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Sans prendre nos désirs pour des réalités, il parait évident que la banquise du conformisme politico-médiatique sur la Syrie commence quand même à fondre, sou l'ardent soleil des réalités de terrain. Le Monde - département "Idées" - publie ce 8 juin un article de Pierre Guerlain, enseignant à l'université de Paris-Ouest Nanterre. Guerlain rend compte d'un article publié la veille dans la prestigieuse revue américaine New York Review of Books. Intitulé "Syria : the Citadel and the War", et signé [...]



Médias français : ça commence à lâcher (un peu) de lest

Par Louis Denghien,



BHL, des amis sionistes et quelques figurant libyens au festival de Cannes : au fond, dans son malheur, la Syrie souveraine a quand même la chance de compter comme ennemi un énergumène de cette qualité !

Sans prendre nos désirs pour des réalités, il parait évident que la banquise du conformisme politico-médiatique sur la Syrie commence quand même à fondre, sou l’ardent soleil des réalités de terrain. Le Monde – département « Idées » – publie ce 8 juin un article de Pierre Guerlain, enseignant à l’université de Paris-Ouest Nanterre. Guerlain rend compte d’un article publié la veille dans la prestigieuse revue américaine New York Review of Books. Intitulé « Syria : the Citadel and the War« , et signé de Charles Glass, l’article rappelle utilement à ses intellos et bobos de lecteurs que la situation syrienne est infiniment plus complexe que ne le leur fait croire Hillary Clinton : pour ce faire, Glass a été interroger des Syriens issus de toutes les couches et de toutes les communautés du pays. Guerlain extrait de ses interviews cette phrase d’un chrétien syrien, ô combien significative et qui du reste conclut l’article de Glass : « Je conchie cette révolution, car elle me précipite dans les bras du régime !« 

Les belles histoires de l’oncle Bernard-Henri

Philosophe, Grand Témoin , people, fauteur de guerre, BHL a certes plus d'une corde à son arc : le voici en montreur de marionnettes islamistes, à Cannes !

À la suite de quoi, Pierre Guerlain entre dans le vif du sujet, et dans le lard de Bernard-Henri Lévy (de façon universitaire et argumentée). Il dit qu’il n’y a qu’un récit sur la Syrie « qui fait recette dans les médias : celui vendu par BHL« . Ce récit, Guerlain le résume ironiquement en une phase : « Il y a un tueur, il fait des victimes, et une opposition courageuse qu’il faut aider financièrement, humanitairement et militairement« . Notre universitaire, qui, comme nombre de ses pairs est anti-Bachar, concède aux lecteurs du Monde que ce récit est basé sur une vérité – « le régime est meurtrier« . Mais c’est pour ajouter aussitôt qu’il est « incomplet » et ne s »interroge pas sur les conséquences dune intervention de l’OTAN ou de l’ONU en Syrie. Et Guerlain citant le cas récent de la Libye (exemplaire pour BHL) et ceux plus anciens de l’Irak, de l’Afghanistan et du Vietnam, écrit que toutes ces expéditions militaires « entreprises pour de soi-disant nobles causes démocratiques se sont révélées être des désastres humanitaires avant que d’être des défaits politiques ».

Pierre Guerlain insiste à dessein sur le cas libyen, dont Sarkozy, sinon Juppé, avait tenté de faire un argument de campagne présidentielle, avec le succès qu’on sait : « La Libye (post-Kadhafi), rappelle-t-il aux lecteurs du Monde, est la proie de rivalités ethniques, d’exactions et de tueries encouragée par l’intervention franco-otanienne« . « Avant d’intervenir, il faut penser le coup d’après » résume Guerlain : mais ce n’était ni dans les capacités d’un Sarkozy, ni dans les intentions d’un BHL.

Ceci posé, Pierre Guerlain revient à la Syrie. Pour dire que les groupes proches d’al-Qaïda sont présents sur place « et indirectement soutenus par l’Occident ». Que les Arméniens par exemple, « dont on cherche la bienveillance par un loi mémorielle en France, craignent pour leur sécurité dans une Syrie où l’ASL, armée par l’Arabie séoudite, arriverait au pouvoir« .  Il remarque plus généralement que les chrétiens de Syrie « font les frais de ce storytelling simpliste » à la BHL.

Guerlain dénonce la « simplification manichéenne » qui « prépare les opinions à la guerre pour des raisons surtout géopolitiques qui n’ont que peu à voir avec la protection humanitaire« . Sauf que cette « simplification manichéenne » continue de remplir le colonnes du Monde, mais passons.

Face à l’emballement, passé et actuel – des dirigeants français sur la Syrie, Guerlain vante la prudence et la sagesse allemande sur le dossier syrien, qui l’ont conduit à contredire Hollande et à approuver en partie Poutine – là, il risque vraiment de se faire décerner le titre infamant de « munichois » par l’irascible Lévy !

Notre universitaire proteste de son opposition au « dictatueur » Bachar, mais il répète qu’il y a « de gros risques à armer des salafistes ou à intervenir comme l’OTAN piloté par BHL-Sarkozy l’a fait en Libye« . Alors que « derrière le discours humanitaire se cache la raison géopolitique majeure : l’hostilité à l’Iran« .

Trois jours plus tôt, dans cet autre organe de la pensée dominante bourgeoise-de-gauche française qu’est le Nouvel Observateur, Maxime Pinard, chercheur à l’Institut de Relations internationales et stratégiques (IRIS) fait le point de la situation. Son diagnostic ? Impasse. Et neutralisation d’un camp par l’autre, que ce soit en Syrie même ou à l’échelle mondiale avec l’affrontement des blocs euro-américain et sino-russe. Mais assez vite, Pinard s’en prend, lui aussi, à BHL et à sa « lettre ouverte » du Point adressée à François Hollande et l’incitant à appliquer à la Syrie le sort de la Libye. Or, s’insurge Maxime Pinard, non seulement la Libye n’est pas, politiquement, religieusement, militairement la Syrie, mais encore, insiste-t-il, « il faudrait enfin s’interroger sur le prétendu « succès »de l’intervention en Libye » : il a fallu sept mois pour venir à bout de Kadhafi et de ses fidèles, et ni l’économie ni les droits individuels ne sont assurés par le nouveau régime.

Revenant à la Syrie, le chercheur comme tout le monde s’interroge sur l’avenir du plan Annan. Et aussi sur celui de la crise syrienne : « En dépit de désertions continues, note-t-il, l’armée de Bachar al-Assad demeure forte et efficace, tandis que la rébellion ne faiblit pas ». Alors que faire ? Eh bien ose écrire Maxime Pinard, transgressant un tabou qui le met en danger d’excommunication majeure par le grand-prêtre sioniste germanopratin, « seule une véritable reprise du dialogue par le président al-Assad avec les forces d’opposition, moyennant des contreparties pour sa sortie, pourrait mettre un terme à cette impasse« . Certes, Pinard se trompe doublement sur le coup : Bachar al-Assad se sent assez renforcé et suffisamment légitime pour n’envisager son départ sous quelques conditions que ce soit, et le CNS n’a aucune intention de négocier, même dans cette perspective, avec le président syrien. Mais néanmoins le chercheur tient à marquer à sa façon sa condamnation de la ligne « tout OTAN » que BHL prétend imposer aujourd’hui à Hollande comme hier à Sarkozy.

