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L'hebdomadaire Valeurs Actuelles a déjà eu plusieurs fois les honneurs de l'hostilité d'Infosyrie, pour l'ensemble de son inspiration pro-américaine, pro-israélienne, pro-OTAN et sarkozyste. Et pour les articles anti-syriens et pro-intervention qu'y signait Frédéric Pons, en charge de la politique étrangère à V.A. Ces derniers temps, Pons a paru mettre de l'eau dans son vin ingérent, consacrant des articles à la situation des chrétiens de Syrie et à la montée en puissance des groupes radicaux islamistes sur le terrain (ce qui [...]



Comment vit le petit monde de l’ASL dans son sanctuaire turc

Par Louis Denghien,



Les réfugiés syriens "civils" en Turquie sont souvent combattants "à temps partiel". Et plus populaires à Ankara qu'au Hatay !

L’hebdomadaire Valeurs Actuelles a déjà eu plusieurs fois les honneurs de l’hostilité d’Infosyrie, pour l’ensemble de son inspiration pro-américaine, pro-israélienne, pro-OTAN et sarkozyste. Et pour les articles anti-syriens et pro-intervention qu’y signait Frédéric Pons, en charge de la politique étrangère à V.A. Ces derniers temps, Pons a paru mettre de l’eau dans son vin ingérent, consacrant des articles à la situation des chrétiens de Syrie et à la montée en puissance des groupes radicaux islamistes sur le terrain (ce qui n’est après tout que le reflet des positions d’une partie de l’establishment militaire américain).

« Très peu de combattants ASL« 

Dans sa livraison du 26 avril, l’hebdomadaire consacre deux fort intéressantes pages aux camps de repli et d’entraînement de l’ASL en Turquie, installés dans cette province turque du Hatay, limitrophe de la Syrie et d’ailleurs plus ou moins revendiquée par Damas. Le reporter de V.A., Vincent Vulin, s’est rendu au camp de Reyhanly, théoriquement réservé aux réfugiés « civils » syriens, mais où il a rencontré un jeune homme de 20 ans, Mohamed Mestah, membre de l’ASL qu s’y refait une santé avec 75 de ses camarades, avec lesquels « il s’apprête à repartir à l’assaut » contre les soldats et le régime de Bachar. Car, figurez-vous, Reyhanly (5 ou 6 kilomètres de la frontière, et à une cinquantaine à l’ouest d’Alep), théoriquement réservé aux réfugiés lambda, est dans les faits une « base de repli et de repos pour ceux qui reviennent du « front » dans le nord de la Syrie » !

Mestah explique au reporter français que lui et es camarades ont du se réfugier « sur ordre » en Turquie, ayant épuisé leurs munitions, et « la pression de l’armée syrienne » étant « trop forte« . Réfugiés donc au camp « civil » de Reyhanly, le jeune homme et ses amis sont toujours fourrés au camp voisin de Bohsin, à vocation lui expressément militaire, puisqu’il héberge le « quartier général » de l’ASL. C’est là, explique Vincent Vulin, que les combattants « reçoivent des ordres, des munitions, un peu d’aide« . Le reporter de Valeurs Actuelles dit que l’ASL « ne contrôle que très peu de combattants sur le champ de bataille » mais que cette force « encore embryonnaire commence à s’organiser » (il serait temps neuf ou dix mois après la création de l’ASL !)

Vulin explique notamment que l’ASL  a reçu le renfort, à la mi-mars, d’une « force armée » commandée par un général dissident, Mustapha al-Cheikh. On serait tenté de dire « première nouvelle ! », personne n’ayant jamais, jusqu’à présent, entendu parler de cette ASL bis. Cela dit, précise notre journaliste, l’unité n’est pas encore faite ! Et « beaucoup d’opposants jugent encore cette force inefficace, inerte » et préfèrent donc agir « en dehors de tout cadre« .

Bref, comme nous l’avons écrit ici moult fois, l’ASL est largement une fiction militaire. Vincent Vulin s’est rendu aussi à la ville proche d’Antakya (une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Reyhanli) qui, dit-il, « fourmille d’activistes » veillant au ravitaillement des katibas (compagnies) de l’ASL. Justement, Vulin a rencontré un de ces bienfaiteurs, Abou Ismaïl, un trentenaire au look d’homme d’affaires. Qui affirme avoir de nombreux contacts avec le pays du Golfe, la Turquie, le Liban, l’Europe. Et semble, écrit Vulin, « disposer de multiples ressources ». Ses contacts lui permettent en tous cas de fournir aux bandes armes, matériels médical ou de télécommunication, mais aussi des tentes, des rangers. Pour l’heure, M. Abou Ismaïl travaille su un projet d’hôpital de campagne dans le secteur d’Idleb.

Où l’efficace Abou trouve-t-il la marchandise ? « On a trois moyens pour se procurer de l’armement : les attaques de barrages syriens, la corruption des militaires d’Assad et le trafic avec le Liban » « Mais, ajoute-t-il, aucun n’est vraiment satisfaisant. Au marché noir, en Syrie, on nous refile des armes défectueuses, probablement à dessein« . Décidément, la duplicité du régime ne connait pas de limites ! Un malheur n’arrivant jamais seul, le trafiquant explique qu’en ce qui concerne le Liban, « tout est bloqué par le Hezbollah, l’allié de Damas« .

Erdogan pour l’ASL, la population du Hatay pour Bachar !

Face à tant d’adversité, la cause de l’ASL peut quand même compter sur la « bonne volonté, au minimum, des autorités turques« , pour des raisons que Vulin énumère et que les visiteurs de ce site connaissent par coeur : bref,, lorsqu’ils traversent clandestinement la frontière, les trafiquants – ou combattants – passent près des postes turcs « sans être inquiétés« . Vincent Vulin a rencontré un de ces « frontaliers », Abou Ahmed, un jeune activiste qui effectue quotidiennement le trajet entre le Hatay et la région d’Idleb, chargé de sacs plein de vivres et d’armes, sous le regard des militaires turcs. Qui ont institué un point de passage pour les réfugiés civils. Où transitent néanmoins les blessés de l’ASL, pris en charge dans le hôpitaux d’Antakya. Le camp-base-QG ASL de Boshin est d’ailleurs, contrairement au camp civil de Reyhanli, sévèrement gardé par des soldats turcs.

