléaire iranien, ou bien encore la question palestinienne et le mouvement de la résistance. Nous avons une position indépendante sur toutes ces questions.
            Q : -En ce qui concerne la contrebande d’armes en direction de la Syrie, il se dit que leur introduction se fait à travers ses frontières d’avec le Liban, l’Irak et la Jordanie. Les positions de ces pays ont-elles changé, sachant qu’au début de la crise, ils fermaient les yeux sur ces trafics d’armes ?
            R : – Permettez-moi de commencer par le cas du Liban, – il est bien connu que les autorités libanaise a arraisonné ces derniers temps un bateau qui transportait des armes et puis les a confisqués, la plus grande partie de cette cargaison d’armes, -y compris des missiles anti-avions-, provenait de Libye. Selon nos informations, le gouvernement libanais est au courant de ce trafic d’armes, mais en vérité ; il est très difficile pour quiconque de contrôler parfaitement les frontières de son pays, le cas de la Syrie est celui de tous les autres. Vous pouvez diminuer la taille de ce trafic d’armes, mais vous ne pouvez hermétiquement fermer les frontières. Jusqu’à maintenant, la plus grande quantité de ces armes provenait du Liban et de la Turquie, mais nous n’avons pas de preuve que les autorités de ces deux pays ont par le passé facilité le trafic d’armes en direction de la Syrie. Ces derniers temps, les autorités libanaise et jordanienne ont essayé de lutter contre ce phénomène. Je ne veux pas dire par là que la position de ces pays a subi un quelconque changement, -si en effet nous prenons en considération les derniers développements en Syrie et en Libye et les autres pays. Mais les autorités de ces pays voient clairement qu’il ne s’agit nullement d’un printemps mais plutôt d’une anarchie (au sens de désordre, et non au sens de la théorie de Bakounine, ndt.). J’ai déjà dit ailleurs : si vous semez l’anarchie en Syrie, cette dernière ne manquera pas de s’installer chez vous, et ils en sont parfaitement conscients.

          • BWANE dit :

            (Traduction suite)

            Q : – Donc la Turquie soutient l’opposition ?
            R : – Oui, le soutien politique est bien présent. Il y a certains hommes et certaines institutions politiques qui font ce-là. Quant aux autres, nous n’avons pas de preuves qui attestent leur soutien à l’opposition. Mais nous sommes conscients qu’ils ferment les yeux sur l’activisme et le trafic en faveur de l’opposition des premiers.
            Q : – Vous voulez parler de trafic d’armes et d’argents ?
            R : – Toute chose
            Q : – Il a été dit qu’un grand nombre de libyens ont été massés le long des frontières de la Syrie avec la Jordanie, et qu’il était à craindre qu’une frappe par missiles n’y soit menée contre la ville de Daraa ?
            R : – Nous n’avons pas d’informations précises à ce propos. Il s’agit de rumeurs qui grossissent le problème, de même on publie sciemment certaines rumeurs dans le but de terroriser. Mais certaines d’icelles sont simplement les vœux impuissants de certains.
            Q : – Passons maintenant au Qatar. Il est bien connu que le Qatar veut augmenter son pouvoir dans les marchés européens, pour se faire, il disposait de plans pour la construction de gazoducs. Se peut-il qu’il s’agisse là du véritable problème entre le Qatar et la Syrie ?
            R : – Je n’ai aucune idée à propos de ce sujet, nous n’avons jamais discuté avec le Qatar sur le gaz. Et même lors de la période des bonnes relations entre nos deux pays, nous n’avons jamais discuté ce sujet. La Syrie a toujours proposé ces terres pour acheminer le gaz et le pétrole d’Irak, d’Iran et de Jordanie, aux pays de la méditerranée. Ou bien des pays du Golfe vers la Turquie et les pays européens. Le sujet du transport du gaz et du pétrole, nous l’avons discuté aussi bien avec la Turquie, l’Azerbaïdjan, l’Irak et la Jordanie, mais jamais avec le Qatar.

          • BWANE dit :