Révolte citoyenne anti-BHL ?

Une fois de plus ce que dit le professeur de Nanterre ne nous apprend rien sur la réalité syrienne. Mais ces articles – publiés par des médias « stratégiques » comme Le Monde ou le Nouvel Obs – indiquent que dans les milieux un tant soit peu éclairés, un vent de révolte, encore discret et policé, commence à se lever (il n’est que de se promener sur les forums des sites mainstream aussi bien qu’alternatifs pour le constater) face à l’impunité et l’influence également incroyables dont jouit dans le paysage médiatique franco-européen un histrion comme Lévy. Indignation aussi contre l’arrogance d’un homme qui se vante d’avoir imposé à Sarkozy en un coup de fil une guerre dévastatrice  et qui assiège actuellement le malheureux Hollande pur qu’il lui accorde sa guerre en Syrie. Ce faisant, et quoi qu’en disent un Guerlain ou un, c’est aussi, ipso facto, le procès de l’influence sioniste démesurée dans les cercles dirigeants français de gauche, de droite et du centre qui est instruit, influence dont BHL n’est que l’expression outrée  – caricaturale même – mais néanmoins agissante. Les présidents passent, la gauche et la droite « alternent », BHL reste pour imposer aux hôtes de l’Élysée sa ligne folle de surenchère pro-israélienne, qui doit embarrasser pas mal de juifs français et d’Israéliens.

Il y a aujourd’hui une prise de conscience, ou plutôt l’expression ouverte d’une prise de conscience déjà ancienne, sur la malfaisance d’un personnage et de la clique belliciste et arrogante l’entourant : la crise syrienne qui pourrait marquer le déclin de l’Occident « impérial », pourrait aussi provoquer la chute, ou la décrépitude, de la maison Lévy.

 

BHL en costume et en Libye : "Ca ose tous les cons, c'est même à ça qu'on les reconnait !" (Michel Audiard)



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35 commentaires à “Médias français : ça commence à lâcher (un peu) de lest”

  1. Charles dit :

    Ni vent de révolte ni prise de conscience : c’est la défaite qui provoque l’inquiétude et la division dans le camp occidental. Elle conduit les plumitifs à charger le plus en vue d’entre eux, comme elle amène les serviteurs Ban et Annan à exprimer leur inquiétude. Mais qu’est-ce qui peut inquiéter ces gens-là sinon la défaite ? C’est quand même pas les enfants égorgés qui peuvent les émouvoir !

  2. balpiz dit :

    « ça ose tout les cons »

    Le problème, c’est que lui n’ose rien. Il est au naturel.
    Le fou qui se prend pour Napoléon, lui aussi, n’ose rien. Il est Napoléon.
    Mais lui on l’enferme. C’est plus prudent.

  3. Kali dit :

    Aaaah bhl le richissime philosophe qui rêve de guerres propres et du grand Israël … Je comprendrai jamais comment la france peut se laisser berner par ce genre d’escrocs.

    Enfin bon, nos élites ont préféré troquer notre identité contre les idées d’Israël et le pognon du Quatar.

    Ps : Si vous pouviez tailler un costard au mystérieux Ignace Leverier dans l’un de vos prochains articles…ce type mérite depuis longtemps votre attention et votre excellente plume.

    Merci pour le travail de vérité que vous faites, quel que soit votre financement. Cela permet à moi et de nombreux proches qu’il y a encore des indivudualités se battant contre la pensée unique et la propagande de guerre.

    • malja dit :

      Ce n’est pas Ignace Leverrier mais Wladimir Glasman ex diplomate a l’ambassade de France a Damas de 2001 a 2008 (bizarre en même temps que le suicide de Kanaan qu’ils avaient retourné. Sans doute une grande défaite personnelle pour lui ce qui explique sa haine pour ce pays et son président) et que j’appelle Ignare Lemerdier car c’est le seul nom qu’il mérite.

      Personnellement je m’en suis occupé depuis le début de son blog ce qui m’a valu d’être traité de mourabarat, d’espion de Bashar et même de Thierry Meyssan alors que celui ci était a Tripoli sous les bombes de l’OTAN.

      Mais depuis quelques temps je préferre le mépriser car il a été renvoyé dans les blogs des invités du Monde donc + ou – invisible

  4. fatima dit :

    Un article à lire …Avant même de l’application du plan Anane, les occidentaux et les golfistes ont déclaré que ce plan voue à l’echec !! .
    Donc, dès le départ n’ont pas cessé d’appliquer succéssivement des plans qui mènent à la destruction de la Syrie. C’est leur but.
    Accepter le plan Anan est une grande erreur commise par le gouvernement syrien. Il était sur le point de détruire les gangs armés quand ce plan à surgit !! . La présence des observateurs a empiré la situation ! au lieu de la calmer ? !
    Maintenant, comment va agir le gouvernement syrien ? est-ce qu’il est capable toute seule de combattre « cette guerre mondial contre elle « ?
    La Syrie doit exporté la révolution vers les golfistes !! elle en est capable !!
    L’opposition qui avait encore des supporters, ont tourné leurs dos à celle-ci !! C’est bien évident, une opposition qui appelle à l’intervention militaire étrangère, qui compte sur la force des autres est indigne de respect..
    A l’enfer une telle opposition criminels et assassins..Vous allez regretter ce que vous avez semé dans notre pays, le peuple syrien n’oubliera jamais votre trahison..Allah est Grand, « il laisse mais il ne délaisse plus »

    الأخبار: سورية تودّع أنان ..استعدادات لمواجهة دامية. »

    . Un article de 08/06/2012 sur les site d’arabi press. وكالات – عربي برس
    بينما يغسل مجلس الأمن يديه من مبادرة المبعوث الخاص كوفي

    أنان، تشهد سوريا وحدودها مع لبنان وتركيا استعدادات غير مسبوقة، تشارك فيها
    عواصم إقليمية ودولية، وسط استنفار استخباري غير مسبوق يمهّد لجولة من المواجهات على الأراضي السورية قد تمثّل مفصلاً حاسماً في وجهة الأزمة

    تؤكّد مصادر موثوقة أن الأزمة في السورية في طريقها إلى وجهة من التصعيد، وأن الانقسام الدولي بشأن الموقف من الأزمة السورية انتهى إلى تشدد الفريقين، وأن كل الرسائل الدبلوماسية والمبادرات التي ترمى في الهواء هدفها إعلان كل طرف أنه غير مسؤول عن الفشل في التوصل إلى حل للأزمة، بينما يشعر المحور الذي تقوده الولايات المتحدة وأوروبا وتركيا ودول الخليج العربي أن المرحلة تتطلب تعديل الواقع الميداني على الأرض. وعلى هذا الأساس تقررت مجموعة خطوات عملانية، أبرزها العمل على دفع قوى المعارضة السورية في الخارج إلى إعلان الانتقال إلى مرحلة «الثورة المسلحة» والشروع في خطوات نوعية على صعيد تسليح المجموعات المعارضة وتوحيدها بالقدر الممكن.