Le Hatay, terre d’asile et base de repli pour les bandes armées anti-Bachar ? Pas si simple, cependant : Hakim, un médecin syrien réfugié à Antakya, explique que la majorité de la population du Hatay est de confession alaouite. « Du coup, peu de gens ici sont favorables à notre cause, car beaucoup soutiennent le régime de Bachar al-Assad« . Pour contourner ce léger obstacle, les gens de l’ASL prennent contact avec les responsables de l’AKP d’Erdogan. Qui, entre autres, s’efforcent de convaincre les médecins locaux de soigner les blessés de l’ASL.

Vincent Vulin, à ce stade de l’article, aborde la question politique : le gouvernement islamiste « modéré » turc soutient à fond les Frères musulmans syriens, « très proches idéologiquement » de leur protecteur turc. Et ça ne plait pas à tout le monde, même chez les anti-Bachar de Turquie : le reporter de V.A.  recueille à ce sujet les craintes d’un « militant de toujours » de l’opposition, un certain Ahmed. Lequel lui confie « à voix basse, de peur d’être entendu » : « Les Frères musulmans sollicitent de plus en plus les généraux de l’ASL. L’un d’eux m’a dit qu’il n’en pouvait plus. Les Frères musulmans se débrouillent aussi pour contrôler les camps de réfugiés« . Vulin ajoute que la confrérie tente désormais de contrôler le ravitaillement et même les allers et venues des combattants.

Et puis, l’article ne fait pas l’impasse sur la question des volontaires étrangers : le Hatay, écrit Vulin, est « la voie de passage » pour les djihadistes du monde entier. Le businessman ASL Abou Ismaïl dit avoir vu beaucoup de Libyens à Antakya et dans la région. Un autre y a croisé des Algériens (avec des passeports britanniques). Un phénomène qui risque de s’accentuer, face à l’impuissance militaire de l’ASL et à la prudence des « Amis de la Syrie« , à commencer par les Américains, s’avisant soudain du parfum entêtant d’al-Qaïda que dégagent nombre de ces combattants venus d’ailleurs.

Il y a, dans ce reportage de Vincent Vulin, des choses que nous savions déjà, notamment sur l’attitude des Turcs et les intrigues des Frères musulmans. Et il y a aussi des éclairages intéressants, et encourageants, sur l’attitude de la population du Hatay, qui subit la politique d’Erdogan beaucoup plus qu’elle ne l’approuve, et aussi sur l’action concrète et positive du Hezbollah an Liban. Tout ceci dans un média pas connu jusqu’à présent pour son soutien militant à la cause de la Syrie telle qu’elle est !

Une vue récente du camp de Reyhanli, qui n'abrite apparemment pas que des enfants et leurs mamans...



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22 commentaires à “Comment vit le petit monde de l’ASL dans son sanctuaire turc”

  1. Souriya ya habibati dit :

    « Au marché noir, en Syrie, on nous refile des armes défectueuses, probablement à dessein ».

    Je pense au candide reporter, le V.V. qui reporte ce genre de propos sans ciller!!! Les rebelles achètent des armes défectueuses en Syrie?!!

    « Décidément, la duplicité du régime ne connait pas de limites ! » comme vous dites si-bien, mon cher Louis!

    Allah Souriya Bachar wbass

    • RoyL dit :

      D’accord au 100% ;)

      > Au marché noir, en Syrie, on nous refile

      En Syrie surtout!, parce que au marché noir de Paris, Marseille,
      Dakar ou Los Angeles on ne vous refile que de produits de premier
      choix 8-)

  2. Merrick dit :

    « Le camp de Reyhanli, qui n’abrite apparemment pas que des enfants et leurs mamans… » Effectivement !
    Exemple : http://cdn.timesofisrael.com/uploads/2012/04/Turkey-Syrian-Refugee_Horo-1-195×293.jpg

  3. Cécilia dit :

    Et comment ASL est vue par Wikipédia : 40 000 hommes, rien que cela !!!!

    Armée syrienne libre
    (arabe : الجيش السوري الحر)
    Fondation 29 juillet 2011
    Commandement
    Colonel Riyad Al Asaad
    Main-d’œuvre
    Troupes régulières 40 000 hommes1

    L’Armée syrienne libre (arabe : الجيش السوري الحر, al-jayš as-suri al-ħurr) est la principale force armée opposée au régime de Bachar el-Assad et à l’armée régulière dans le cadre de la révolte syrienne de 2011-20122. Elles est composée de membres des Forces armées syriennes qui ont fait défection.

    Histoire

    La formation du groupe d’opposition armé a été annoncé le 29 juillet 2011 dans une vidéo publiée sur le web par un groupe de militaires syriens en uniforme qui ont fait défection. Ceux-ci on appelé les membres de l’armée à faire défection et à les rejoindre. Le chef de ces hommes, qui s’est identifié lui-même comme le colonel Riyad Al Asaad, a annoncé que l’Armée syrienne libre travaillerait avec les manifestants à la chute du régime, et on précisé que toutes les forces de sécurité attaquant des civils étaient des cibles justifiées.

    Le 23 septembre 2011, l’Armée syrienne libre (ASL) fusionne avec le Mouvement des officiers libres (arabe : حركة الضباط الأحرار, ħarakat al-ḍubbaṭ al-aħrar) et devient ainsi le principal groupe armé d’opposition2.

    Le 29 novembre 2011, l’ASL reconnait l’autorité du Conseil national syrien (CNS).

    Vers la mi-janvier 2012, l’ASL a déclaré avoir 40 000 hommes dans ses rangs. Le nombre réel de soldats ayant fait défection vers l’ASL est inconnu.
    Stationnement en Turquie

    À la mi-décembre 2011, un camp de l’ASL est installé en Turquie. Son accès est strictement contrôlé par les Forces armées turques.
    Financement

    Le financement de l’ASL est principalement le fait d’expatriés syriens

    • mécréante dit :

      On peut proposer des discussions et amendement sur wikipedia.