            (Traduction suite)
            Q : – Dans le passé, certains parlaient des guerres du pétrole, mais maintenant les mêmes parlent des guerres pour le gaz. Peut-on dire que la Syrie est devenue un théâtre d’un genre nouveau, c’est-à-dire d’une guerre pour les ressources naturelles ?
            R : – Lorsque votre pays occupe une position importante d’un point de vue stratégique, et que vous avez un accès sur la méditerranée, et que toutes les routes du nord au sud, d’est en ouest, passent par vos terres, -dans ces conditions, – dis-je, toute guerre provoquée par la course aux ressources qui adviendrait vous touchera nécessairement, le sujet n’est pas seulement relatif au gaz, mais il est connexe à une autre chose très importante, à savoir notre position et notre rôle dans la région. C’est un rôle historique, que certains essaient continuellement d’en minimiser l’importance, afin de réduire le poids de la Syrie aux dimensions de ses strictes frontières. Mais cette chose est impossible, notre rôle sera toujours plus large. Les guerres pour le gaz et le pétrole sont possibles, il s’agit de guerres qui ont déjà débuté en Asie Centrale, sur les frontières du sud de la Russie et dans d’autres régions. Mais en Syrie il y a un autre élément à prendre en considération.
            Q : – S’il ne s’agit pas d’une guerre pour le gaz, pourquoi la Syrie, et pourquoi maintenant ?
            R : -Parce qu’ils cherchent toujours des pions à eux, je parle des pays occidentaux. La Syrie ne permettra jamais qu’elle devienne le pion dans une quelconque affaire. Ils ont essayé ça plusieurs fois et présentement ils continuent le même jeu.
            Q : – Et que veut l’Arabie Saoudite (c-à-d l’Arabie Salapiste ntd.) et a-t-elle les mêmes ambitions ?
            R : – Nous n’avons jamais discuté avec eux, ces gens se sont permis de nous conseiller à propos de l’édification de la démocratie en Syrie, c’est une chose par trop humoristique.
            Q : – Nous étions à Homs, avec les éléments de la police, et nous sommes ainsi devenus des témoins oculaires de l’exposition de ces derniers aux attaques terroristes des groupes armées, est ce que la situation est devenue au pays plus calme, après l’arrivée des observateurs onusiens ?
            R : – Oui, mais d’un seul côté et ce seulement dans l’affrontement direct. C’est à dire, nous avons bien changé les endroits du stationnement de nos forces, mais le nombre des attaques terroristes a beaucoup augmenté par rapport au début de la crise (c’est bien ce que l’esprit soutient depuis le début : que se soit avec les observateurs arabes, ou bien avec ceux-là, la chose a toujours profité aux terroristes et leurs commanditaires, mais bon ce même esprit concède que la direction syrienne est malheureusement obligée de faire avec. Misère. Ntd.). Je pense que vous avez en mémoire les derniers attentats terroristes à Damas, où des dizaines de citadins pacifiques sont tombés, sans compter des centaines de blessés. De ce point de vue, la situation ne s’est nullement améliorée.
            Q : – Mais de quel côté, la situation est meilleure ?
            R : – Le plus horrible à mon avis, est l’assassinat des citoyens paisibles et pacifiques. Maintenant, ils commencent à tuer un plus grand nombre de civils, des instituteurs, des professeurs et des chefs de tribus ; ceux-là n’ont aucun rapport avec la chose politique. De même, ils essaient de propager un climat d’anarchie. Le plan de Kofi – Annan ne se résume pas seulement à arrêter cette violence, mais encore à aider les gens à revenir à leurs foyers, foyers dont les terroristes les ont obligés à quitter. De même, il revient à ce plan de mettre fin au trafic d’armes et au financement des terroristes. Ainsi que de faire pression sur d’autres pays et de leur demander des comptes sur leurs déclarations irresponsables à propos la situation tendue en Syrie. Le plan Annan ne devrait pas se limiter seulement à ce terrorisme destructeur et aux affrontements quotidiens qu’il occasionne, mais aussi à son financement et à ses soutiens.

          • Mohamed Ouadi dit :

            Merci, cher Bwane pour votre traduction.

          • RoyL dit :

            Pour ceux qui comprennent l’anglais:

            http://tarpley.net/2012/05/17/nato-backed-syrian-national-council-breaking-apart/? utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rss

            NATO-Backed “Syrian National Council” Breaking Apart After 51% of
            Syrians Brave Death Squad Snipers to Cast Ballots; US Inciting
            Kurds to Revolt Against Damascus; Turkey Eyes Article IV; Syrian
            Govt. Exposes Foreign Fighters Run by Al Qaeda

            Webster G. Tarpley, Ph.D.
            PressTV
            May 17, 2012

            Intéressant à écouter: Tarpley + Lendman; il y a toujours le même
            oligophrène^1 pro opposition de l’autre fois, comme troisième
            intervenant depuis Beyrouth (Liban), oligophrène qui est un peu
            difficile à suivre de comme il parle (soit il a souffert d’un
            ictus/attaque cérébrale déjà, soit il devrait changer de colle
            pour fixer son dentier; non!!!, il ne devrait pas être si âgé non
            plus; en fait, il devrait même plus jeune, assez de loin, de
            l’autre commentateur de Chicago, Stephen Lendman, qui — lui –
            parle lentement oui, mais de façon parfaitement compréhensible et
            claire, sans glisser, pousser, avaler, quoi diable encore de sa
            langue dans la bouche toujours).

