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  Tous semblent s'accorder sur le fait que les combats ont été particulièrement violents vendredi à Alep, les rebelles ayant lancé une série d'attaques contre les positions de l'armée, qui a dit les avoir toutes repoussées. Les rebelles en conviennent d'ailleurs : un chef de la brigade Tawhid a dit que ses troupes avaient conquis une "base" de l'armée dans le quartier de Salaheddine mais qu'ils n'avaient pu s'y maintenir. D'autres chefs rebelles ont dit avoir progressé dans les quartiers de [...]



Les rebelles veulent entraîner Alep dans leur chute

Par Guy Delorme avec Cécilia,



 

Tous semblent s’accorder sur le fait que les combats ont été particulièrement violents vendredi à Alep, les rebelles ayant lancé une série d’attaques contre les positions de l’armée, qui a dit les avoir toutes repoussées. Les rebelles en conviennent d’ailleurs : un chef de la brigade Tawhid a dit que ses troupes avaient conquis une « base » de l’armée dans le quartier de Salaheddine mais qu’ils n’avaient pu s’y maintenir. D’autres chefs rebelles ont dit avoir progressé dans les quartiers de Sukhari (sud-ouest, et au sud-est de Salaheddine) et Izaa (nord).

Mais on commence à savoir ce que valent les communiqués de victoire de la rébellion : les éventuelles avancées de celle-ci dans tel ou tel quartier concernent deux ou trois rues. La réalité c’est que l’ASL et les groupes islamistes associés ont mené jeudi soir et vendredi des attaques tous azimuts pour exorciser une défaite inéluctable.

De cette stratégie du désespoir témoigne l’incendie des commerces de la Vieille ville, tôt ce samedi matin : des centaines de boutiques seraient la proie des flammes ; cette stratégie de la « ville brûlée », déjà utilisée par les Communards de Paris en 1871, a une double motivation : freiner l’avance de l’armée, et punir une ville qui s’est refusée à la « Révolution ».

Une source militaire a publié ce samedi matin une liste nominative de 75 rebelles tués vendredi à Alep ; sur cette liste ne figurent pas un certain nombre de morts non encore identifiés. L’ASL agonisante ne regarde pas à la dépense humaine, facilitée par la sombre détermination islamiste à mourir pour la cause de Dieu et du Califat.

Voici quelques éléments sur ce qui s’est passé vendredi à Alep, lors de la soi disant « offensive décisive » menée par l’ASL pour la conquête de la ville :

-Dans la Vieille ville, notamment près de la place al-Meleh et d’une école de médecine, plusieurs rebelles ont été tués.

-A Bab Antakya (centre), un groupe a été décimé.

-A Cheikh Maqsoud, quartier à dominante kurde et chrétienne tout au nord de la ville, un groupe a été décimé. Le quartier accueille plusieurs milliers de réfugiés ayant fui les combats et l’ASL. Une source pro-gouvernementale indique que 16 terroristes du Front al Nusra (al-Qaïda) ont été tués par l’armée le vendredi 29 septembre dans ce quartier, après qu’une quarantaine d’entre eux ont tenté de s’infiltrer. Voici en tous cas le photos de plusieurs cadavres ASL, prises à Cheikh Maqsoud :

http://www.facebook.com/media/set/?set=a.415912811796112.106118.315633288490732

-A Boustane al-Bacha (nord), près d’un institut agricole, un ou deux groupes armés ont été intégralement détruits.

-A Boustane al-Kasr (ouest de la Vieille ville), des activistes mis hors de combat près de l’école de l’Indépendance.

-A Salihine (sud de la ville, à l’est de Fardos), accrochages près de la mosquée Omar ben Abdel Aziz.

-A Al-Kalllase (centre-sud, et au nord de Fardos) accrochage près de la mosquée Jamal Abdel Nasser ; Sana parle selon son habitude de « dizaines de terroristes » tués et blessés, évaluation peut-être « embellie » mais renvoyant néanmoins à une réalité meurtrière.

-A Bab al-Nairab (est de la Vieille ville), une bande décimée près de l’usine à glace.

-Autre accrochage à Souk al-Khodra.

-Au rond point d’Aghiour, près de la citadelle et de la Vieille ville, accrochage encore.

-Au pond point de Bab al-Hadid (est de la Vieille ville), une bande décimée.