    وتذكر المصادر أن المعلومات والتقارير الواردة من عواصم عدة تشير إلى أن المحادثات الجارية بين المحافل الدبلوماسية لا علاقة لها بما يجري على الأرض من استعدادات عملانية، ومن أهمها إدخال أسلحة نوعية إلى المجموعات المعارضة تستهدف توجيه ضربات إلى فرق المدرعات في الجيش السوري، وإلى الطائرات المروحية، إضافة إلى مدفعية ثقيلة مهمتها مواجهة تجمعات وثكن للجيش السوري، إلى جانب تدريب مجموعات كبيرة على القيام بعمليات على طريقة حرب العصابات تستهدف السيطرة على مناطق على طول الشريط الحدودي مع لبنان وتركيا، وخلق مناطق «محررة» بالقرب من المدن الرئيسية، ولا سيما في ريفي دمشق وحلب.
    وتشير المصادر إلى أن أجهزة استخبارات عسكرية من الولايات المتحدة وفرنسا وبريطانيا، إضافة إلى الجانبين التركي والسعودي، تنشط على الأرض. وقد جرى توفير عملية انتقال آلاف المقاتلين إلى مناطق مرشحة لأن تكون جبهات عسكرية. وتلفت المصادر إلى أنه جرى تهريب كميات كبيرة جداً من المتفجرات إلى داخل الأراضي السورية بغية الإعداد لعمليات تخريب تطال مراكز حساسة تخص الدولة والمؤسسات العسكرية والأمنية والإدارية التابعة للدولة.
    في موازاة ذلك، تؤكد مصادر عربية أن الحسم هذه المرّة لن يكون حكراً على قوات النظام، فقوات المعارضة السورية المسلّحة «تمتلك من الأسلحة ما يُعطيها قدرة المواجهة. ليس هذا فحسب، بل والحسم في مناطق محددة». وتكشف هذه المصادر أن «سوريا ستشتعل»، لافتة إلى أن حمأة المعارك لن تقتصر على سوريا فقط، بل ستطال شظاياها الشمال اللبناني. وتتقاطع هذه المعطيات مع معلومات أسرّتها جهات في المعارضة السورية لـ«الأخبار» تشير إلى أنه عند توقيت الساعة الصفر، ستُنفّذ في الوقت نفسه هجمات وتفجيرات في مختلف المحافظات السورية. ورغم انعدام الرؤية الموحدة وانقسام المجموعات المعارضة التي يؤكد معظمها أن مواجهة النظام بالسلاح الموجود بين أيديها يُعدّ ضرباً من الجنون، وسينتهي بمقتل المئات وحتى الآلاف، تتحدث مجموعات إسلامية أخرى عن حصولها على سلاح نوعي قد يدخل في إطار ما يُعرف بالسلاح الكاسر للتوازن. أما في ما يتعلّق بلبنان، فتقدّر هذه الجهات أن النظام ينظر إلى المناطق اللبنانية الحاضنة لـ«الثورة» السورية على أنها شريان حيوي يُغذي ويموّل المقاتلين. كذلك يكاد يجزم مقاتلو المعارضة السورية بأن قوات النظام ستدكّ بعض البلدات اللبنانية لتقطع خط الإمدادات عن هذه المجموعات بعد محاصرتها.
    كيف ستردّ دمشق؟
    تكشف المصادر أن القيادة السورية تدرس على نحو مكثّف خلال الأسبوعين الماضيين الوضع، وقد جرت مناقشات مع عواصم عالمية، ولا سيما منها موسكو وبكين لأجل التوضيح أن المجموعات المسلحة، كما العواصم الداعمة لها، استغلت فترة عمل المراقبين الدوليين وجولات الموفد الأممي كوفي أنان، وتراجع العمليات العسكرية والأمنية للقوى النظامية، لإعادة تنظيم الصفوف وحشد المزيد من القوات، وخلق مساحات جديدة من الفوضى. وقالت المصادر إن القيادة السورية تعتبر نفسها التزمت إلى الحد الأقصى بالمطالب الروسية والدولية لوقف العلميات العسكرية. ولكن النتيجة جاءت معاكسة، وأن الجيش السوري وقوى النظام خسرت خلال هذه الفترة المئات من العناصر، وأن غالبية ساحقة من القتلى كانت بين العسكريين وبين المدنيين الموالين للنظام.
    وحسب المصادر، فإن حالة من الاستنفار الإضافي تعيشها القيادات العسكرية والأمنية السورية، بما يوحي بالاستعداد لمواجهة عسكرية من نوع مختلف. وتقوم على قاعدة أن قرار القيادة السورية حاسم لجهة منع المعارضين من السيطرة على أي بقعة مستقلة من الأرض السورية، وخصوصاً تلك المتاخمة للحدود مع لبنان وتركيا والأردن، وأن الإجراءات التي تجري على الحدود العراقية لم تأت بنتائج كاملة حتى الآن، ما يوجب على الجيش السوري الاستعداد لعمليات قد تكون أكثر قساوة من تلك التي شهدتها مناطق في حمص قبل عدة أسابيع.
    وتتوقع المصادر أن تقرر القيادة السورية سريعاً ما إذا كانت ستبادر إلى عملية هجومية استباقية تحبط مساعي معارضيها وخصومها في الخارج، أم هناك آليات أخرى للعمل. لكن المصادر تلفت إلى أن الرئيس السوري بشار الأسد تقصّد في خطابه أمام مجلس الشعب الجديد التشديد على الفصل بين العملية السياسية الداخلية وبين مواجهة المجموعات المسلحة، وأنه أراد توجيه رسالة إلى الداخل وإلى الخارج مفادها أن دمشق لن تنتظر طويلاً قبل أن تبادر من جديد إلى القيام بكل ما يلزم من عمل عسكري وأمني لتحقيق هدفها بضرب خصومها المسلحين.
    وتقول المصادر إن من بين الأسباب التي تعجل في هذه الأمور، نجاح خصوم سوريا في لبنان، وبدعم مباشر من جانب دول خليجية ودولية، في السيطرة على مناطق حساسة من شمال لبنان، بالتزامن مع قرار السلطات التركية إفساح المجال أكثر لمجموعات المعارضة المسلحة بالعمل على طول الحدود مع سوريا، إضافة إلى ما تجمّع مع معطيات استخبارية لدى الجانب السوري عن الاستعدادات التي تقوم بها الجهات المعادية لها داخل سوريا وخارجها.