            Les iraniens sont forts en taekwondo (j’ai pratiqué du judo
            moi-même); est-ce que dans les studios de PressTV, à Téhéran, ils
            penseraient qu’en utilisant la technique *catch* (y aurait il un
            spectacle plus stupide!?) où l’on fait jouer le *méchant* –
            notre imbécile déclare depuis Beyrouth — suivant un rôle donné,
            serait amusant ou instructif? Ça apporte rien au contraire,
            interrompt le flux de la discussion seulement, et gaspille le
            temps — qui est plutôt limité déjà.

            1. http://psychiatrie.histoire.free.fr/lexiq/lex/oligo.htm
            oligophrénie — du grec phrên, esprit, et oligos, peu

            L’oligophrénie est synonyme d’arriération ou de déficience
            intellectuelle, due à l’insuffisance congénitale ou très précoce
            du développement intellectuel.

            On distinguait jadis trois degrés d’oligophrénie, donc trois
            catégories d’oligophrènes : les idiots, les imbéciles et les
            débiles, dénommés ensuite respectivement arriérés profonds,
            débiles profonds, débiles moyens et légers. [...]

  3. Cécilia dit :

    Liban

    la tension continue au nord-Liban

    Le quotidien libanais AlAkhbar a révélé que les services de renseignements de l’armée libanaise ont arrêté mercredi soir deux membres d’Al-Qaïda dans le quartier Ain el-Mrayssé à Beyrouth.

    Selon le journal, les deux suspects sont : Samir K. de nationalité syrienne et Anas A., dont la nationalité n’a pas été révélée.

    Ils sont venus au Liban pour acheter des armes, ont affirmé des sources sécuritaires.

    Citant une source diplomatique, le quotidien souligne que cette arrestation fait partie de la lutte « anti-terroriste », à la lumière d’informations fournies par les services de renseignements américains et occidentaux.

    Il en va de même pour le démantèlement du réseau d’AlQaida à Tripoli. Or, des sources diplomatiques américaines à Beyrouth ont prétendu que les Etats-Unis n’ont rien à voir avec les arrestations à Tripoli.

    Fateh el-Islam

    TripoliDes sources palestiniennes ont en outre révélé au site Ennashra, la fuite de 7 membres du groupe Fateh el-Islam du camp de réfugiés palestiniens de Aïn el-Héloué, au Liban-Sud. Selon ces sources, ils se seraient rendus au nord du pays pour combattre à Tripoli, ou lutter contre le régime syrien.

    Décès d’un enfant

    Sur le terrain à Tripoli la situation reste fragile. Bien que le Premier ministre Nagib Mikati se soit rendu à Tripoli pour tenter de calmer la situation, un adolescent de 15 ans a été tué et sept personnes ont été blessées jeudi dans de nouveaux heurts dans cette grande ville du nord du pays.

    « Des affrontements intermittents à la roquette et à la mitrailleuse se déroulent depuis 04H00 du matin (01H00 GMT) entre le quartier de Bab al-Tebbaneh et le quartier voisin de Jabal Mohsen, a indiqué une source de sécurité libanaise, précisant que des maisons ont été brûlées.

    Renforts à Tripoli

    L’armée libanaise déployée depuis lundi dans ces zones sensibles a tiré en direction de l’origine des tirs, mais dû se replier légèrement sur la rue de Syrie qui sépare les deux quartiers.

    Et puis, pour rétablir le calme dans la ville, des forces de sécurité ont été dépêchées depuis Beyrouth. Mikati a également ordonné l’arrestation de toute personne portant des armes.

    Le frère de Mawlaoui agit la menace d’escalade

    Ce nouveau décès porte à onze le nombre des tués lors des accrochages qui avaient commencé samedi, après l’arrestation de Chadi Mawlaoui, accusé de lien avec la nébuleuse AlQaida.

    Une accusation rejetée par son frère Nizar qui a agité la menace d’une escalade dans le mouvement de protestation au cas où son frère ne serait pas libéré d’ici cet après-midi.

    Mawlaoui a été arrêté dans un centre social relevant du ministre Mohammed Safadi, dans le cadre d’une opération de démantèlement d’un réseau salafiste à Tripoli.

    Geagea critique les réactions sur l’arrestation de Mawlaoui

    Dans ce contexte, le chef du parti des Forces Libanais, Samir Geagea a condamné les réactions sur l’arrestation de Mawlaoui à Tripoli. « Si un des services de sécurité (la Sûreté Générale) agit d’une façon erronée, ou si ce gouvernement irresponsable agit d’une façon inadmissible, il ne sera pas acceptable de réagir de cette manière », a-t-il dit.