    • lafleuriel dit :

      lu rapidement ce soir dans le train un article du dernier Courrier International: 26 avril-2mai: Rubrique Moyen Orient page 38: Face à la Syrie la valse hésitation d’Ankara avec justement ce »dilemne » des Turcs en raison de la présence de la très grande communauté Alevie turque…et à lire aussi (et bien sûr en ne perdant pas de vue qu’on est dans Courrier international (sic, des extraits d’un article d’ All4Syria où l’on découvre les questions agitées dans les têtes cyniques des « amis du peuple syrien » pour déstabiliser la Syrie, et « parla stratégie de la tache d’huile » étendre les violences de la région d’Alep à Alep  » et je cite en passant vite : « isoler puis absorber Alep, deuxième ville du pays, privant ainsi le régime syrien du poumon économique du pays »…
      Et puis une article qui pourrait être lu avec profit par les « Ghaliounienset Ghaliouniennes, plus Kodmani et consoeurs et autres profiyteurs des largesses des monarques

      • lafleuriel dit :

        Suite de commentaires et revue de presse (excusez mon ordinateur, il saute et se balance quand je balance…
        Donc l’article page 26 toujours C.International, est une rubrique Amérique du Washington Post où l’auteur américain reconnait (enfin !!!) que les US ne comptent jamais les morts civils qu’ils font mais la main sur la bible et in Gode we trust »  » les Américains ne se soucient guère des peuples où ils interviennent ..;.. et où l’auteur écrit que les USa enferment les populations locales dans le rôle des indiens de notre conquête originelle de l’Amérique du nord.mais surtout que les interventions US en Corée et Indochine puis Irak et Afghanistan -je cite – ont fait des carnages effroyables  » et « .. selon des estimations prudentes au moins 6 millions de victimes civiles et militaires,
        Et enfin et c’est toujours l’auteur : un directeur d’un centre d’études internationales du Massachusetts qui bat sa coulpe « quand il nous arrive d’exprimer notre préoccupations pour les populations autochtones,c’est plus à des fins stratégiques par par empathie ».
        ..Bon nous on le sait depuis des lustres mais ce serait bon de rafraîchir la mémoire de ces  » représentants du peuple syrien  » mais désavoués y compris par leurs très riches employeurs..
        « Au fait il paraît qu’il y a un nouveau représentant qui, dans un hôtel de grand luxe parisien se serait déclaré bien mieux et le seul vrai Ghalioun et en bien plus musclé et avec de l’argent saoudien » il s’est déclaré décidé à sauver lui aussi le peuple syrien !
        Enfin pour Juppé : pauvre pipe lui aussi…Misérable et irresponsable…Un jour il faudrait bien qu’il rende des comptes..mais comment le lui faire rendre ???.

  4. Cécilia dit :

    Merci Louis !

    J’ai adoré surtout :

    - « Le reporter de Valeurs Actuelles dit que l’ASL « ne contrôle que très peu de combattants sur le champ de bataille »
    - « l’ASL est largement une fiction militaire ».
    - « Au marché noir, en Syrie, on nous refile des armes défectueuses, probablement à dessein ».
    - « Décidément, la duplicité du régime ne connait pas de limites ! »
    - Un malheur n’arrivant jamais seul, le trafiquant explique qu’en ce qui concerne le Liban, « tout est bloqué par le Hezbollah, l’allié de Damas« .
    - « Erdogan pour l’ASL, la population du Hatay pour Bachar ! »

    Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer !

    Que Dieu protège la Syrie !

    • Souriya ya habibati dit :

      Il faut en rire ma chère Cécilia et PLEURER au spectacle de la bêtise humaine illustrée par tous ces médias va-t-en-guerre.

      Souriya Allah hamiha wa Bachar Al Assad ra’iha

  5. Mohamed Ouadi dit :

    Critique du discours « philanthrope » sur la Syrie ou Misère du Discours : « Le calife de sang »
    Première partie
    par Fida Dakroub
    Mondialisation.ca, Le 24 avril 2012

    Généralités
    Des fantômes gigantesques se dressent, jouent sur la scène un rôle bien appris et disparaissent, brusquement, lorsque l’Hégémonie n’a plus besoin d’eux. Youssef al-Qardaoui, Burhan Ghalioun, Bernard-Henri Lévy présentent devant nos yeux un étrange ballet burlesque, intitulé « La Sainte-Révolution syrienne »[1], que certains le voient encore, ironiquement, comme l’achèvement de l’âme éternelle de la première Révolution française.

    Par ailleurs, les metteurs en scène tragiques de ce ballet – c’est-à-dire l’impérialisme occidental coalisé à l’absolutisme arabe – soufflent encore le feu de la crise syrienne, et mettent des bâtons dans les roues du chariot de l’émissaire international et arabe, M. Kofi Annan, en menaçant de réagir hors des organisations internationales, comme l’ambassadrice étatsunienne auprès du Conseil de sécurité, Susan Rice, l’a bien exprimé[2].

    Pourtant au Proche-Orient, le jeu de feu se joue selon des règles différentes de celles publiées dans le « Manuel des jeux Olympiques » ; ces règles différentes disent : une fois que le feu est mis aux poudres, une fois que les forces de la haine religieuse et du ressentiment confessionnel sont libérées et l’énergie sociale transformée d’énergie productive en énergie destructive, les hommes qui auront mis le feu à la poudrière seront soufflés par l’explosion, qui sera mille fois plus forte qu’eux, et se cherchera l’issue qu’elle pourra ; une guerre civile, une guerre régionale ou même une guerre mondiale.

    La dichotomie manichéenne médiévale et le discours « philanthrope » sur la Syrie

    Pendant un an et quelques, des cris de guerre, des injures et des menaces à la Syrie, venaient de partout ; des dirigeants et responsables atlantiques, des émirs et sultans arabes de la péninsule Arabique, des médias impérialistes, d’analystes assidus, d’experts diligents, de chercheurs, de fanfarons, de charlatans, de djinns, de titans[3] et de hashmodaï[4] ; tous, dans un langage humaniste et philanthrope, dénonçaient l’« atrocité » et la « férocité » du « calife de sang » envers son peuple, mais reproduisent, par contre, l’Orient non selon des critères du « réel », mais bien plutôt selon des critères du « fictif » ; précisément ceux d’un imaginaire européen médiéval sur l’Orient, devenu fixe, plus tard au XIXe siècle, dans le discours orientaliste, et figé, dans le discours raciste des colonialistes du XX siècle ; une représentation fautive de l’Orient tel qu’il est présent dans « La Chanson de Roland ».

    À fortiori, au Moyen-âge, le discours religieux de l’Église occidentale et des chansons de geste – surtout le cycle des rois – produisait un personnage imaginaire, une représentation fautive du réel, celui du sarrasin fictif, parallèlement au sarrasin historique[5].