    • kegan dit :

      Eh oui; c’est pas simple de faire la guerre aux plus grandes puissances du monde (mailleures armes, meilleurs services secrets,argent à volonté); les russes et encore plus les chinois, marchent sur des oeufs; il portent leu plan Annan « comme un enfant de choeur porte un saint sacrement »et niania dialogue et nia nia solution politique .. Alors que les menaces et les agressions pleuvent sur nos têtes..
      Je ne vous dis pas ce qu’auraient fait les USA si le dixième du dixième s’abattait sur Israel !!

  5. Nasser dit :

    Tout à fait en accord avec vous Fatima…
    Je pense aussi que le fait d’accepter le plan Annan était une erreur, car cela a permis à ces criminels de s’installer et de proliférer.
    Bachar a ainsi manqué l’occasion d’éradiquer totalement ce cancer.
    Mais soyons réalistes, Bachar avait besoin du soutien de la Russie et de la chine, et ce sont eux qui ont exercé une pression sur lui pour accepter ce plan.
    A mon avis, Bachar n’avait rien à prouver à quiconque ni à faire plaisir à ses propres amis… Il fallait simplement rejeter ce plan…. Mais il est trop tard.
    Encore une fois… De mon point de vue, il n’y aura pas de sortie pacifique de cette crise… S’il faut passer par une guerre… Alors soit… Contre cette « guerre mondiale contre la Syrie » (je reprends votre terme que je trouve excellent), contre cette guerre il n’y a que la lutte armée… Les syriens savent se défendre et peuvent se montrer héroïques quand il le faut.

    • Algérien de Montréal dit :

      Mon cher Nasser,

      Comme je voudrais adhérer à vos idées mais hélas non … Je ne pense pas que M.Bachar a eu tort d’accepter le plan Annan. Au contraire, si la mauvaise foi n’est pas de de mise, il voulait à mon avis ( je ne suis pas dans les secrets des Dieux et au delà des pressions des Russes et Chinois)juste prouver au monde que c’est l’opposition, armée ou pas, qui est contre des pourparlers directs … Concernant la guerre, je suis aussi
      malheureusement dans l’obligation de vous contredire, ce n’est plus de guerre qu’il s’agit avec des héros, etc ( si c’était le cas, je serais le premier a conseiller mes frères Syriens d’y aller..) mais juste de la destruction d’un pays à travers des milliers de kilomètres .. Que Dieu préserve la Syrie d’une telle issue … Je reste optimiste car je ne vois pas la Russie ou la Chine après l’épisode Libyen donner suite à une aventure pareille … Qu’Allah ( Dieu ou le nom qu’on voudrait bien lui donner) sauve la Syrie et Les Syriens des Taroutes Salafistes-Wahabites .. Amine

  6. lafleuriel dit :

    non seulement lui est comme d’habitude un  » pauvre c… qui est encore plus ridicule c’est de le voir avec ces deux neuneux ET dir quils se sont quand m^me fait photographies à Cannes ! non mais quand on pense que Fabius se verrait bien comme son copain BHL. Il faut dire qu’il y avait une brillante brochette avant l’affaire du Carlton en plus sionistes DSK, BHL, Fabius, Moscovici et les autres. Tous copains et qui s’y croyaient. C’est bien cette photo finalement on peut la mettre dans les médias Ils comprendront où ils en sont !

  7. BWANE dit :

    Un article d’Hicham Hamza
    Bernard-Henri Lévy : « Je suis le représentant de la tribu d’Israël »
    Double allégeance. Réalisateur d’un film consacré à son engagement dans le conflit libyen, Bernard-Henri Lévy a toujours affirmé que son combat s’inscrivait dans une démarche universaliste en faveur des droits de l’homme. Oumma a exhumé des documents suggérant le contraire.
    http://www.silviacattori.net/article3293.html

    • BWANE dit :

      Remarque : lorsque Botul affirme que son « combat » s’inscrit dans une « démarche universaliste », je trouve qu’il a raison. Que l’on l’appelle impérialisme, mondialisme, néo-colonialisme, … il n’en reste pas moins un projet pseudo-occidental, qui de l’ancien testament à la merveilleuse démocratie américaine, travaille résolument à l’éradication de l’ancien monde afin d’instaurer une sorte de Disney land planétaire, paradis de la consommation polluée et du divertissement abêtissant. Dans ce cauchemar américain, où tous les salafistes seront démocrates, il sera dangereux de penser, et même d’aimer : « Elle est devenue ingouvernable cette « terre gâtée » où less nouvelles souffrances se déguisent sous le nom des anciens plaisirs ; et où les gens ont si peur. Ils tournent en rénd dans la nuit et ils sont consumés par le feu. Ils se réveillent effares , et ils cherchent en tâtonnant la vie. ».

      • BWANE dit :

        ERRATA
        la citation est remplie de fautes de frappe. Je rectifie en demandant l’indulgence :
        « Elle est devenue ingouvernable cette « terre gâtée » où les nouvelles souffrances se déguisent sous le nom des anciens plaisirs ; et où les gens ont si peur. Ils tournent en rond dans la nuit et ils sont consumés par le feu. Ils se réveillent effarés , et ils cherchent en tâtonnant la vie. ».

  8. NO PASARAN dit :

    Vos légendes photos sont magnifiques, rien à redire, Msieur Louis !!!

  9. Cécilia dit :

    Wahhabisme de l’Arabie et la terre qui ne tourne pas !

    « Pourtant, elle tourne ! »

    Le mufti de l’Arabie a lancé une fatwa qui interdit de dire que la terre tourne et celui qui ose de dire le contraire est considéré de kafer et ses biens seront saisis selon la moi islamique.

    Savez-vous combien d’années nous séparent de Galilée ?

    http://www.youtube.com/watch?v=MQ3riwCLufE&feature=player_embedded

    • Cécilia dit :

      Wahhabisme toujours

      Tuer celui qui dit que la terre tourne, mais aussi fatwa autorisant la femme d’allaiter ses collègues au travail pour éloigner tout contact physique avec les hommes interdit par l’islam selon ces fous.
      Cependant, que la femme donne son sein à son collègue du travail n’est qu’un simple geste très amical comme le dit ce humoristique :

      http://www.youtube.com/watch?v=nX6Lbn9dbEQ&feature=relmfu

      Une autre fatwa plus amusante encore concernant la chaise et la femme. Interdiction aux femmes de s’y assoir car le djinn couchera avec elle! Il faut donc, petites mademoiselles, dames, s’assoir par terre.

      http://www.youtube.com/watch?v=PnH1C7YvVsY&feature=relmfu

      • Cécilia dit :

        Et une concernant les chapeaux !

