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Il est devenu difficile, ces dernières semaines, de trouver le moindre article sur le nombre et la situation des réfugiés syriens en Turquie, pourtant naguère un des "must" de la propagande médiatique anti-Bachar. On se souvient avec émotion de la visite dans un de ces camps d'Angelina Jolie, ambassadeur extraordinaire d'Hollywood - et donc du Département d'Etat américain - auprès de ces "victimes - si télégéniques - de la répression baasiste". Depuis, plus de nouvelles ou si peu. Tout de [...]



Mais où sont passés les réfugiés de Turquie ?

Par Pierre Marulaz,



Des réfugiés de retour à Jisr, interrogés par la télévision syrienne le 21 juillet

Des réfugiés de retour à Jisr, interrogés par la télévision syrienne le 21 juillet

Il est devenu difficile, ces dernières semaines, de trouver le moindre article sur le nombre et la situation des réfugiés syriens en Turquie, pourtant naguère un des « must » de la propagande médiatique anti-Bachar. On se souvient avec émotion de la visite dans un de ces camps d’Angelina Jolie, ambassadeur extraordinaire d’Hollywood – et donc du Département d’Etat américain – auprès de ces « victimes – si télégéniques – de la répression baasiste« . Depuis, plus de nouvelles ou si peu. Tout de même, début juillet, certains médias français – le Figaro, notamment – se sentaient obligés de signaler – suite c’est vrai aux déclarations des autorités turques elles-même – qu’une nette tendance au retour se manifestait chez les quelque 9 à 10 000 Syriens répartis dans six camps. Plus de 5 000 d’entre eux – toujours selon les Turcs – avaient regagné, à la date du 5 juillet, la région nord-ouest du pays, naguère sous la coupe d’activistes armés.

Depuis on est sans nouvelles statistiques de ces hommes et femmes, très souvent contraints à l’exil soit par les activistes directement, soit par la crainte d’exactions de l’armée syrienne. Les seuls chiffres dont on dispose sont ceux égrénés par l’agence officielle Sana, et ils concernent plus particulièrement les habitants de Jisr al-Choughour, ensanglantée en juin par les activistes salafistes. Entre le 6 juillet et le 24, si l’on en croit le décompte de Sana, ce sont 1 884 citoyens de Jisr qui ont regagné la ville, et l’agence cite un reponsable local syrien qui estime à 10 000 en tout le nombre des Syriens revenus de Turquie depuis un mois.

On pourra toujours contester ces chiffres, il n’en demeure pas moins évident que le mouvement de retour initié fin juin – à partir de la reprise de contrôle de la région frontalière par l’armée – s’est poursuivi jusqu’à aujourd’hui. Un certain nombre d’habitants de Jisr et de sa région, il est vrai, ne s’étaient sans doute pas réfugiés en Turquie mais dans les campagnes avoisinantes, mais il est non moins évident que nombre des « rentrants » à Jisr viennent de Turquie. Le dernier chiffre officiel des responsables turcs concernant les réfugiés syriens sur leur sol remonte au 11 juillet : il était alors de 8 579. On attend donc impatiemment un nouveau décompte officiel turc, qui verra probablement le nombre se dégonfler significativement, telle une baudruche médiatique…



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5 commentaires à “Mais où sont passés les réfugiés de Turquie ?”

  1. Souriya ya habibati dit :

    Si je puis me permettre, les hommes et femmes ont été contraints à l’exil sous la menace des activistes armés qui incitaient les gens à fuire sous PRETEXTE que l’armée, en entrant à Jisr al-Choughour, elle commettrait des exactions. Etant donné le lavage systématique des cerveaux pratiqué par tous les médias, je me dois d’insister sur la portée de votre phrase concernant les EXACTIONS qui furent commises par les activistes salafistes qui ont tué 120 policiers de sang froid.

  2. Ibn Souriya dit :

    Je suis syrien et fier de l’être mais je n’habite pas en Syrie. Concernant l’histoire des présumés réfugiés syriens en Turquie, je tiens à vous informer que la Turquie considère chaque syrien qui passe sa frontière comme étant réfugié même s’il y va pour le travail ou le tourisme. Les habitants de la brave ville d’Alep qui ont encore la tête entre les deux épaules, ont l’habitude de se rendre souvent en Turquie pour le loisir ou pour affaires. Or, lorsque ceux-ci arrivent à la frontière, les turcs leurs mettent tout de suite un tampon « réfugié » sur leur passeport, même s’ils leur expliquent que la raison de leur visite n’a rien à voir avec les événements malheureux qui secouent notre cher pays. Donc ne vous fiez pas trop sur le nombre de réfugiés avançé par les autorités turques.

    • lafleuriel Zakri dit :

      Oui je confirme.. Je suis allée d’Alep en voiture et par Afrin, faire du shopping (!) à Gaziantep en mai dernier avec une amie syrienne et ses enfants. Elle m’a expliquée cela lors du passage (très rapide et facile ) de la frontière. Il faut ajouter que la Turquie est très contente de ces passages de ressortissants arabes (qui n’ont plus besoin de visa), que toute la région bénéficie des retombées économiques de cet afflux touristique (d’ailleurs de loisirs mais aussi médical) et d’affaires, de shopping…

  3. stephane dit :

    Cela me fait le plus grand bien de lire des syriens comme moi qui même en France comprenent les manipulations des médias et qui exrimes leur versions des fait qui est corroboré par la plupart des réels syriens qui vont et viennt de Syrie.
    Merci à ce site, vous êtes des gens intègres et vous prouvez que des gens biens existent encore

  4. Djanne dit :

    Enfin un site qui remet les horloges à l’heure.
    Bravo.
    Une remarque toutefois: arrêtez d’écrire des bêtises; « je tiens à vous informer que la Turquie considère chaque syrien qui passe sa frontière comme étant réfugié même s’il y va pour le travail ou le tourisme. » écrit un Syrien qui … n’habite pas en Syrie; comme quoi la désinformation ne touche pas seulement la Syrie, pays ami et aimé, mais aussi le nôtre, la Turquie.