    Le mufti appelle à résoudre le dossier des détenus islamiques

    S’agissant des détenus sans jugement, le mufti du Liban a appelé à juger les détenus islamiques et à libérer les innocents. Faute de quoi, les Libanais sont appelés à un sit-in ouvert sur la place de Ryad Soloh.

    Damas dément tout lien avec la situation a Tripoli

    Le vice-premier ministre syrien, Fayçal Mokdad, a démenti lors d’une interview avec la chaine AlManar les informations selon lesquelles la Syrie serait derrière la tension à Tripoli. « La Syrie est victime d’attaques menées par des terroristes infiltrés via les frontières libano-syriennes », a-t-il dit, ajoutant que « des parties libanaises sont impliqués dans le soutien de ces terroristes et Damas détient des informations concordantes sur ce sujet ».

    Berry : Une liste de personnalités à liquider

    Par ailleurs, le président du Parlement, Nabih Berry, a fait état d’informations selon lesquelles « des parties intégristes ont dressé une liste de 26 dirigeants et de personnalités politiques à liquider ». Berry a affirmé mercredi que «ces informations sont sérieuses et graves, et nécessitent une vigilance et un suivi».

    Le président de la Chambre s’est en outre dit satisfait des mesures prises par l’armée à Tripoli, avant d’inviter toutes les parties à faciliter la mission de l’armée. Parmi les autres dirigeants à abattre figurent le chef du parti de l’Unification Wiam Wahhab, l’ancien chef des Forces de sécurités intérieur Jamil Sayed et le ministre de la sante actuel Ali Khalil.

    http://www3.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=64469&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=23&s1=1

  4. HARET EL NEME dit :

    Le Liban est et reste Syrien.

  5. سوريا.خالدة-Syrie.Eternelle dit :

    Pour comprendre la position d’Amine Gemayel, je pense utile de revenir aux fondamentaux du Moyen Orient. Mais, d’abord, le dilemme :

    Deux issues sont possibles :

    1. Victoire des USA (Ultra-Sionistes-Associés) aux conséquences gravissimes, pour toutes les populations du Moyen-Orient,

    1.1- Installation de pouvoirs sanguinaires salafistes, qaïdistes et ultra-fondamentalistes, « démocratie » de la charia, pour le plus grand malheur de tous, sunnites compris, et, en particulier, pour les Chrétiens, comme pour toutes les autres minorités, religieuses ou ethniques ou linguistiques, et pour les palestiniens,
    1.2- Déplacement de populations et exil de millions de personnes,
    1.3- Emiettement de la Syrie, du Liban et de l’Iraq, en débris ethnico-religieux,
    1.4- Quasi disparition des palestiniens de la Cisjordanie, étouffement définitif de Gaza,
    1.5- Appropriation des Lieux saints, musulmans et chrétiens, par des autorités rabbiniques ultra-orthodoxes,
    1.6- Réoccupation par Israël du Sinaï jusqu’au canal de Suez,
    1.7- Mainmise totale d’Israël sur les ressources aquifères de la région et de ses réserves d’énergie, partagées avec les Etats-Unis, qui en feraient partiellement aumône à l’Europe.

    2. Echec du complot ourdi contre la Syrie,

    2.1- Avènement et consolidation en Syrie d’une démocratie pluraliste,
    2.2- Retour du calme au Liban,
    2.3- Arrêt de l’expansionnisme d’Israël,
    2.4- Et, un jour, application des Résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
    2.5- Puis, pourquoi ne pas rêver ?, traité de paix.

    Indépendamment de tout sentiment patriotique qui les anime, les « minorités religieuses ou ethniques » n’ignorent pas que le Moyen-Orient se trouve devant ce terrible dilemme.

    C’est pour cela que les autorités religieuses chrétiennes de Syrie, du Liban, d’Iraq , d’Egypte et de Palestine condamnent absolument l’immixtion étrangère qui encourage, finance, arme, nourrit et enflamme les assassins qui sévissent en Syrie et au Liban.

    Si Amine Gemayel, comme Bachir, son frère cadet, avaient été élus présidents de la République libanaise, alors qu’Israël occupait le Liban, (Voir Alain Ménargues : Les Secrets de la Guerre du Liban), néanmoins, Amine Gemayel n’est pas aussi compromis avec Israël que ne le sont, directement, Samir Geagea et, moins directement, Saad Hariri.

    Amine Gemayel n’est pas indifférent devant les prises de position claires et nettes du Patriarche maronite (approuvées par le Vatican) et des diverses communautés chrétiennes, face aux tragiques et cruels évènements en Syrie et au Liban.