    D’une façon similaire, le discours « impérialiste philanthrope » de la Sainte-Alliance arabo-atlantique produit, chaque jour et à travers un système compliqué d’hégémonie médiatique, un nouveau personnage imaginaire, une sorte de représentation fautive, qui ne diffère pas vraiment – du point de vue discursif – de la représentation du sarrasin fictif dans les chansons de geste, mais bien plutôt elle la continue. À titre d’exemple, lorsque la secrétaire d’État des États-Unis, Hillary Clinton, dénonçait à l’ONU le « cynisme » de Bachar al-Assad[6], elle ne faisait que reproduire, dans un langage politique, la dichotomie manichéenne du discours religieux de l’Église médiévale et celui des chansons de geste : « Paien unt tort e chrestiens unt dreit »[7] ; mais aussi la dichotomie eurocentriste des XIXe et XXe siècles. La preuve en est que le discours eurocentriste divise le monde en deux espaces culturels : barbarie en Orient, civilisation en Occident.

    Ajoutons que ce discours adopte une approche binaire, une vision manichéenne du monde ; et que durant la guerre froide, cette division prit une autre couleur : totalitarisme à l’Est, démocratie à l’Ouest[8].

    D’ailleurs, lorsque les dirigeants atlantiques se mettent devant les caméras pour s’adresser au « surplus » démographique de la planète, ils le font tout en étant conscients de cette dichotomie : la bonhomie c’est nous ; la méchanceté c’est eux ; l’Autre – qu’il soit arabe, russe, iranien, africain, oriental, asiatique, amérindien, etc.

    À vraiment dire, rien n’a beaucoup changé depuis « La Chanson de Roland » comme le démontre Georges Corm : « L’Orient serait mystique, irrationnel, violent ; l’Occident serait rationnel, laïc, technicien, matérialiste, démocrate. Bref, l’Orient est barbare pour les Occidentaux »[9].

    Au préalable

    Lisons ce qu’on écrit, écoutons ce qu’on dit aux médias de l’ordre sur la Syrie ; aucune analyse, aucune argumentation, aucune lecture objective du réel objectif ; rien que des poèmes ; et quels poèmes ! les plus prosaïques depuis le cri de Judas Iscariote[10] jusqu’à la dernière déclaration du ministre français de la Défense, Gérard Longuet[11] ; aucune âme éternelle, aucune valeur stylistique, aucun esprit critique ne se manifeste dans les « mille et une analyses » qu’on propage tous les jours sur la Syrie, à travers les pages et les ondes des médias de l’ordre, aucun ; seul le Saint-Esprit de l’ignorance et de la désinformation règne sur les chemins de la prétendue « révolution » syrienne.

    Parmi ces poèmes prosaïques, nous lisons,ici, l’article de Christophe Barbier[12].

    Christophe Barbier : « Syrie, le calife de sang »

    Dans un langage emprunté à celui du discours orientaliste des écrivains français du XIXe siècle – le siècle de l’expansion coloniale par excellence – Christophe Barbier rédige un article intitulé « Syrie, le calife de sang »[13], paru sur l’Express. Dès le titre, le substrat culturel médiéval s’émerge brusquement à la conscience de l’écrivain : c’est le mot « sang » qui occupe la première place au niveau de l’énoncé, même s’il vient deuxième au niveau de la proposition. Le mot « sang », ici, est invariable en comparaison avec le mot « calife » qui vient premier au niveau de la proposition, mais second au niveau de l’énoncé ; car le mot « calife » est, ici, variable ; on peut le remplacer par « vampire », « seigneur », « démon », etc. Par contre, c’est le mot « sang » qui dicte le message expédié aux lecteurs. Il connote la barbarie, la sauvagerie, le despotisme, l’animalité, la bestialité ; il est précédé d’un génitif précis, choisi soigneusement du registre de vocabulaire orientaliste. L’écrivain ne parle pas d’un « vampire de sang », car le mot « vampire » fait partie de l’imaginaire européen du XIXe siècle, surtout avec la parution du célèbre roman de Bram Stoker, « Dracula », en 1897 ; mais il parle plutôt d’un « calife » qui, en tant que mot, connote le discours orientaliste et colonialiste sur l’Orient musulman. Un « calife », oui un « calife » ! Ici, tout le substrat médiéval se présente fortement dans le but de déformer la réalité et d’altérer le « réel » ; car dans la réalité, le président Assad n’est point un calife, mais le chef d’un parti politique socialiste séculaire, le parti Baath. Par contre, le mot « calife » aurait été mieux utilisé dans son contexte si on l’avait accordé au premier ministre turc, Recep Tayyib Erdogan, à son ministre des Affaires étrangères, M. Ahmet Davutoglu et aux responsables du « Parti Justice et Développement » (AKP)[14], issu de l’idéologie islamiste des « Frères musulmans » ; aux membres de la monarchie saoudite, issue de l’idéologie islamiste wahabite, aux émirs et sultans de la péninsule Arabique et de leur « absolutum dominium », issu de la loi divine ; aux chefs et guides religieux de la Sainte-Révolution syrienne, une formule d’amalgame alchimique qui mélange, dans un même alambic, les idéologies islamiste wahabite, islamiste salafiste, islamiste frère-musulmane et l’Aufklärung de monsieur Burhan Ghalioun ; ou même aux nouveaux « émirs » des émirats islamistes émergés, en forme de champignons, dans les villes syriennes, par la grâce de l’appui et du soutien militaires des puissances arabo-atlantiques. Pourtant, M. Barbier insiste à renverser l’ordre des choses et donne à son article grandissime un titre grandiose : « Le calife de sang », donc un sarrasin, un félon, un païen.

    Ainsi, la dichotomie manichéenne se dessine de nouveau dans l’arène de la guerre impérialiste contre la Syrie : la soi-disant « opposition » syrienne est dans son droit, le gouvernement syrien est dans son tort.

    De surcroit, le discours eurocentriste manichéen de M. Barbier atteint son summum lorsqu’il emploie un terme qui fait appel à l’idée racialiste de Gobineau[15].

    Tout en appliquant une lecture racialiste à la réalité syrienne, M. Barbier arrive à une conclusion plus raciste que l’idéologie raciste de l’esclavagisme, lorsqu’il déclare que les « gènes » du pays se rendent responsables de la crise. Lisons M. Barbier :

    « A cette glaçante spécificité syrienne, il est deux raisons : l’une, inscrite dans les gènes du pays, ne peut être déracinée ; l’autre, nourrie par l’impuissance, la lâcheté et la duplicité des grandes puissances, peut et doit disparaître »[16].