        Il ne faut pas mettre un chapeau avec bord car cela n’est pas une tradition musulmane, en plus, il empêche le soleil, donc, pas de casquette SVP ! ;)
        Cependant, ce cheikh oubli de nous dire que ni l’avion, ni le téléphone ou la télé ou la voiture et de milliards d’autres choses ne viennent pas de l’islam.

        Jolies images de chapeaux dans la vidéo, à rire sans modération :

        http://www.youtube.com/watch?v=v08KKJgR7Lo&feature=relmfu

  10. mécréante dit :

    média Britannique
    Comment de rebelles on essayer de faire assassiner Alex Thomson, journaliste correspondant de la chaine de Télé Channel 4, pour faire accuser la vrai armée syrienne

    http://www.guardian.co.uk/media/2012/jun/08/alex-thompson-syrian-rebels?newsfeed=true

    • Cécilia dit :

      Adorable mécréante, merci beaucoup!

      Je voulais le mettre dans la journée, mais prise par d’autres choses, je l’avais complétement oublié.

      Chacun porte sa contribution, c’est parfait !

  11. Mohamed Ouadi dit :

    Le champ médiatique arabe promet avec l’annonce du lancement de la nouvelle chaîne d’information Almayadeen, de Ghassan ben Jeddou, et une panoplie de journalistes de renom, dont le directeur de l’information Sami Kleib. Et d’autres noms connus pour avoir quitté dernièrement la chaîne Al Jazeera, et d’autres ayant acquis une grande expérience dans les grandes boites médiatiques.
    Ghassan ben Jeddou, et Sami Kleib donnent en ce moment une conférence de presse, devant un parterre de grands noms du journalisme et de l’analyse, libanais et arabes, et étrangers, dont entre autres Goerges Gallaway.
    « Le véritable printemps arabe a besoin d’un véritable printemps médiatique ».
    Le lancement sera le lundi 11 juin. Bonne chance et bienvenu à ce bébé tant attendu pour redonner la confiance dans l’information et la crédibilité médiatique dans ce tsunami de mensonges et de propagande et d’incitation à la discorde et à l’effusion du sang, et à l’extrémisme et à l’intolérance !

    • سوريا.خالدة-Syrie.Eternelle dit :

      C’est une nouvelle de très bonne augure.
      Bonne chance pour AlMayadine, ou Almayadeen.

  12. سوريا.خالدة-Syrie.Eternelle dit :

    Je recommande de lire Richard Labévière :

    1-Concernant BHL :

    http://www.agoravox.tv/actualites/medias/article/richard-labeviere-denonce-l-20762 « Touche pas à mon BHL

    « Rappelons que, parmi ses faits d’armes, Richard Labévière avait publié l’an dernier un livre intitulé Bernard-Henry Lévy ou La règle du je, dans lequel il démontait la « double imposture : philosophique et journalistique » que représente selon lui BHL.
    « Il s’agit de démonter, note son éditeur, les bouffonneries qu’il fait passer pour de la philosophie et du journalisme, avec l’aide des médias et de la grande édition qui sont les chiens de garde de l’idéologie la plus réactionnaire. » Labèvière présente BHL comme un « serviteur de l’empire américain et du libéralisme mondialisé, ego médiatique vide et surdimensionné ». De quoi s’attirer des ennuis… » »

    2-Concernant qataristan et Wahhabistan :

    http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/geopolitique/labeviere_crise_mali.htm

    « D’après lui, « Le complot » israélo-américain est mené avec le concours des riches monarchies du Golfe, à savoir l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui assurent les financements nécessaires au redéploiement des groupes terroristes Aqmi et Ansar Eddine. Ayad Ag Ghali, le chef de Ançar Eddine, a été formé à Djeddah, en Arabie saoudite, a souligné Labeviere. Les groupes d’intérêts de Wall Street, a-t-il dit, cherchent à promouvoir des démocraties « corrompues », quitte à pactiser avec les islamistes. Les enjeux sont « terribles », a-t-il soutenu, en citant les immenses gisements d’uranium et de pétrole non encore exploités, et dont regorge la région du Sahel. »

    BHL est intéressé par les mines d’uranium… pour au profit d’Israël et des Etats-Unis.
    La France, c’est son dernier souci !

    Sauf qu’il (BHL) aimerait qu’elle (la France)joue le rôle de supplétif d’Israël, c
    à l’instar des Etats-Unis qui le font depuis les deux guerres d’Irak.

  13. Algérien de Montréal dit :

    A mes amis Syriens,

    Je voudrais juste soulever un point concernant le sioniste BHL …
    Vous êtes et je m’excuses de le dire une courroie de plus à ses divagations..
    Tout ce que veut cet énergumène c’est d’être médiatisé à outrance et je ne
    souhaite pas que ce site devienne une tribune à ces éructations ..tous ses dires, toute sa  » philosophie » et je mets ça entre guillemets, c’est de provoquer pour être citer, reconnu ..etc .. Alors laissons le crever avec ses figurants Libyens, Syriens ou tout autres .. Il l’a dit et redit, il ne travaille que pour la grandeur d’Israël .. Alors qu’il aille se faire ….

  14. lafleuriel dit :

    Valero et BHL même combat !

  15. Souria dit :

    La sympatique ASL essait de tuer des journalistes anglais, ou plutot de les faire tuer, mais c’est « pour la bonne cause »…

    C’est le correspondant de Channel 4 qui le dit ici :

    « I’m quite clear the rebels deliberately set us up to be shot by the Syrian Army  »

    http://blogs.channel4.com/alex-thomsons-view/hostile-territory/1863

  16. vincent dit :

    « En dépit de désertions continues, note-t-il, l’armée de Bachar al-Assad demeure forte et efficace, tandis que la rébellion ne faiblit pas » nous dit PINARD dans son article du Nouvel obs !!?

    Je ne suis qu’un simple observateur des informations que je lis jour après jours dans ce site et j’ai une inquiétude pour la population syrienne:
    j’ai l’impression, hélas que le gouvernement n’arrive pas à circonscrire les attaques et les infiltrations des gang armés salafistes.

    Louis, quelle est votre impression sur le terrain des combats, le pouvoir maitrise-t-il un peu mieux ou de moins en moins la situation?
    D’autre part les moyens en armes et en tueurs s’accroissent-ils du côté des bandes armées?
    Les russes mettent-ils en place une aide (renseignements, conseils aux militaires) réelle à l’armée, ou bien la syrie assume-elle toute seule cette situation d’agression « de (pas si)basse intensité » ?