    Et, en même temps, il tente de na pas prendre trop de distances avec ses encombrants et peu recommandables « amis » du « 14 mars » et du « futur ».

    • sowhat dit :

      Assez d’accord avec votre analyse. La première option garantit une pérennité aux mafias claniques telle que celle de Gemayel. La deuxième entraînera – inéluctablement – leur disparition surtout avec un traité de paix à la clé. Pour quelle option croyez-vous que Gemayel penche ?

      • ريا.خالدة-Syrie.Eternelle dit :

        Le sait-il, lui-même?
        Probablement, l’âge avançant, vers une hypothèse 2, avec, si possible, sa famille au pouvoir.

  6. Mohamed Ouadi dit :

    Les horreurs d’une prétendue « armée syrienne libre »
    Un fin observateur de ce qui se passe dans son pays, raconte

    par Silvia Cattori

    Mondialisation.ca, Le 16 mai 2012
    silviacattori.net

    La désinformation à propos des évènements en Syrie atteint de tels sommets que nul ne peut plus se fier à ce que les journalistes en disent. Les « grand reporters de guerre » – Sofia Amara, Martine Laroche-Joubert, Christophe Kenck, Marc de Chalvron, Romaric Moins, Manon Loizeau, Paul Moreira, Edith Bouvier – entrés clandestinement en Syrie, pour aller séjourner à Baba Amr, en compagnie des combattants d’une prétendue « armée syrienne libre » (ASL), comment ont-ils pu présenter comme de sympathiques combattants pour la démocratie des hommes qui se livraient, selon nos témoins (*), à des atrocités contre la population de Homs ?

    Silvia Cattori : Deux attentats d’une ampleur jamais connue en Syrie ont secoué Damas, hier, 10 mai. Un carnage destiné à inciter les gens à ne plus soutenir Bachar El-Assad ?

    Réponse : C’est terrible ! Monstrueux ! Mais des attentats pareils ne sont pas organisés par des Syriens ! Un Syrien ne fait pas cela ! Ce sont des attentats commis par des gens manipulés, encadrés par des puissances étrangères. Tous les jours nos forces de sécurité saisissent des cargaisons d’armes et des millions de livres (monnaie syrienne) en provenance du Liban.

    Silvia Cattori : Ce sont des attentats commandités de l’extérieur selon vous ?

    Réponse : C’est exactement le même type d’attentat-suicide utilisé depuis l’intervention US en Irak. Faire un maximum de victimes. C’est le même procédé. Ils le mettent à exécution maintenant en Syrie. Ils ont pris pour cible une route à grand trafic à 8 heures du matin. C’est l’heure où les gens se rendent au travail et conduisent les enfants à l’école. Ils ont fait sauter une première voiture chargée d’explosifs. Ils ont attendu que les gens sortent des maisons, accourent de tous côtés vers le lieu de l’explosion, avant de faire sauter, la seconde bombe. Un camion portant des tonnes de ciment a été renversé par le souffle. Plus de quatre cent personnes ont été fauchées ; 55 sont mortes et parmi les blessés il y a de nombreux mutilés. 55 voitures pleines de citoyens ordinaires ont été carbonisées, 108 complètement détruites, 60 autres endommagées. Derrière ces attentats il y a la main d’Israël. Il y a la main d’autres services secrets étrangers. Ils veulent pousser la Syrie dans une guerre continue. Ces attentats ce sont des éléments étrangers à la Syrie qui les ont pilotés. Tout le monde ici pense la même chose. La Syrie est menacée depuis l’extérieur. Ces attentats ont été planifiés depuis longtemps et n’ont pu être exécutés sans qu’il y ait des complices à Damas. Comment deux voitures chargées d’explosifs auraient-elles pu entrer à Damas par la route sans se faire repérer aux nombreux barrages par les forces de sécurité ?

    Silvia Cattori : Vous n’êtes pas sans savoir qu’à l’extérieur, les journalistes tout comme les hommes politiques, continuent d’assimiler l’opposition syrienne à une « révolte populaire ». Massacre après massacre, ils répercutent les dires de Syriens qui attribuent les attentats à Bachar El Assad. Par exemple, Valérie Crova, envoyée par Radio France en Syrie a interrogé un Syrien qui lui affirme que « c’est la sécurité et le président qui sont derrière ces attentats ». [1] N’est-ce pas un encouragement adressé aux tueurs ?