    M. Barbier continue : « La guerre civile syrienne dure parce que ce n’est pas une guerre civile, parce qu’il n’y a pas de guerre civile sans peuple unique, indivisible, cimenté par des siècles de fusion mentale. La Syrie ne prouve-t-elle pas aujourd’hui qu’elle est un agrégat plus qu’un pays, que les divisions ethniques et religieuses l’emportent sur l’esprit national ? ».

    Ainsi, M. Barbier « redéfinit » la réalité syrienne selon une approche orientaliste, harmonisée avec un discours racialiste, qui ne voit en Orient que de tribus barbares et bestiales, s’entretuant jusqu’à la fin des jours. C’es sur ce point précis qu’il faut rappeler M. Barbier que la Syrie, comme toute autre société orientale musulmane – précisément levantine – se compose d’une pluralité ethnique, culturelle et linguistique – en Occident, le Canada, la Belgique, la Suisse ne sont pas loin d’une telle réalité – ; pourtant, cette pluralité culturelle ne devrait pas être considérée comme source « essentielle » de guerres civiles et de tueries ; parce que l’Histoire de l’Orient connaît de longues périodes de tolérance et d’acceptation culturelle ; par contre, les périodes d’intolérance étaient bien courtes et limitées à des événements politiques spécifiques. À plus forte raison, la civilisation orientale de l’Orient musulman n’aurait pu atteindre son apogée si elle n’avait pas toléré, accepté et absorbé les cultures syriaque chrétienne et persane zarathoustrienne. Dans ce sens, nous trouvons utile de mentionne, ici, le discours d’Amin Maalouf sur l’Orient en tant qu’une réplique-réponse au discours orientaliste et racialiste de l’Hégémonie occidentale :

    « Ce ne fut pas une courte parenthèse. Du VIIe jusqu’au XVe siècle, il y eut à Bagdad, à Damas, au Caire, à Cordoue, à Tunis, de grands savants, de grands penseurs, des artistes de talent ; et il y est encore de grandes et belles œuvres à Ispahan, à Samarcande, à Istanbul, jusqu’au XVIIe siècle et parfois au-delà. Les Arabes ne furent pas les seuls à contribuer à ce mouvement. Dès ses premiers pas, l’islam s’était ouvert sans aucune barrière aux Iraniens, aux Turcs, aux Indiens, aux Berbères […] du point de vue culturel, quel extraordinaire enrichissement ! Des bords de l’Indus jusqu’à l’Atlantique, les têtes les mieux faites purent s’épanouir dans le giron de la civilisation arabe »[17].

    En plus, dire que le sort et le destin du Proche-Orient est de vivre dans des cercles vicieux de tueries et de carnages n’est, en effet, qu’une expression idéologique de ce discours orientaliste et racialiste ; il s’agit, ici, d’une conception « qui réduit l’identité à une seule appartenance, installe les hommes dans une attitude partiale, sectaire, intolérante, dominatrice, quelquefois suicidaire, et les transforme bien souvent en tueurs, ou en partisans des tueurs »[18].

    Mieux encore, M. Barbier omet toute allusion au rôle que les ingérences étrangères jouent en Syrie ; il faut voir à ce propos celui des Turcs, des Français, des émirs et sultans arabes et de l’Empire étatsunien à redessiner l’hétérogénéité levantine en des « zones de conflit » au lieu de « zones de contact »[19] ; car derrière chaque conflit de nature religieuse ou ethnique, nous trouvons, inopportunément, la « grâce » du colonialisme des Grandes puissances du XIXe siècle, de l’impérialisme franco-britannique du XXe siècle et de l’ « humanitairisme » étatsunien du XXIe siècle. Tout cela nous l’avons dit dans deux de nos analyses, l’une sur l’hétérogénéité syrienne[20], l’autre sur l’accord Sykes-Picot[21].

    Il en va de même que M. Barbier se répand en belles phrases poétiques et philanthropes, comme celles de la secrétaire d’État étatsunienne, Hillary Clinton, comme celles du premier ministre turc, Recep Tayyib Erdogan, comme celles de l’émir du Qatar, Hamad, dénonçant « le calife de sang », qui s’enorgueillit dans son grand sérail, dénué de toute sentimentalité. Par contre, si nous comparons le « corpus delicti », le véritable discours de M. Barbier et son écho, ses approches « analytiques », ses « argumentations », ses conclusions, ses recommandations, ses souhaits et ses espoirs, si nous les comparons avec le discours quotidien des dirigeants de la Sainte-Alliances arabo-atlantique, il n’y a qu’un seul mot que nous puissions lui appliquer, celui de la désinformation :

    « Que les vieillards que nous sommes sont donc encore soumis au vice du mensonge »[22].

    Fida Dakroub, Ph.D
    http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30516

  6. joseph cotton dit :

    Les rivalités et les soupçons entre les rebelles menacent la révolte en Syrie

    Une description éloquente des groupes armés, desemparés, isolés et méfiants des autres groupes armés. (en anglais)

    http://news.yahoo.com/rebel-rivalry-suspicions-threaten-syria-revolt-140411631.html

  7. Mohamed Ouadi dit :

    Traduction d’un article du journal libanais Assafir, dont le lien nous a été proposé par notre amie Sourya Ya Habibati :

    Ryad et Doha menacent de suspendre leur pétrole … Et pékin répond par le refus de tout chantage !
    La Chine est plus stricte que la Russie sur le dossier Syrien : les hypothèses de la guerre augmentent, une cellule américaine de travail propose le freinage de l’impulsion des courants islamistes comme priorité dans ses « conclusions arabes ».

    Deux rapports diplomatiques traitent des positions chinoise et américaine dans les développements houleux de la région.
    Le premier rapport est issu d’une capitale européenne distinguée, sur le durcissement des chinois face à des tentatives occidentales, arabes et régionales qui cherchent à renverser le régime syrien, tandis que le second, issu de la capitale américaine, traite du point de vue d’une cellule de travail dans l’administration américaine, pour l’avenir du Moyen Orient, à la lumière de la montée du phénomène des islamistes dans la région.

