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  L'agence Sana donnait jeudi et vendredi matin quelques nouvelles des différents "fronts". Elle signale de nouveaux "accrochages" à Deir Ezzor, plus précisément dans le quartier d'al-Sinaa, qui ont vu la destruction de la voiture d'un groupe armé ainsi que l'élimination de plusieurs de ses membres ; dans un autre quartier de Deir - Harbech - une équipe d'artificiers, alertée par ds habitants, a pu faire sauter une voiture et un tracteur piégés sans dommage matériels et humains. Deir Ezzor, la [...]



Routine du terrorisme et du contre-terrorisme…

Par Guy Delorme,



Vue aérienne de Deir Ezzor, sur l'Euphrate

 

L’agence Sana donnait jeudi et vendredi matin quelques nouvelles des différents « fronts ». Elle signale de nouveaux « accrochages » à Deir Ezzor, plus précisément dans le quartier d’al-Sinaa, qui ont vu la destruction de la voiture d’un groupe armé ainsi que l’élimination de plusieurs de ses membres ; dans un autre quartier de Deir – Harbech – une équipe d’artificiers, alertée par ds habitants, a pu faire sauter une voiture et un tracteur piégés sans dommage matériels et humains. Deir Ezzor, la grande ville de l’Est syrien située sur l’Euphrate, est régulièrement « visitée » par des groupes insurgés, la proximité de la frontière irakienne – une centaine de kilomètres désertique – n’étant sans doute pas étrangère à cette virulence : voici 48 heures, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, affirmait une nouvelle fois avoir des preuves de l’infiltration, depuis son pays, d’éléments d’al-Qaïda dans l’est syrien.

À Homs, dans le secteur d’al-Kussur (nord-ouest de Homs), une attaque d’un groupe a été repoussée : un des véhicules attaquants – du désormais traditionnel type « auto-mitrailleuse improvisée – a été détruit, et un certain nombre d’assaillants blessés, et des armes récupérées.

Encore des caches d’armes découvertes, à al-Haffeh, ville située à l’est de Lattaquié et d’où l’ASL avait été chassée avec pertes en juin.

Encore une repaire d’insurgés attaqué avec succès à Nawa (banlieue de Deraa, dans le sud du pays) : Sana fait état de « grands pertes » parmi les activistes, dont Hussein Yacine, figure locale de l’activisme ; deux membres des forces de l’ordre on été blessés dans l’opération.

Encore des charges explosives désamorcées par le génie, à Kherbet Ghazaleh, toujours dans le secteur de Deraa.

À Hama, ou plutôt à al-Moaa, un village des environs, un cadre supérieur d’une société publique d’électronique, Abdullah Abo Ganem, a été assassiné au volant de son véhicule alors qu’il revenait à son domicile : sa voiture a été rattrapée par un camion à bord duquel avait pris place une équipe de trois tueurs. Il  été tué sur le coup et son ami – Abdel Rahman Dib – blessé. Abo Ganem a-t-il payé un engagement pro-gouvernemental, ou plus simplement sa position sociale, qu faisait de lui un suspect ou un collabo aux yeux des fanatiques islamiques dont le logiciel intellectuel n’est pas sans rappeler celui des Khmers rouges ? Ce genre de victime n’intéresse pas beaucoup, on le sait, un Laurent Fabius – dont le logiciel personnel nous parait être très proche, lui, de celui d’un BHL ou d’un Donald Rumsfeld.



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13 commentaires à “Routine du terrorisme et du contre-terrorisme…”

  1. AVICENNE dit :

    Louis,

    Encore mes doutes et mon stress qui me reprennent en regardant toutes les nouvelles cette dernière semaine :

    - Sur youtube : La prise par l’ASL d’un point radar de l’armée, un hélicoptère abattu (peut-être deux car deux vidéos, l’un avec un hélicoptère de transport de troupe au sol avec l’empennage brisé, l’autre qui me semble être un hélicoptère de combat « explosé » à terre = en Syrie ou en Lybie ?), des vidéos de blindés calcinés (parfois des T72 tout de même !)

    - La litanie des occidentaux qui ne lâchent pas (j’ai l’impression qu’ils ne lâcheront jamais).

    - La turquie qui amasse des troupes à sa frontière, des occidentaux qui font des maneuvres maritimes etc….