    Merci d’avance pour vos éléments de réponses.
    vincent

  17. Briouzga dit :

    Les lignes bougent aussi dans l’Humanité, quotidien communiste qui, il y a quelques mois avait publié un article infâme contre InfoSyrie.
    Il s’agit là d’un entretien qui ne manque pas d’intérêt et d’arguments des révoltes en cours dans les pays arabes, dont bien sûr en Syrie.

    http://www.humanite.fr/tribunes/georges-corm-%C2%ABl%E2%80%99instrumentalisation-du-religieux-poison-recurrent-du-moyen-orient%C2%BB-498175

  18. chb dit :

    Un article diffusé par l’Humanité semble prendre quelque distance aussi avec la chasse au dictateur :
    http://www.humanite.fr/tribunes/georges-corm-%C2%ABl%E2%80%99instrumentalisation-du-religieux-poison-recurrent-du-moyen-orient%C2%BB-498175
    Les communistes, qui avaient fortement dénoncé l’agression contre la Lybie, soutiennent depuis des mois, contre le « boucher de Damas », … l’impérialisme. Et voilà-t-y pas qu’ils infléchiraient l’analyse, maintenant qu’ils ont contribué à mettre en selle l’atlantiste Fabius. Va comprendre.

    • Djazaïri dit :

      Cet entretien paru dans l’Humanité a, à mon humble avis, une portée considérable.
      - portant le sceau « l’Humanité », il sera reçu de façon bienveillante par toute une partie de la gauche française,
      - aussi, il me semble qu’il s’agit de le diffuser massivement en France,
      - notamment en septembre à la fête de l’Humanité mais bien avant cela dans tous les regroupements du Front de Gauche et à l’extérieur.
      - à cet égard, il serait bon de l’envoyer par tous les canaux dont celui de la version papier.

  19. Djazaïri dit :

    En voilà une qui déverse chaque semaine sa bile contre la Syrie. LIRE:

    Caroline Fourest, les fours crématoires et la Syrie

    lundi 27 février 2012, par Alain Gresh in Le Monde Diplomatique.

    Le 25 février, dans sa chronique hebdomadaire du Monde, « Les yeux ouverts sur la Syrie », Caroline Fourest écrit : « D’après Al-Arabiya, des opposants au régime iranien affirment que leur gouvernement a fourni un four crématoire à son allié syrien. Installé dans la zone industrielle d’Alep, il tournerait à plein régime… Pour brûler les cadavres des opposants ? »

    On ne présente plus Caroline Fourest, porte-parole de l’islamophobie « de gauche », toujours soucieuse d’équilibre et de raison, surtout quand il s’agissait de justifier les dictatures égyptienne ou tunisienne. Depuis, elle est partie en guerre contre le président Moncef Marzouki et le gouvernement tunisien avec une hargne qu’elle n’a jamais eue contre la dictature de Ben Ali.

    Mais revenons à son « information » sur la Syrie. Un four crématoire ? Si, comme cela est évident, l’information est fausse (à supposer qu’il veuille en construire un, le gouvernement syrien a-t-il vraiment besoin de l’aide de Téhéran pour ce faire ?), elle pourra répliquer : mais j’ai pris mes précautions, j’ai cité une source. Le problème, c’est qu’un journaliste doit recouper ses sources et se demander pourquoi Al-Arabiya, chaîne inféodée à l’Arabie saoudite publie une telle « information ». Et qui est le groupe d’opposants iraniens ? Elle ne le dit pas. Est-ce que ce sont les Moudjahidin du peuple ? Constituent-ils une source crédible ?

    Un four crématoire fait évidemment penser au génocide nazi. En reprenant ces termes, Fourest sait qu’elle facilite l’équation : régime iranien = régime nazi, ce qui est le discours de tous ceux qui préparent une intervention militaire contre « le nouvel Hitler ».

    Ironiquement, dans la page d’à côté du quotidien est publié un billet de Michaël Szadkowski, « Syrie : la guerre des commentaires », repris, sous une autre forme, par le blog Rezonances, celui des médiateurs du Monde.fr

    Il dénonce, à juste titre, la propagande du régime syrien, dont l’outrance est patente. « Au Monde.fr, nous ne sommes pas dupes non plus, devant ce nouveau cas de remise en cause du travail traditionnel des journalistes. Les stratégies de communication du régime de Bachar Al-Assad sont élaborées au plus haut niveau et visent à discréditer l’opposition syrienne en faisant passer le plus largement possible le message : il s’agit de “bandes armées” terroristes ». Mais si cette propagande est outrancière, cela justifie-t-il toute action de l’opposition ? L’occultation de l’usage de la violence, y compris confessionnelle, par certaines de ses composantes ? La propagande de certaines forces d’opposition ?

    Et que pense le médiateur du Monde de cette « information » sur le four crématoire ? Et-ce une information « dégagée de toute idéologie » comme l’est, paraît-il, celle du monde.fr ?

  20. Djazaïri dit :

    Pas encore écouté l’audio mais l’introduction a l’air intéressant.
    Syrie, médias et mensonges

    mercredi 14 mars 2012, par Alain Gresh

    La Radio suisse romande a consacré son émission « Babylone » du mercredi 14 mars à « Syrie : ce qu’on en sait, et comment ? ». J’y ai participé aux côtés de Gaëtan Vannay, chef de la rubrique internationale de la RTS-Info (radio) et auteur de reportages en Syrie, Pierre Piccinin, historien, politologue, auteur de reportages en Syrie, et Nadia Boehlen, porte-parole d’Amnesty International section Suisse.

    On trouvera ci-dessous le podcast de l’émission qui me semble d’autant plus salutaire que nous vivons une époque de désinformation sur la Syrie, à laquelle la chaîne de télévision Al-Jazeera, qui fut pourtant pendant de longues années une chaîne excellente et professionnelle, participe activement (lire Ibrahim Al-Amine, « Al-Jazeera’s identity crisis », Al-Akhbar in English, 13 mars 2012).

    Ce qui m’a frappé dans cette émission, c’est la volonté de la Radio suisse romande de s’interroger sur le travail des journalistes en Syrie, volonté qu’on aimerait trouver chez nos confrères du service public français.

  21. Djazaïri dit :

    Un article pas mal du grand humaiste Georges CORM. Article qui mérite d’être repris à la UNE.

    le 8 Juin 2012 Journal l’Humanité des débats. L’entretien
    Georges CORM : «L’instrumentalisation du religieux, poison récurrent du Moyen-Orient»

    Les peuples acteurs du printemps arabe se trouvent maintenant confrontés à une contre-révolution dans laquelle s’investissent le triptyque Arabie saoudite-Qatar, États-Unis-
Union européenne et les mouvances islamistes. C’est ce qu’explique Georges Corm, spécialiste de la région. L’économiste et historien libanais revient aussi sur la complexe situation syrienne.