    Chirurgie à l’acupuncture chinoise :
    Le premier rapport diplomatique parle de la position chinoise au sujet de la crise, et sur sa complémentarité avec la position russe. Et, il donne un exemple de la solidité et de la consistance de la position russe, en divulguant deux incidents qui se sont produits avec Pékin récemment :
    - Le premier, à travers son ambassade à Paris, lors d’une des sessions de pourparlers sino-français, l’ambassadeur chinois a dit à son interlocuteur aux affaires étrangères françaises, que « la différence entre les positions de nos deux pays, sur la question syrienne, est une différence culturelle et scientifique, puisque vous, vous croyez à la chirurgie de résection, tandis que nous, nous croyons à la chirurgie à l’acupuncture ».
    - Le second, l’exercice par l’Arabie Saoudite et Qatar de pressions sur la Chine pour l’amener à changer sa position vis-à-vis du régime syrien, et, cela s’est passé par le contact d’un haut responsable saoudien avec son homologue chinois pour le mettre devant deux options : la première est que « la préservation de vos relations économiques avec les pays du golf « ne peut être maintenue si la Chine ne révise pas sa position au sujet de la crise syrienne », la seconde « si la position de la Chine reste stable vis-à-vis de la crise syrienne, cela peut porter atteinte à l’échange pétrolier avec elle ». Le rapport ajoute que la réponse du responsable chinois au responsable saoudien a été un choc pour ce dernier, car le premier lui a appris d’un ton ferme et décisif que « Pékin est contre le contrôle unilatéral sur l’exportation du pétrole dans n’importe quelle zone et vers n’importe quelle zone dans le monde et, par conséquent, elle ne va pas permettre ni accepter que soit exercé sur elle une pression pétrolière, et que si cela arrive, elle ne va pas seulement s’y opposer et l’arrêter, mais elle va immédiatement créer des équilibres internationaux contre le monopole de la distribution mondiale du pétrole ».

    Une surprise diplomatique attend l’envoyé onusien :
    Le rapport diplomatique révèle que la réponse chinoise qui a embarrassé le responsable saoudien est vite parvenue aux oreilles de Washington qui s’est empressée de la mettre sous microscope des soins intensifs pour disséquer son sens stratégique, ce qui a amené Washington à demander à l’Arabie saoudite et à Qatar de retirer leur menace pétrolière, immédiatement, du débat politique avec la Chine avant la visite de l’émissaire onusien à Pékin en provenance de Moscou.
    Et, la surprise diplomatique a été qu’Annan, qui s’attendait à avoir des discussions, à Pékin, avec le ministre des affaires étrangères, Yang Jiachi, à l’instar de ses discussions, à Moscou, avec le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, selon le protocole du à son statut d’envoyé spécial de l’ONU, fut surpris par le message politique qui lui a été adressé par Pékin et qui réside dans sa réception par le 1er ministre chinois, Wen Jiabao, n°2 en Chine, après les excuses du ministre des affaires étrangères qui accompagnait le président chinois dans sa visite asiatique à la fois à la Corée, l’Inde et le Cambodge.

    Qu’est ce qu’Annan a entendu du n°2 chinois :
    Selon le même rapport diplomatique, le haut-responsable chinois a fait savoir à son visiteur, l’ancien secrétaire général de l’ONU, les positions suivantes :
    1. Le rejet catégorique par Pékin de la dégradation de la situation au Moyen Orient parce que cela va entraîner une réalité régionale nouvelle et, par conséquent, Pékin se trouvera contrainte de changer sa stratégie qui consiste à maintenir et à renforcer ses relations avec les Etats-Unis, ce qui menace de glissement vers là où la Chine ne veut pas entrer en collision avec Washington, et, en conséquence, tout traitement de la crise syrienne doit prendre en considération la position de la Chine à ce sujet.
    2. Un renversement du régime syrien mènera au chaos au moyen orient, ce que refuse la Chine et ne veut pas, du tout, que cela se produise.
    3. Pékin relève que les changements qui ont commencé à se produire au moyen orient, depuis début 2011, ont augmenté les probabilités de déclenchement de guerres nouvelles entre les forces régionales, ce qui menace les intérêts économiques mondiaux et ce à quoi Pékin s’oppose fortement.
    4. Pékin a remarqué que le « printemps arabe, qui était principalement pour œuvrer à la réalisation de la démocratie, de la justice sociale et de la liberté, a dévié de son chemin, et a commencé à faire de la publicité pour l’arrivée des forces religieuses intégristes au pouvoir pour asseoir des régimes islamistes fondamentalistes qui menacent au cas où, la sécurité nationale chinoise, ce que rejette Pékin et va contrer jusqu’à la fin.
    5. Pékin considère que l’intervention militaire occidentale et qatarie en Libye, en plus du soutien de l’Arabie Saoudite et du Qatar à l’opposition syrienne par les armes et l’argent, et les médias, a transformé le « printemps arabe » en un « automne arabe ».
    6. Pékin est plus disposé que quiconque à résoudre la crise syrienne, mais elle estime que l’importance de la position géopolitique de la Syrie au moyen orient est la clé de la stabilité ou de l’instabilité de la région. Ce qui rend impératif pour la communauté internationale d’aider à trouver une solution politique à la crise syrienne, par les réformes politiques souhaitées, du haut en bas, et cette transition politique progressive du régime, Pékin considère qu’elle va avoir ses grands effets positifs, que ce soit sur la situation intérieure en Syrie, et sur la stabilité dans la région du moyen orient et dans le monde.
    7. Sur la base de ce qui précède, le n°2 chinois, a informé son hôte, Kofi Annan, que Pékin estime que l’entrée au maintien de la stabilité dans la région, à cette étape, est le maintien de la stabilité en Syrie et de ne pas toucher à sa direction.
    8. Et le rapport conclut par la présentation d’un résumé de la position chinoise qui est que Pékin « préfère, actuellement, que le président Bachar Al Assad reste au pouvoir, et en même temps que la Russie prenne les devants par sa présence et son influence internationale, aux frontières du conflit arabo-israélien, et à proximité des sources du pétrole, parce que cela donne à la Chine la possibilité d’élargir son entente avec la Russie, ultérieurement, pour redessiner une nouvelle carte de l’équilibre mondial des forces qui garantit leurs intérêts stratégiques communs au moyen orient et sur la scène internationale.