    - Des « victoires » certe de l’armée syrienne mais qui me semblent « minimes » (j’ai un peu honte en écrivant cela car ce n’est pas moi qui en bave sur le terrain) aux vues du nombre de combatants qui semblent toujours plus nombreux en face.

    - Des lieux « dératisés » puis à nouveau des combats ou des échauffourées aux mêmes endroits quelques jours plus tard.

    Je tente désespéremment de trouver sur le net des preuves pour me remonter le moral et je n’en trouve pas. Ma famille que j’appelle quotidiennement me dit comme à l’habitude « ma fi chi bel’ladihiey, kouln’a b’here. Bas énnéne ktare ya habibi ». Ca ne me rassure pas plus que cela.

    Un petit remontant Louis (ou d’autres..) SVP ?.

    Merci de tout coeur.

    • Louis Denghien dit :

      Avicenne , l’ASL peut avoir détruit des chars lourds et même abattu un ou deux hélicoptères, on sait qu’elle ne peut vaincre par ses seuls moyens l’armée syrienne (au moins la moitié de ce qu’elle fait se fait sous forme d’attentats et d’embuscades) ; la seule question est combien de temps peut mettre l’armée syrienne à détruire l’ASL ou à l’affaiblir significativement, et ça on ne sait pas. Tout ce que nous savons c’est que tous les jours des bandes sont détruites ou diminuées. C’est à une guérilla très aidée qu’a affaire la Syrie. Mais 10 à 20 000 (notre estimation personnelle) insurgés et djihadistes peuvent faire beaucoup de dégâts (pas besoin d’être nombreux pour poser une bombe ou faire de l’animation guerrière de quartier), ils ne peuvent venir à bout d’une armée d’au moins 3 00 000 hommes bien équipée, sans compter miliciens et militants et réservistes. Sans compter non plus l’aide technique russe.
      Leurs commanditaires n’espèrent pas les voir s’emparer de Damas, il leur demande juste de détruire et de pourrir la situation dans l’espoir d’un ras-le-bol populaire anti-régime. Mais, à notre sens, même cela n’arrivera pas car les apprentis djihadistes se sont quand même taillés, avec leurs exactions quotidienne, une assez sale réputation.

      Si nous avons des nouvelles intéressantes, nous les diffusons, mais il faut être prudent : la nouvelle de la destruction de la brigade al-Farouq n’a jamais reçu de confirmation et la nouvelle de la fuite de Ryad al-Asaad semble être fausse (Ce sont les risques du métier).

      Bref, courage, et patience, la situation n’évoluera que lentement, comme à Homs… Quant aux Occidentaux, ils ne renonceront effectivement pas de sitôt à abattre la Syrie, mais ils en auront de moins en moins les moyens politiques, militaires et économiques. Vous devez apprendre à vivre avec leurs menaces, leurs mensonges et leur arrogance : c’est juste « un coup à prendre » !

      Bien à vous,

      Louis D.

      • AVICENNE dit :

        Merci Louis, je tenterais de tenir jusqu’à une victoire qui me rendra fier d’avoir du sang syrien.

        En attendant, je prends mon anti-dépresseur.

        • Citoyen dit :

          AVICENNE, voici une potion pour toi. Si elle ne soigne pas tes angoisses, alors il n’y a plus rien pour toi. Soit juste patient(e)Camarade et observe.

          L’empire, le docteur Kübler-Ross et la Syrie.

          En bons spécialistes des soins palliatifs, Moscou et Pékin tentent donc de circonscrire l’incendie syrien, et empêcher ainsi la mise à feu de l’Iran.

          A l’état de nature les nations sont des monstres froids. Et parmi ces monstres froids, les grandes puissances – et à plus forte raison les empires –, sont particulièrement dangereux lorsque leur suprématie est menacée. C’est que, comme on dit, une grande puissance ne meure pas dans son lit. Le sentiment de grandeur et d’invincibilité qui l’habite ; la certitude de son indépassable puissance ; la très haute opinion qu’elle a d’elle-même et de son Histoire la rendent généralement incapable d’accepter l’idée même de son déclin.