-A Tall al-Taraziz, un quartier périphérique, une autre bande a été décimée, et cette fois Sana fournit un bilan précis : 22 activistes tués, et d’autres blessés, ainsi que deux pick-up à mitrailleuse lourde détruits.

Dans la région d’Alep, six pick-up et deux camions transportant des armes ont été détruits sur la route Mareh/Akhtarin, non loin de la frontière turque. A Al-Bab, ville située à une trentaine de kilomètre au nord-est d’Alep et tenue par la rébellion, l’armée a frappé (par air ?) un rassemblement d’insurgés : Sana affirme que plusieurs chefs ont été tués dans cette attaque.

A l’ouest d’Alep, à Orm al-Soughra, un point d’appui ASL a été liquidé.

Samedi matin…

Selon un correspondant de l’AFP, les combats avaient toutefois baissé d’intensité vendredi soir dans la ville même, mais ce matin les chaines d’info continue française reparlaient de violents combats (« sans précédents« , hum !), entretenant vaille que vaille la fiction d’une « offensive générale » de l’ASL. On (l’OSDH, évidemment) reparle de Salaheddine, objet apparemment d’une attaque rebelle ce samedi matin.

Un habitant d’Alep contacté tôt ce samedi par une de nos habituées dit que le quartier d’Azizié (centre) et les quartiers avoisinants sont calmes ; à noter que selon une déjà vieille habitude, les rebelles ont incendié force pneus dans le centre-ville pour faire croire à des incendies ; le correspondant dit encore que le quartier de Hanano, dans l’est de la ville, serait complètement nettoyé ainsi que Soulaymanieh (centre) ; Jdeidé (à l’ouest de la Vieille ville) le serait presque.

Couvent incendié, chrétiens abattus

La nature islamiste de ces bandes ne fait que s’exacerber dans l’adversité : le couvent franciscain Saint-Antoine de Padoue, situé dans Ghanassié (Alep) a été attaqué et incendié par une bande dans la nuit de jeudi à vendredi. Et 15 chrétiens du quartier de Soulaymanieh (centre d’Alep, au sud de Boustan al-Bacha) auraient été enlevés puis abattus jeudi par les activistes selon une source du quartier. Et toute cette journée du jeudi 27 septembre, les ASL ont pilonné au mortier les quartiers plutôt chrétiens de Souleymanieh, Azizieh (sud de Souleymanieh), et aussi Midane (est de Souleymanieh), qui les ont repoussés où dont ils ont été chassés les semaines précédentes. Mais ce débordement de violences à visée communautaire témoigne aussi de l’impuissance et de l’échec de bandes qui ne peuvent plus, de l’aveu de certains de leurs responsables, que défendre les positions qui leur restent.

Les rebelles ont la rage des fanatiques vaincus, qui est meurtrière autant que suicidaire

 

A présent un reportage de la télévision syrienne montrant le gouverneur d’Alep en train de faire la tournée de plusieurs quartiers sous contrôle, notamment la place Saadallah al-Jabri – centre ville – qu’al-Jazzera décrivait comme menacée par une « offensive » de l’ASL. Le gouverneur s’entretient avec les habitants qui témoignent leur satisfaction du retour de l’ordre. Des images indéniablement propagandistes, mais qui ont le mérite d’infirmer par l’image les communiqués victorieux de rebelles et la désinformation deS médias du Golfe :

http://www.youtube.com/watch?v=ZTYqhf4H774&feature=youtu.be

Toujours au chapitre « Après la bataille », voici un reportage de la télévision syrienne al-Ikhbarya montrant les dégâts subis par les quartiers de Souleymane al-Halabi (nord-est, première partie de la vidéo) et de Souleymanieh (centre, deuxième partie de la vidéo), nettoyés des rebelles mais à l’évidence meurtris par les combats. Des habitants témoignent de la violence des activistes qui les ont notamment séquestrés dans leurs appartements pendant plusieurs jours ; à la fin du reportage, une femme de Souleymanieh tire une morale de tout cela : « Chrétiens et musulmans nous resterons ici, jamais les terroristes ne réussiront à nous faire partir de chez nous ! »

http://www.youtube.com/watch?v=5YFIG2E98RI&list=UUuD15-hA3hh_qX7YqwHrgag&index=7&feature=plcp

Une rue d’un quartier disputé d’Alep, le 28 septembre…

 

-Damas :

Deux civils qui avaient enlevés la semaine par des rebelles à al-Qaboun (nord de Damas) viennent d’être libérés par une opération militaire contre un local des insurgés de ce quartier, opération qui a mis plusieurs activistes hors de combat.