    Washington … et les « poussées arabes » :
    Le second rapport diplomatique indique que l’administration américaine a pris l’initiative de former une cellule de travail qui comprend des personnalités travaillant dans des domaines politiques, militaires, sécuritaires, économiques et financières pour évaluer les dimensions des « poussées arabes » connues par certains pays arabes, en particulier, l’Egypte, la Tunisie, la Libye, le Yémen, le Bahreïn et la Syrie, et qui sont appelées le « printemps arabe ».
    Cette cellule de travail a abouti à la conclusion selon laquelle il est nécessaire d’agir immédiatement et rapidement pour arrêter cette impulsion du « printemps arabe », parce qu’il menace de la sortie du contrôle, surtout dans les pays pétroliers alliés des Etats-Unis et de l’occident, ce qui va exposer les intérêts économiques et stratégiques américains aux dangers si les choses ne sont pas dominées avant de s’empirer.
    La cellule de travail américaine indiquée a enregistré un certain nombre de remarques concernant le « printemps arabe » et qui sont :
    1. Les groupes islamistes arrivés au pouvoir dans certains pays arabes ont montré leur incapacité manifeste, jusqu’à maintenant, à construire des régimes qui répondent aux aspirations de leurs peuples à la liberté, au progrès et à la prospérité.
    2. La plupart des régimes arabes, héréditaires du golf tout particulièrement, dont les pays sont considérés comme des zones d’influence stratégique des Etats-Unis, ont montré leur incapacité à contrôler le terrain dans leurs pays, à la lumière de la croissance rapide des courants islamistes extrémistes.
    Le rapport indique que si l’on ne fait pas face à ces courants, rapidement, « nous allons assister à un affrontement rapide de ces régimes, ce qui menace les intérêts stratégiques américains dans la région, y compris la présence de bases militaires américaines dans la région du golf, cela peut de même éloigner les Etats-Unis des sources du pétrole et du gaz, étant donné que la région du golf comprend les plus grandes réserves du pétrole dans le monde, et considérée comme le premier exportateur aux pays du monde sans exception.
    3. Le succès du régime syrien à museler / réduire l’impulsion des courants islamistes extrémistes, à l’intérieur de la Syrie, et le rassemblement de l’armée syrienne et des autres institutions sécuritaires et une grande partie du peuple autour du régime, sont « autant d’éléments qui doivent motiver l’administration américaine à revoir ses politiques de soutien à l’arrivée des groupes islamistes au pouvoir en Syrie et à freiner « le printemps arabe » à la porte de la Syrie, et à œuvrer à poser des mécanismes pour réduire l’impulsion islamiste dans les autres pays arabes, en particulier, l’Egypte considérée comme un anneau stratégique garantissant les intérêts américains dans la région.
    Une équipe de l’administration américaine approche les développements égyptiens, du prisme des intérêts de Washington, et considère que ces derniers sont menacés après que les courants islamistes, avec leurs deux ailes (frères musulmans et salafistes), aient grincé leurs dents et déclaré leur volonté d’arriver à la présidence de la république et présenté deux candidats les représentant dans les élections présidentielles (le cas de l’arrêt de l’exportation du gaz en Israël constitue un sujet de préoccupation à la fois pout Tel Aviv et pour Washington).

    La cellule de travail américaine est parvenue, à la lumière de ses observations, à une série de recommandations portées à l’administration américaine, dont notamment :
    1. La nécessité que Washington accélère de se laver les mains du « printemps arabe, à condition que cela s’applique aussi aux alliés de Washington et des européens, en particulier la France.
    2. L’appel des alliés du golf, en particulier l’Arabie saoudite et Qatar pour cesser leur soutien aux groupes extrémistes pour éviter (l’effet boomerang) que la magie ne se retourne contre le magicien, et entraîner, par la suite, le naufrage du bateau avec son équipage, et la perte pour tous, y compris Washington et les européens, et transformer, ainsi, le monde arabe en un centre de tensions et de conflits tribaux, sectaires, confessionnels et religieux, difficiles à contrôler, par la suite, ce qui réduirait les intérêts vitaux, stratégiques et économiques américains et européens au moyen orient, et menacer directement la sécurité d’Israël et son existence.
    3. La demande au gouvernement turc, en particulier à son 1er ministre, Recep Tayyip Erdogan, de prendre ces recommandations, ces observations et ces mises en gardes en considération et d’arrêter son impulsion et celle de son gouvernement envers les mouvements islamistes extrémistes, pour préserver les intérêts américains et occidentaux dans la région.
    4. Prendre en considération les positions chinoise et russe qui soutiennent le régime syrien et les prendre au sérieux, et en bénéficier positivement pour arrêter la montée des intégrismes islamiques dans le monde arabe, pour préserver la stabilité, la paix et la sécurité internationales.
    Le rapport diplomatique s’arrête sur la situation libanaise, dans l’angle d’une vision d’ensemble de la situation arabe, et les américains présentent des conseils à leurs « amis libanais » sur la nécessité de ne pas s’impliquer dans le « bourbier syrien », et d’adhérer efficacement à la « politique de l’auto-distanciation » adoptée par le gouvernement du Liban, dans le traitement du dossier syrien et des autres dossiers régionaux, dont le dossier nucléaire iranien, en soulignant la nécessité de se préparer à l’étape des élections législatives en 2013, dont il est attendu de reconsidérer « les constantes de la révolution du cèdre ».
    A Washington, selon le rapport, il y’a une conviction que le gouvernement actuel va continuer jusqu’aux élections législatives, et que la priorité, actuellement, est à la stabilité libanaise, « parce que ce temps est le temps du mouvement syrien », et c’est la même expression qui a été utilisée par le secrétaire d’Etat adjoint, Jeffrey Feltman, au cours de la cérémonie, commémorée à Washington, à l’occasion du 7ème anniversaire du mouvement du 14 mars.
    Le Deuxième point est que la stabilité au sud Liban est une nécessité libanaise, régionale et internationale, sous le plafond de la résolution 1701, et le renforcement du rôle de la « FINUL », en plus du soutien aux efforts de l’armée libanaise dans la lutte contre le terrorisme et la protection des frontières.

    Article de Daoud Ramal / publié par Assafir du 27 avril 2012, et traduit pour Infosyrie, par Mohamed Ouadi.