    Réponse : Cette journaliste est folle ! Ou alors elle ment totalement ! N’a-t-elle pas vu les millions de Syriens qui sont descendus dans les rues depuis avril 2011 pour dire « Nous voulons Assad ? » Les Syriens, ici en Syrie, sauf une infime minorité d’extrémistes, sont unis derrière leur gouvernement. Moi-même, je vous l’ai dit, j’étais critique vis-à-vis du gouvernement. Mais je soutiens El-Assad. Les Syriens qui ont manifesté pour demander des réformes ont été entendus par le gouvernement. Nous avons voté pour une Constitution pluraliste. Nous avons un nouveau Parlement. Nous sommes libres de critiquer le gouvernement. Pourquoi cette journaliste ne fait pas parler les Syriens qui, en leur grande majorité, soutiennent le gouvernement ? Tous les Syriens sont opposés à ces bandes qui lancent des bombes contre les policiers, enlèvent des professeurs, des médecins des ingénieurs, des officiers de police. Nous sommes ici tous convaincu que si le gouvernement d’El-Assad s’en allait, notre situation serait encore plus terrible ; le sang coulerait encore plus, et la Syrie serait complètement détruite.

    Silvia Cattori : Mais l’opposition syrienne, invitée sur les ondes et les plateaux télévisés, a toute latitude pour donner un tout autre son de cloche et donner raison à ceux qui mentent et veulent votre perte ! Les porte-paroles du Conseil national syrien, donnent eux toujours raison à ces journalistes qui vous sont hostiles. L’opposante Randa Kassir affirmait le 10 mai « que celui qui profite de ces attentats c’est le régime syrien » [2] ?

    Réponse : Dieu et le diable savent que, ces atrocités, ce ne sont pas les Syriens qui les commettent. Des Syriens honnêtes ne diraient jamais cela. Les Syriens qui, à l’extérieur, affirment de pareilles choses et coopèrent avec les puissances étrangères qui veulent pousser notre pays à la guerre, sont des gens très sales, très corrompus. Comment peuvent-ils dire que c’est le gouvernement, dont les forces de sécurités sont tuées, enlevées, égorgées, lynchées, qui est derrière ces attentats ? Outre les nombreuses victimes, ces attentats -qui visent toujours les forces de sécurité, des bâtiments des services spéciaux syriens ou de la gendarmerie- causent de grands dégâts matériels, rendant la tâche du gouvernement encore plus difficile.

    Silvia Cattori : Votre gouvernement n’est-il pas en mesure d’empêcher ces attentats ?

    Réponse : Ces attentats sont imprévisibles. Ceux qui les préparent se dissimulent dans la population. Il y a de nombreux mercenaires étrangers fanatiques ; ils viennent de Libye, de Jordanie, du Liban. La télévision syrienne a diffusé les confessions de 26 hommes – la plupart Tunisiens et Libyens – affiliés à Al-Qaïda. Cela explique tout. L’ambassadeur syrien auprès de l’ONU, Bachar Jaafari, a indiqué que douze étrangers figuraient parmi des combattants tués. Dont un Français, un Britannique, un Belge. Des forces étrangères à notre pays essayent de semer entre nous des haines confessionnelles. Cela nous ne pouvons pas le tolérer. Nous avons voté tous ensemble pour élire le Parlement. Nous sommes unis et attachés à notre gouvernement. Pourquoi, à l’extérieur, ne veut-on pas le voir ?

    Silvia Cattori : Les habitants de Homs qui avaient fuit sont-ils revenus ? Sont-ils aujourd’hui en sécurité ?

    Réponse : Oui et non. Si, à Baba Amr, il n’y a plus de bandes armées, dans certains quartiers de Homs les gangs continuent de tirer sur les forces de sécurité qui veulent défendre les habitants. Les chrétiens, les alaouites et nombre de musulmans sunnites ont fui en masse depuis l’an passé sans rien emporter. Quand ils reviennent, ils trouvent leurs maisons détruites ou occupées par les familles de sunnites proches des gangs. Mon fils, qui a quitté Homs il y a un an, est retourné l’autre jour voir sa maison dans le quartier de Baba Seeba. Il n’a pas vu de policiers dans les rues mais il a appris que les tueurs sont toujours là ; ils tirent toute la nuit. Depuis un mois, des centaines d’hommes, jeunes pour la plupart, parfois accompagnés de leurs familles, se rendent aux autorités. Dans un village sunnite à 13 kilomètres de Homs, quatre officiers déserteurs qui avaient collaboré avec les mercenaires de Baba Amr, se sont rendus quand le gouvernement a déclaré que les déserteurs ne seraient pas punis s’ils rendaient leurs armes. Au bout de quatre jours au maximum, ils sont libérés.

    Silvia Cattori : Ceux qui commettent ces atrocités n’en sont pas moins considérés par nos médias comme étant les bons « combattants de l’Armée syrienne libre » [3] !