          Dès lors de deux choses l’une : lorsqu’une grande puissance vacille, soit elle cède à la fureur et allume des incendies dont elle espère, toujours à tort, pouvoir tirer profit pour rebondir ; soit les forces émergentes qui l’entourent sont suffisamment solides et structurées pour contenir cette fureur et allumer des contre-feux partout où cela est possible, afin d’encadrer et d’accompagner son agonie jusqu’à dissolution de cette puissance.

          Il s’agit donc en quelque sorte, pour les puissances émergentes destinées à prendre le relais, d’organiser un service de soins palliatifs autour du géant à l’agonie pour en contrôler au mieux les humeurs. Un processus de dissolution contrôlée en somme.

          Refus, colère, tractations…

          Et c’est exactement ce que sont en train de faire la Chine et la Russie autour de l’empire étasunien. Ils savent sa chute irrémédiable et c’est précisément parce que le résultat est d’ores et déjà acquis qu’il ne sert à rien de précipiter les choses.

          Il faut au contraire savamment doser l’administration de poison et de contre-douleur pour accélérer le trépas de la bête, sans pour autant provoquer son courroux, puisque ses capacités de nuisances resteront intacts jusqu’à son dernier soupir.

          Pour l’heure, les Etats-Unis n’ont bien sûr toujours pas accepté l’idée de leur déclin. Et si l’on se réfère aux cinq étapes du processus de deuil décrit par le docteur suisse Elisabeth Kübler-Ross (le refus, la colère, la tractation, la déprime et l’acceptation), les Etats-Unis sont en effet encore loin de l’acceptation et oscillent entre refus (ce n’est pas possible, pas moi), colère (j’utiliserai la force brutale pour rester au sommet) et tractation (bon, ok, je décline, mais partageons le pouvoir).

          Certes, les Etats-Unis ont bien compris que le moment unipolaire qui a suivi l’effondrement de l’URSS était terminé, que leur domination sur les affaires du monde l’était également, et ils pressentent aussi que la situation de banqueroute généralisée qui les ronge, conjuguée à la montée en puissance des pays émergents (BRICS), ne leur laisse aucun espoir de rétablissement dans leur puissance initiale.

          La Syrie, incendie du désespoir

          Première victime de leur mythe de l’american dream, les Etats-Unis restent toutefois absolument convaincus d’être la lumière du monde, d’avoir atteint un degré de civilisation indépassable, d’où le messianisme politique qu’il déploie ces dernières décennies, et qui a déjà coûté la vie à plusieurs centaines de milliers de civils en Irak ou en Afghanistan, pour ne parler que des théâtres d’opérations où ils s’agitent directement.

          Aujourd’hui, leur offensive hystérique pour provoquer l’effondrement de la Syrie (avec Téhéran comme objectif final) est un épiphénomène de leur agonie. A travers cet incendie du désespoir qu’est devenu le théâtre syrien, ils ne font que tenter de maintenir leur suprématie sur la Méditerranée orientale dont ils ont d’ores et déjà été éjectés par les nouveaux maîtres des lieux que sont désormais la Russie et son allié chinois (en soutien aussi discret que déterminé).

          En bons spécialistes des soins palliatifs, Moscou et Pékin tentent donc de circonscrire l’incendie syrien, et empêcher ainsi la mise à feu de l’Iran. Mais ils ont encore besoin de temps pour prendre définitivement le relais en termes de leadership mondial, d’où la modération dont ils usent pour contenir et contrer les soubresauts de la bête.

          L’objectif étant de l’amener, sans qu’elle s’en doute, à tout de même mourir dans son lit.

          Source
          http://www.entrefilets.com/empire_kubel_ross_syrie.htm

          • betehem dit :

            Terrible réponse. Terrible texte. A en pleurer, citoyen. Je ne sais pas si ça a consolé Avicenne. Moi, en tout cas, ça n’a pas arrangé mon moral.