    Source : http://www.assafir.com/Article.aspx?EditionId=2136&ChannelId=51028&ArticleId=2620&Author=%D8%AF%D8%A7%D9%88%D8%AF

  8. Cécilia dit :

    Et une brigade constituée à Houran (sud de la Syrie) dit que l’ASL achète les armes aux proches du régime (en les bien exposant devant la caméra) sans oublier de remercier le Koweït qui lui a donné de l’argent, notamment un prénommé Abou Uthman:

    http://www.youtube.com/watch?v=aE_G7pn8Btc&feature=related

  9. Djazaïri. dit :

    En tout cas une cargaison d’armes qui n’arrivera pas à l’ASL…
    Sources: El-Watan DZ
    Dépêches

    Syrie: des armes saisies à bord du bateau intercepté au Liban
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    le 28.04.12 | 08h30
    L’armée libanaise a saisi samedi trois containers d’armes destinées à la rébellion syrienne à bord d’un navire arraisonné la veille dans le nord du pays, a annoncé à l’AFP une source des services de sécurité.
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    L’armée libanaise a saisi samedi trois containers d’armes destinées à la rébellion syrienne à bord d’un navire arraisonné la veille dans le nord du pays, a annoncé à l’AFP une source des services de sécurité.
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    L’armée libanaise a saisi samedi trois conteneurs d’armes en provenance de Libye et destinées à la rébellion syrienne à bord d’un navire arraisonné la veille dans le nord du pays, a annoncé à l’AFP une source des services de sécurité.
    Ce chargement se composait de mitrailleuses lourdes, d’obus, de roquettes, de lance-roquettes et d’explosifs, a précisé cette source.
    Un autre responsable de la sécurité a affirmé que le navire, qui battait pavillon du Sierra Leone, avait obtenu un permis d’accoster dans le port de Tripoli (nord).
    Les autorités syriennes et des sources au sein de la sécurité libanaise ont à plusieurs reprises affirmé que des armes étaient acheminées clandestinement depuis le Liban pour venir en aide aux rebelles qui cherchent à renverser le régime du président Bachar al-Assad.
    Le « Lutfallah II » est parti de Libye avant de faire une escale au port égyptien d’Alexandrie, avant d’être intercepté et fouillé par la marine libanaise dans le port de Selaata, à environ 50 km de Beyrouth, selon la même source.
    Selon cette source, le capitaine du navire et l’équipage ont été remis aux renseignements militaires à Tripoli pour y être interrogés.
    Un correspondant de l’AFP a vu trois camions militaires convoyant les trois containers en direction de Beyrouth, escortés par huit jeeps militaires et un hélicoptère.
    Un habitant a affirmé à l’AFP que le navire avait quitté le port dans la matinée, escorté par la marine libanaise, vers une destination inconnue.
    La Syrie est en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire sans précédent qui s’est militarisée au fil des mois face à la répression meurtrière menée par le régime. En 13 mois, les violences ont fait plus de 11.100 morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
    AFP

  10. Abbou dit :

    Quelqu’un peut-il me donner une idée sur la position officielle de l’Algérie concernant ce qui se passe en Syrie. Je vois beaucoup de flou…

  11. Cécilia dit :

    Une hypothèse israélienne plus que probable sur l’attaque de la mer contre Lattaquié !

    La rébellion syrienne attaque depuis la mer

    [Dimanche 29/04/2012 16:22]

    Des sources syriennes à Damas ont reconnu vendredi 27 avril que des forces rebelles ont tenté de débarquer avec des zodiacs sur la plage de Lattaquié. Le combat s’est développé entre les rebelles et les forces syriennes d’Assad. Il y a eu des tués dans les deux parties adverses.

    C’est la première fois que des rebelles syriens tentent de prendre l’offensive par la mer sur des objectifs du régime d’Assad. On émet l’hypothèse que ces assaillants de la rébellion syrienne ont embarqué en Turquie sur un navire qui les a lâchés en zodiac face à Lattaquié.

    http://www.israel7.com/2012/04/la-rebellion-syrienne-attaque-depuis-la-mer/

    • Cécilia dit :

      Et un commentaire sur cet article dont je fais copie-collée :

      Le super pied ce serait une guerre entre la Syrie et la Turquie….avec des millions de morts des deux cotes et un bouquet final avec la mort de Bashar Al Assad! Si l’Iran pouvait s’en prendre plein la gueule ce serait l’apothéose….Désolé mes frères gauchistes et pro palestiniens si le peuple espère que nos ennemis se bouffent entre eux!

  12. Maysaloun dit :

    Opération contre le DHKP-C: 100 arrestations

    Objectif: bâillonner l’opposition à l’AKP et briser la solidarité avec la Syrie

    Une opération policière de grande envergure a visé la gauche radicale turque hier matin dans onze provinces du pays.

    Plusieurs associations et domiciles ont ainsi été visés par la police à Istanbul, Kocaeli, Ankara, Adana, Eskisehir, Konya, Tunceli (Dersim), Sakarya, Kütahya, Mersin et Hatay (Antakya).

    Vers 3h30, les locaux de la Fédération des associations de la jeunesse situés à Okmeydani ont été pris d’assaut à coups de bombes lacrymogènes par les unités antiterroristes qui ont préalablement forcé les portes à l’aide d’un bélier. Au cours de cette opération, 9 étudiants dont quatre femmes, ont été arrêtés.

    Dans la province majoritairement arabophone du Hatay, les policiers antiterroristes ont pris pour cibles les bureaux d’un périodique dénommé « Hayat Veren Asi » (L’Oronte qui donne la vie) et ceux d’une organisation appelée « Hatay Haklar Dernegi » (association pour les droits du Hatay).

    Ces deux organismes voient dans cette véritable agression policière une tentative de la part du gouvernement AKP de saboter un festival de solidarité avec le peuple syrien qu’ils coorganiseront le 13 mai prochain à Antakya, une ville frontalière grouillant de mercenaires djihadistes hébergés par le gouvernement turc, encadrés par les services secrets de l’OTAN et dont la mission est de déstabiliser la Syrie.

    Le célèbre collectif musical anatolien Grup Yorum qui est en tête d’affiche de ce festival de solidarité avec le peuple syrien et contre une « intervention impérialiste en Syrie » et qui a regroupé plus de 300.000 fans à Istanbul le 17 avril dernier, est lui aussi régulièrement visé par la répression pour ses liens présumés avec la gauche clandestine turque ainsi que pour son répertoire militant.

    Le Front populaire (Halk Cephesi), une plateforme regroupant plusieurs associations militantes actives dans les campus universitaires, les lycées, les quartiers populaires, les syndicats et les associations professionnelles a émis un communiqué pour dénoncer une agression contre « des associations démocratiques « , contre la « liberté d’expression » et la « solidarité internationale ».

    Le 9 mai 2012
    Bahar Kimyongür

    Source: Hurriyet, Milliyet, Firat News, Radikal, Birgün.