    Réponse : Il n’y a pas d’« Armée syrienne libre » (ASL). Il n’existe pas en Syrie quelque chose que l’on peut qualifier d’« armée de libération ». C’est une invention pour désigner des groupes, financés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, rejoints par quelques déserteurs dont les chefs sont basés en Turquie. Comme preuve que l’ASL n’est nullement une armée d’honnêtes syriens qui veulent « libérer notre pays » mais des mercenaires, voici encore un exemple. L’autre jour, à Qusseir, Abdel Ghani Jawhar, un islamiste Libanais expert en explosif, [chef du groupuscule djihadiste Fatah Al-Islam] qui a rejoint la pseudo « armée de libération », a été tué en maniant la bombe qui devait être lancée contre nos forces de sécurité.

    Nous ne sommes à l’abri d’aucune vilaine surprise. Avant-hier (9 mai), j’ai vu un convoi de la Croix Rouge au barrage à la sortie de notre village. Je connais les policiers, j’ai un petit fils que j’accompagne à l’école, et qui aime les saluer. J’ai discuté avec eux et demandé aux conducteurs du convoi s’ils avaient besoin que je serve de traducteur. C’est ainsi que j’ai été heureux d’apprendre que ce convoi – quatre cars jeeps, deux doubles tracs, et un trac ordinaire – allait livrer des vivres à la population de Qusseir. Aujourd’hui, j’ai été très surpris d’apprendre par une personne venue de Qusseir, que le convoi de la Croix Rouge était allé livrer sa cargaison directement là où il y a ces bandes qui tournent leurs armes contre nous. En apprenant que la Croix Rouge est allée apporter les vivres à ces bandes de tueurs qui enlèvent, torturent, égorgent, j’étais très fâché. Des atrocités difficiles à imaginer sont commises. Nos terres sont en friche à cause d’eux.

    Depuis une année les villageois n’osent plus aller les cultiver car ils ont peur des mercenaires qui se cachent dans leurs vergers pour se déplacer et transporter des armes. À cause de cela et des sanctions internationales contre notre pays, les prix ont triplé. Un kilo de tomates qui coûtait auparavant 15 livres en coûte aujourd’hui 80 [6 livres = 1 dollar US]. Au village, chacun cultive maintenant des tomates, des laitues, des aubergines dans son petit jardin. Les jeunes ne veulent plus aller travailler la terre. Ils peuvent toucher chaque jour 500, 800, 1’000 livres pour aller tuer des policiers. Un homme de Qusseir, qui s’est rendu l’autre jour aux autorités, a avoué avoir touché 150’000 livres pour avoir enlevé et égorgé six soldats. Des soldats ont dit avoir reçu jusqu’à 180‘000 livres pour avoir déserté, ce qui est une fortune ici en Syrie.

    Silvia Cattori : Vous parlez bien du CICR ?

    Réponse : Oui Madame. Je parle du CICR, de la Croix rouge internationale de Genève. Le convoi du CICR est allé à Qusseir apporter de l’aide à ceux qui dirigent leurs armes contre nos forces de sécurité, qui ont massacré de nombreuses familles et contraint beaucoup de gens à fuir ! Pour cette raison Madame, nous Syriens, nous sommes devenus méfiants et avons souvent exprimé notre crainte à l’égard des organisations humanitaires qui demandent à venir chez nous. Nous avons constaté qu’une fois ici, leur personnel prend le parti de nos adversaires, font des rapports mensongers, renforçant la propagande des pays qui veulent détruire notre pays.

    Silvia Cattori : Votre armée a perdu des milliers d’hommes. Va-t-elle pouvoir résister ?

    Réponse : Notre armée restera très forte. Elle ne s’immisce pas dans les affaires politiques. Elle accomplit son devoir de sauvegarder nos frontières, défendre notre pays. Elle vient en aide aux forces de police quand il le faut. Elle entoure Homs et, si c’est nécessaire, elle intervient pour combattre les mercenaires, comme elle l’a fait à Baba Amr.

    Silvia Cattori : Lors de notre dernière conversation, vous étiez optimiste. Après tout ce qui vient de frapper la Syrie, l’êtes-vous encore ?

    Réponse : Je serai toujours optimiste : je ne changerais pas, même s’ils venaient détruire ma maison. Je suis confiant comme tous les Syriens. La Syrie est très belle en ce moment. La Syrie et ses amandiers sont en fleurs. S’il n’y avait pas eu ces bandes, étrangères à la Syrie, qui agissent en-dehors de la loi, nous vivrions ici comme avant, en paix. Nous avons toujours vécu ensemble comme des frères. Nous ne savions pas si celui-ci était chrétien, celui-là alaouite ou sunnite. Savez-vous qu’un prêtre a récité la prière de l’islam ; et qu’un imam a récité le « Notre père » ? Nous sommes très unis. Ni la France, ni les États-Unis, ni l’Arabie Saoudite -qui est depuis sa création le diable des pays arabes- ni l’Émir du Qatar, qui après avoir assassiné son père veut être le leader de tous les Arabes, ne parviendront à réaliser leurs sinistres projets.