        • Djazaïri dit :

          @Avicenne, je suis comme vous, dans l’attente des victoires de l’armée nationale syrienne.
          - Personnellement, quand je sens que je vais éclater, je prends un paquet de tracts pour la Palestine et je vais les glisser dans les boites aux lettres de mon quartier. Je me dis au moins j’essaye de faire reculer un peu l’Empire…

          Espérons que l’armée Natle Syrienne a des chiens comme Fitas.
          LIRE:

          Le valeureux chien Fitas, du 132e Bataillon cynophile de l’armée de Terre, est décédé
          23 avril 2012

          C’était un chien valeureux, qui s’était particulièrement illustré en Afghanistan, l’an passé. Appartenant au 132e Bataillon cynophile de l’armée de Terre (BCAT), Fitas, un malinois, avait en effet permis de déjouer une embuscade dans la province de Kapisa alors qu’il ouvrait le parcours d’un groupe de combat en débusquant une quinzaine d’insurgés cachés dans une habitation. Seulement, il avait été capturé au cours de cette opération.

          Retenu pendant 4 mois par les rebelles qui voulaient s’en servir comme otage, Fitas avait finalement été retrouvé le 20 août 2011 après leur avoir faussé compagnie. Mais apparemment, il avait reçu de mauvais traitements au cours de sa captivité et il présentait une blessure à un patte.

          Décoré pour sa bravoure de la médaille d’or de la Défense nationale avec étoile d’argent et hororé par une citation attribuée par le général Ract-Madoux, le chef d’état-major de l’armée de Terre, Fitas s’est malheureusement éteint le 17 avril dernier, des suites d’une maladie contractée lors de sa captivité en Afghanistan.

          Ce brave chien, qui avait atteint le plus haut degré de dressage, devait être confié, après sa mise en retraite, à son maître, le caporal-chef G., avec qui il formait un véritable duo.

          Photo (c) Armée de Terre

    • Marcel dit :

      Une brigade de l’ASL liquidée par l’armée Syrienne

      http://www.youtube.com/watch?v=aHI-EN8dC24&bpctr=1341593850&skipcontrinter=1

    • marie dit :

      Courage Avicenne!!!
      Ne regardez pas les vidéos sur you tube et n’écoutez pas la télé ou la radio.
      Ne suivez que les commentaires de ceux que vous avez identifiés comme courageux et honnêtes.Vous vous sentirez moins seul, c’est vrai que les syriens sont formidables et que lorsque nous prenons de leurs nouvelles ils semblent plus forts que nous, ce n’est pas uniquement pour éviter de nous faire peur, la véritable force c’est d’être unis, soudés,compatissants les uns envers les autres….

      • betehem dit :

        Je ne pourrais mieux dire que Marie. Courage Avicenne. Vous n’êtes pas seul. Et vous avez raison aussi : il faut pleurer ensemble quand c’est trop dur. Et rire aussi parce que la Syrie vit !

  2. سوريا.خالدة-Syrie.Eternelle dit :

    C’est le même parti, les Ultra-Sionistes-Associés dont les membres illustres sont : Youyou alias George DoubleYou Bush, Rumsfeld, Cheaney, Wolfowitz, BéHachHel, Faubis-DitJuppéDeux, etc…
    La liste est longue. pour plus de détails, consulter l’AIPAC, et tant d’autres Associations de pression aux ZétatsZunis, au RoyaumUnique, au CRIF etc…

  3. Babayan dit :

    L’analyse de « Citoyen » est un chef-d’oeuvre de clarté ,témoignage vu du ciel par un oiseau qui vole à très haute altitude, qui voit l’essentiel du tableau général, malheureusement le peuple syrien est mis à rude contribution
    pour éteindre les dernières convulsions du grand monstre US qui meurt,qui veut tout emporter avec lui dans sa tombe. Mort et destruction seront les seuls héritage que l’oncle Sam va laisser dans le monde.

  4. Mohamed Ouadi dit :

    Rôle de l’armée dans le printemps islamique !

    Une émission de Sami Kleib, sur Al Mayadeen TV, diffusée le 05 juillet 2012, sous le titre Loobat Oomam (jeu des nations) :
    1ère Partie : http://www.youtube.com/watch?v=pA3fpHordJw&list=UUZ-8I5p6mxrzchZuMpTbLWg&index=5&feature=plcp
    2ème Partie : http://www.youtube.com/watch?v=qI4Y_sQjlAQ&list=UUZ-8I5p6mxrzchZuMpTbLWg&index=4&feature=plcp
    3ème Partie : http://www.youtube.com/watch?v=eXWC-Toxkjc&list=UUZ-8I5p6mxrzchZuMpTbLWg&index=3&feature=plcp