    Quel bilan tirez-vous de ce que l’on appelle les printemps arabes ?

    Georges Corm. Il s’est effectivement passé de grands événements depuis un an et demi. Ce que j’ai appelé révolte arabe, plutôt que révolution, s’est déroulé en plusieurs phases. D’abord lorsque toutes les sociétés arabes, au cours de janvier, février et début mars 2011, se retrouvent dans la rue, toutes tranches d’âges et toutes classes sociales confondues, pour contester les pouvoirs en place. Elles dénoncent tout à la fois l’autoritarisme politique et le manque de liberté mais, surtout, les conditions socio-économiques et, notamment, le très fort taux de chômage qui caractérise les économies arabes. Celui-ci atteint les 30 % chez les 15-24 ans. Il y avait donc à la fois une demande de dignité sociale et une demande de libéralisation politique. Ces mouvements, qui se sont pratiquement déroulés d’Oman jusqu’à la Mauritanie, ont inspiré aussi différents mouvements européens contestant le néolibéralisme, les politiques d’austérité, la montée du chômage, la précarité de l’emploi des jeunes… On a eu là un très beau moment où les deux rives de la Méditerranée se sont mises à l’unisson pour contester des pouvoirs en place.

    Dans une deuxième étape, malheureusement, va se réaliser ce qu’on peut appeler la contre-réaction. L’acte le plus extraordinaire, même si les médias occidentaux en ont très peu parlé, a été l’entrée des troupes saoudiennes à Bahreïn, pour mettre au pas les manifestants qui campaient sur la principale place de la capitale, Manama. Il y a un second dérapage qui a lieu au Yémen (où il faut saluer le rôle capital des femmes dans les manifestations), avec un président, Ali Abdallah Saleh, manifestement soutenu par l’Arabie saoudite. Par la suite, la situation va dégénérer à la fois en Libye et en Syrie. En Libye, il y a l’intervention de l’Otan, avec des bombardements massifs dont on peut se demander s’ils étaient vraiment nécessaires pour chasser le dictateur libyen.

    Que se passe-t-il exactement en Syrie ?

    Georges Corm. En Syrie, la bataille se déroule sur trois niveaux. Il y a des questions purement locales avec, là aussi, une détérioration des conditions socio-économiques, notamment dans les campagnes. Mais le pouvoir s’est mis dans une posture de déni de ce qui se passe chez lui. La question va ensuite devenir régionale avec des interventions extrêmement brutales de la part du Qatar, de la Turquie et de l’Arabie saoudite. Des pays qui entendent donner des leçons de démocratie au régime syrien ! Enfin, le niveau international où brusquement la Chine et la Russie se révoltent contre l’instrumentalisation du Conseil de sécurité de l’ONU par les États-Unis et leurs alliés. À ce moment-là, la bataille pour la Syrie devient emblématique d’une volonté de briser l’unilatéralisme américain, européen et des pays de l’Otan dans la gestion de la planète. Donc, la situation syrienne devient extrêmement compliquée.

    Où se trouve la solution ?

    Georges Corm. Aujourd’hui, il n’y a pas de solution au problème syrien ! Vous avez une guerre médiatique, une guerre des images qui est presque sans précédent dans l’histoire des médias où l’on n’a que la thèse du Qatar, de l’Arabie saoudite, des États-Unis, de la France et des autres pays européens. Ce que peut dire le régime politique n’est pas entendu du tout. Bien sûr, même si l’on n’a pas de sympathie pour le régime syrien, ce que je comprends parfaitement, il faut quand même, dans une situation qui est déjà une guerre civile ouverte, écouter ce que disent toutes les parties et pas une seule, si on veut aller vers l’apaisement. J’ai dit déjà qu’il fallait distinguer les plans local, régional et international concernant le problème syrien. Au niveau local, vous avez deux types d’oppositions qui sont très différentes l’une de l’autre et qui s’écartent de plus en plus. Vous avez l’opposition dite de l’intérieur, qui est constituée de très nombreux militants de la première heure opposés au régime, qui ont pu faire parfois plus de dix ans, quinze ans ou vingt ans de prison, tel l’ancien dirigeant communiste Riad Al Turk qui a passé dix-huit ans en isolement. Cette opposition intérieure ne se laisse pas prendre dans les filets des diplomaties occidentales, comme le fait l’opposition de l’extérieur. Le régime a fait des ouvertures, timides, insuffisantes, mais il en a fait. Il a même organisé une séance de dialogue national qui, malheureusement, est restée sans lendemain. Puis, à l’automne dernier, il a permis à l’opposition de se réunir dans les faubourgs de Damas sans que personne ne soit emprisonné.

    L’opposition externe est composée de réfugiés politiques ou tout simplement de Syriens établis à l’étranger qui ne se sont pas – pour certains – directement frottés à la rugosité du régime puisqu’ils étaient dehors, et qui se sont tout de suite laissé prendre dans les filets, notamment de la diplomatie turque puis de la diplomatie française, puisque deux figures majeures de cette opposition de l’extérieure sont Burhan Ghalioun, universitaire bien connu en France, et Basma Kodmani, qui a été chercheur à l’Ifri pendant de longues années. Et vous avez des Frères musulmans et des personnalités très hétéroclites, dont souvent on entend parler pour la première fois, qui n’ont pas vraiment de passé politique. Vous avez un Observatoire des droits de l’homme qui s’est mis en place à Londres et qui n’est pas directement sur le terrain. Vous avez cette impression de désordre extraordinaire. On a bien vu aussi de quelle manière ils étaient instrumentalisés avec la constitution d’un groupe dit des « amis de la Syrie », qui s’est réuni en Tunisie d’abord puis en Turquie, maintenant aux États-Unis et bientôt en France. Le Conseil national syrien (CNS), qu’a créé cette opposition à l’étranger, est paralysé aussi par les querelles internes. Par ailleurs, il semble n’avoir aucune influence sur ce qu’on appelle l’Armée syrienne libre (ASL) qui reçoit massivement des armes et une bonne partie d’entre elles à partir du Liban.

    Le deuxième volet est évidemment le volet régional. Il n’est un secret pour personne que la diplomatie de l’Otan a un objectif majeur et massif, dissuader l’Iran d’enrichir de l’uranium, couper les liens de la Syrie avec l’Iran et du Hezbollah avec l’Iran. Et, évidemment, assurer la sécurité d’Israël puisque le Hezbollah, par deux fois, a réalisé des exploits militaires contre l’armée israélienne, l’obligeant à se retirer du sud du Liban après vingt-deux ans d’occupation, en 2000, et l’empêchant de revenir réoccuper cette même zone en 2006. Le Hezbollah est d’une certaine façon une puissance militaire considérée comme extrêmement dangereuse pour l’État d’Israël. Donc, l’objectif de la bataille pour la Syrie au niveau régional est évidemment, en cas de changement de régime, de couper l’approvisionnement en armes du Hezbollah à partir de l’Iran, de séparer la Syrie de l’Iran, et donc d’affaiblir considérablement l’Iran en attendant qu’on puisse opérer un changement de régime à Téhéran.