    Les gens honnêtes savent que la Syrie a raison. Et à tout ce monde qui nous est hostile nous disons : ne la blessez pas. Laissez-nous vivre dans la dignité.

    Propos recueillis le 11 mai 2012.

    Le Syrien cultivé et posé qui s’exprime ici est âgé de 75 ans. Il vit dans la province de Homs. Pour des raisons évidente nous ne livrons pas son nom.

    URL de cet article :
    http://www.silviacattori.net/article3224.html

    Silvia Cattori

    (*) Voir les précédents témoignages que nous avons recueillis :
    http://www.silviacattori.net/article3094.html
    http://www.silviacattori.net/article3018.html
    http://www.silviacattori.net/article3000.html
    http://www.silviacattori.net/article2966.html
    http://www.silviacattori.net/article2787.html

    [1] Valérie Crova, journaliste de Radio France commente : « Il nous faut sortir de Damas (…) pour rencontrer un Syrien qui ne croit pas à la version donnée par le régime ». Comprenez, pour trouver la personne qui dirait à l’envoyée spéciale ce que ses supérieurs du groupe de Radio France veulent entendre : « C’est la sécurité et le président qui sont derrière ces attentats »

    [2] Invitée sur le plateau de la télévision suisse romande, TSR, le 10 mai 2012, à la question orientée du journaliste Darius Rochebin au sujet du double attentat de Damas « Il y a plusieurs hypothèses, islamistes manipulés et infiltrés par le pouvoir … », Randa Kassis, membre du conseil national syrien, a répondu que cet attentat « profite au régime » question de dire que c’est lui qui est derrière.

    [3] L’ASL a le soutien financier et logistique de l’Arabie saoudite et du Qatar, le soutien politique de puissances membres de l’OTAN. Selon le Canard enchaîné du 23 novembre 2011, des membres du Service action de la DGSE et le Commandement des opérations spéciales ont été envoyés au Liban et en Turquie avec « pour mission de constituer les premiers contingents de l’Armée syrienne libre » et de former les déserteurs syriens à la guérilla urbaine. Deux rebelles libyens associés aux forces de l’OTAN en Libye, Abdelhakim Belhadj et Mahdi al-Harati, ont été photographiés avec les rebelles en Syrie.
    http://www.silviacattori.net/article2537.html

    Silvia Cattori est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de Silvia Cattori publiés par Mondialisation.ca
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30878

  7. Etudiant dit :

    http://www.lorientlejour.com/category/Derni%C3%A8res+Infos/article/759443/Zawahiri_appelle_les_Saoudiens_a_se_revolter_contre_le_regime.html

    ca fera plaisir à beaucoup de monde.
    A croire que le régime syrien et al qaida ont les mêmes ennemis

    • Louis Denghien dit :

      Ben Laden, lui même séoudien d’origine s’est montré un adversaire résolu de la dynastie régnante. Le fait qu’Al Qaïda veuille renverser les Séoud – et combattre les Américain et les Israéliens – n’en fait certes pas un ami du baasisme et de Bachar. Sauf à considérer que si les Américains ont été attaqués par al-Qaïda c’est qu’ils étaient des amis de Bachar. Lumineux n’est-ce pas, Étudiant?

      • sowhat dit :

        « Le fait qu’Al Qaïda veuille renverser les Séoud »

        ou plutôt c’est-ce que les Séoud lui font dire car Al Qaida est leur création. Les Séoud, pour des raisons qu’on peut comprendre, ont inventé Al Qaida pour que celle-ci leur serve d’ennemi aux yeux du monde et qu’ils peuvent même charger de temps en temps d’organiser des simulacres d’attentats (avec néanmoins morts et blessés mais là-bas on ne regarde pas à ce genre de « dépense ») sur le territoire séoudien , manière de dire voyez nous aussi nous sommes victimes du terrorisme comme vous les occidentaux et nous combattons Al Qaida etc…

        Par conséquent, il n’y a pas de contradiction dans les positions d’Al Qaida en revanche il y a un amalgame (comme d’habitude) dans le commentaire de l’Etudiant. Mais je crois que l’explication qui précède suffit à le démonter.

      • Etudiant dit :

        Oui, mais bon, je pratiquais l’ironie.

    • ريا.خالدة-Syrie.Eternelle dit :

      L’OrientLeJour,
      Même les journaux israéliens sont moins sionistes.