A Sidi Meqdad, dans la banlieue sud de Damas, des insurgés ont tiré à la roquette RPG sur deux mosquées, ne causant que des dégâts matériels ; les soldats ont abattu un des assaillants.

L’OSDH entretient la flammèche de l’ASL à Damas en évoquant des « affrontements » dans les quartiers de Barze (nord-est) et de Tadamone (sud), ainsi que des « bombardements » dans des localités périphériques comme Douma (nord-est), Zainab (sud-est) et Mouadamiyet al-Cham (sud). L’OSDH ment d’abord par exagération, suggérant avec de tels communiqués que l’ensemble de ces localités est soumis à un feu dévastateur ou à des combats acharnés : la réalité est souvent plus modeste, en étendue comme en durée, et quelques échanges de tirs ou la chute d’un obus de mortier ne veut pas dire que la guerre est revenue dans ces villes, faubourgs et villages.

Et puis, la télévision syrienne a démenti la nouvelle d’un  deuxième attentat au QG de l’armée, propagée vendredi par des rebelles et surtout al-Jazeera qui de « pan arabe » est vraiment redevenue qatari à l’occasion de la crise syrienne.

-Idleb :

Deux pick-up-mitrailleuse ont été détruits sur la route Idleb/Ma’arat al-Numan. Trois autres véhicules rebelles ont subi le même sort au sud de Sermine (ville située près d’Idleb).

-Homs :

Un nouvel accrochage dans le quartier de Bab Oud (centre ville) a décimé  une bande ; Sana fait allusion à d’autres accrochages dans la ville.

A Talbisseh, à dix kilomètres au nord de Homs, plusieurs rebelles ont été tués.

-Hama :

A Souran (kilomètres de Hama), un  groupe a été décimé et son chef, Ali Mahmoud Abdel Latif, a été tué. A Aqareb près de Salamiah (à une trentaine de kilomètres au sud-est de Hama), deux activistes ont été tués, trois blessé et quatre capturés dans une opération qui a permis en outre la saisie d’une voiture bourrée d’armes et de munitions. Toujours dans le gouvernorat, au village de Qasstoun près de la ville d’al-Ghab (à peu près à mi-chemin de Hama et de Lattaquié), plusieurs pick-up ont été détruits ainsi que leurs équipages.

-Deraa :

Le mufti des villes de Deraa et de Soueida a été enlevé vendredi soir à son domicile de Deraa par un groupe rebelle : Cheikh Abazeid a été conduit en voiture par ses ravisseurs en Jordanie ; le but de cette manoeuvre serait de faire croire à sa défection. A suivre et à vérifier.

Des sources insurgées affirment que six soldats ont été tués dans la région d’al-Bosra, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Deraa.

-Frontière Nord-Liban :

Encore des tentatives d’infiltration depuis le territoire libanais mises en échec, dans la nuit de vendredi à samedi, par les gardes-frontière syriens, à Halat, Adlin et al-Amouta, villages situés au sud de la ville de Talkalakh. Et donc encore des pertes pour ces bandes, apparemment point découragées par une longue et coûteuse série d’échecs dans ce secteur.

 

 

 

 

 

 

 

 



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264 commentaires à “Les rebelles veulent entraîner Alep dans leur chute”

  1. Souriya ya habibati dit :

    Allah Souriya Bachar wbass

  2. Az dit :

    Après l’épuration d’Alep,

    vivement que l’armée reprenne le contrôle des frontières avec la Turquie en premier lieu et ensuite avec le Liban, la Jordanie et l’Irak.

    Et la on verra que tout les étrangers présent sur le territoire syrien n’auront plus qu’a prier le diable et non allah.

    Allah est avec le peuple syrien et Bachar !

    • idriss dit :

      lu dans el manar.
      Firas Tlass: »Assad restera 20 ans de plus à cause du CNS actuel »
      L’opposant syrien Moutih elBoteyn a annoncé son retrait du soi-disant « Conseil national syrien » à cause « du laxisme de certains éléments du conseil et de l’interdiction aux autres éléments de remplir leur devoir révolutionnaire », a rapporté le site de la chaine de télévision iranienne arabophone elAlam.