    L’aspect international maintenant. La Russie et la Chine estiment que le Moyen-Orient est un carrefour géographique et stratégique trop important – il représente le plus grand réservoir d’énergie du monde – pour qu’ils le laissent à une gestion exclusive des États-Unis et des membres de l’Otan. Ils ont donc décidé de miser le tout pour le tout pour saper l’unilatéralisme américain et européen au Moyen-Orient. En tout cas, ils ne veulent pas les laisser mettre la main sur l’ensemble de la région parce qu’on sait très bien, ici, que les mouvances de type Frères musulmans et fondamentalistes ont donné plus d’un signal aux gouvernements occidentaux sur le fait qu’ils n’étaient pas hostiles à l’Occident. Ils ne parlent pratiquement pas de la question palestinienne, de la souffrance des Palestiniens. Ils sont très souvent néolibéraux en matière de doctrine économique. Vous avez donc cette alliance qui est en train de se cimenter très fortement : Arabie saoudite-Qatar, États-Unis-Europe et forces islamiques diverses sur le terrain dans les pays qui ont connu des révolutions. Voilà où nous en sommes.

    La crise syrienne va-t-elle affecter durablement le Liban ?

    Georges Corm. Il était clair qu’il serait affecté, notamment à partir du moment où la Turquie ayant largement fait marche arrière par rapport aux positions d’avant-garde qu’elle avait prises sur la question syrienne, on s’est tourné vers le Liban. Pays où les mouvements dits djihadistes ou takfiristes sont en train de prospérer, toujours avec des aides en provenance d’Arabie saoudite et du Qatar, et qui a une frontière commune avec la Syrie, notamment au nord du Liban, qui est à moins de 30 kilomètres de la ville de Homs. On savait, depuis des mois déjà, que des combattants en armes partaient vers les éléments armés syriens anti-régime. Ce qui explique que la bataille de Homs ait été aussi longue. Il est clair que le nord du Liban sert de couloir pour ravitailler en armes les insurgés syriens.

    Quel est le rôle du Qatar et de l’Arabie saoudite ?

    Georges Corm. Dans le cadre de la contre-réaction, on a une constellation qui est très claire : les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), à la tête desquels se trouvent la très puissante Arabie saoudite et le très dynamique Qatar qui, brusquement, est partout. Cette coalition est composée de ces États qui financent très généreusement, depuis des décennies, toutes les mouvances de type fondamentaliste (salafistes, Frères musulmans…), qui vont les pousser à l’occasion des élections, en Tunisie puis en Égypte. Finalement, on assiste au rapt de ces deux révolutions. C’est d’ailleurs au moment de cette opération de contre-révolution que le Conseil de coopération du Golfe invite les deux autres monarchies arabes, la jordanienne et la marocaine, à devenir membres du CCG. C’est ainsi que, finalement, s’organise toute cette contre-réaction qui rassemble Arabie saoudite, Qatar, Frères musulmans, États-Unis et Europe, là pour confisquer les révolutions. On a d’ailleurs vu, au mois de mai 2011, le sommet du G8, qui s’est tenu à Deauville, consacrer une grande partie de ses délibérations à soi-disant appuyer les révoltes arabes. Ce sommet est passé assez inaperçu alors que tout le monde aurait dû lire attentivement le document du Fonds monétaire international (FMI) qui y a été soumis et approuvé. Il prévoit 30 milliards de dollars d’aide aux deux révolutions, égyptienne et tunisienne, lesquelles aides sont conditionnées, comme d’habitude, par encore plus de réformes de type néolibéral, c’est-à-dire les réformes mêmes qui ont fini par mettre les Égyptiens et les Tunisiens dans la rue !

    Peut-on dire que la stratégie des États-Unis est une stratégie pragmatique, prête à composer avec qui prendra le pouvoir pour autant que leurs affaires continuent ?

    Georges Corm. La stratégie américaine est toujours dans le sillage de la politique néoconservatrice de George W. Bush. C’est un remodelage du Moyen-Orient qui convient et tranquillise les États-Unis et sécurise définitivement l’État d’Israël sans que ce dernier n’ait à faire des concessions douloureuses. Quiconque aurait écouté attentivement le discours de Barack Obama au Caire, en juin 2009, aurait compris que, en dépit de la citation de quelques versets du Coran et de quelques paroles aimables sur la souffrance des Palestiniens et sur la protection des minorités, il continuait sur la même ligne que son prédécesseur, à part sur l’Irak où il a accéléré le retrait pour mieux se concentrer sur l’Afghanistan. Le rêve d’un Moyen-Orient totalement soumis aux intérêts géostratégiques et économiques de l’Occident politique, qui est incarné par l’Otan, est toujours là. La politique des États-Unis est une politique visant à créer le maximum de dissensions entre sunnites et chiites à l’échelle régionale. Nous en souffrons au Liban, en Syrie, à Bahreïn, partout où vous avez des groupes musulmans qui ne sont pas sunnites mais qui peuvent être alaouites, chiites de différentes obédiences. Au Moyen-Orient, malheureusement, l’instrumentalisation du religieux est installée depuis bien longtemps.

    Une voix originale
    La voix de Georges Corm, économiste et historien libanais, est d’autant plus intéressante qu’elle tranche souvent avec le politiquement correct de nombreux analystes, qu’ils soient américains, européens ou même arabes. Auteur de nombreux ouvrages de référence sur la question moyen-orientale – citons l’indispensable Proche-Orient éclaté (Gallimard) et Orient-Occident, la fracture imaginaire (La Découverte). De Beyrouth, où il enseigne à l’université Saint-Joseph, dans un pays multiconfessionnel, il ne pouvait que s’intéresser également à la Question religieuse au XXIe siècle (La Découverte). On lui doit aussi le Nouveau Gouvernement du monde. Idéologies, structures, contre-pouvoirs, toujours aux éditions La Découverte. Il vient d’actualiser un ouvrage là encore indispensable à qui veut comprendre le pays du Cèdre, le Liban contemporain : histoire et société (La Découverte, 2012), où il analyse finement les évolutions récentes de ce pays, 
les tensions auxquelles il est soumis et surtout, 
au regard de l’histoire, ébauche les chemins possibles, 
hors des impasses actuelles où mène le confessionnalisme omniprésent.

    * Lire nos articles sur la Syrie

    Entretien réalisé par Pierre Barbancey

  22. Djazaïri dit :

    Ouf les médias vont lâcher la Syrie pendant 48h, trop préoccupées du tweet de la compagne de F Hollande.