      « On ne peut accepter que 20 millions d’euros restent dans les mains du conseil depuis plus d’un mois alors que notre peuple vit dans le besoin… Au conseil exécutif, M. Ahmad Ramadan refuse de distribuer l’argent aux réfugiés », a-t-il entre autre avancé comme raisons de sa démission.

      Membre au bureau exécutif, chef du bureau de la mobilisation révolutionnaire, et responsable du dossier des réfugiés au Conseil, elBoteyn a espéré que les éléments actuels du Conseil donnent à d’autres personnes compétentes la chance de présenter au peuple syrien de meilleures aides dans l’avenir.

      Firas Tlass formera une nouvelle opposition syrienne !

      Dans une interview au journal Daily Telegraph, l’opposant Firas Tlass, fils de l’ancien ministre syrien Mostapha Tlass, a critiqué le conseil national syrien (opposition), qui manque de vision, selon lui.

      « Le président Assad restera 50 ans supplémentaires au pouvoir si le Conseil national dirige la révolution », a-t-il ironisé, affirmant qu’il financera une nouvelle direction de l’opposition à l’intérieur de la Syrie à la place du conseil national.
      Tout en refusant de révéler les noms de son nouveau conseil d’opposition, Tlass a souligné que « des personnalités civiles venant des différentes villes syriennes travailleront de concert pour former un gouvernement transitoire ».

      « Je place toute ma fortune au service du nouveau conseil qui devra conduire la Syrie vers une nouvelle démocratie », a-t-il encore dit.

      Première attaque contre les Kurdes d’Alep

      Les groups armés en Syrie ont attaqué vendredi le quartier Cheikh Massoud dans le nord d’Alep, habité par une majorité kurde.
      Selon une source militaire syrienne, 10 hommes armés ont été tués en tentant de pénétrer le quartier kurde, alors que l’armée syrienne libre (ASL) a menacé d’attaquer les combattants kurdes locaux.

      Les rebelles ont affirmé de leur côté avoir « capturé huit éléments des milices pro-gouvernementales aux alentours du quartier », ajoutant que « certains détenus ont été tués », sans préciser si des kurdes figuraient parmi les morts.

      Dans un communiqué publié sur Facebook, le commandant des opérations militaires de la « brigade attawhid », Abdel Qader Salah, a adressé « une dernière demande aux gangs du parti des travailleurs kurdes pour déposer leurs armes immédiatement et ne pas s’entrainer dans une bataille perdue à l’avance », menaçant d’ouvrir le feu sur quiconque porte les armes contre les brigades de l’opposition armée.

      Un autre dirigeant de la même brigade, connu pour Abou Forat, a dit que les groupes armés ont réalisé des progrès sur plusieurs fronts à Alep, dont le quartier Salaheddine. « Sur le front de Saleheddine, nous sommes parvenus à contrôler l’une des bases des forces régulières, et nous avons tué 25 soldats au moins », a-t-il dit, cité par le quotidien libanais Assafir.

       » L’attaque avait pour objectif de repousser les forces du régime des quartiers Saïf elDawla, Salaheddine, elIzaa, alAmiriya et alSoukari », ajoute un autre chef militaire, faisant état de progrès sur les fronts d’alSoukari et d’elIzaa. Mais ils ont dû reculer de Salaheddine pour manque de munitions, a-t-il encore dit.
      Un autre combattant a reconnu que 20 opposants armés ont trouvé la mort, et 60 autres ont été blessés dans les mêmes affrontements.

      De source militaire syrienne gouvernementale, on indique que les affrontements les plus durs ont éclaté vendredi à l’aube aux quartiers alArkoub et Maysaloun, et ont duré plusieurs heures. Alors que les hommes armés ont tenté « plus d’une fois et sur plusieurs fronts » de pénétrer dans la place Abdallah elJabiri, au centre ville, mais en vain.

      Le correspondant de l’agence France Presse a rapporté de source militaire que les combattants armés ont fait sauter la porte orientale de la mosquée des Omeyyades dans l’ancienne ville, dans une tentative d’infiltrer vers la place des sept lacs (Sabeh Bahrat en arabe) et arriver enfin à la place Abdallah elJabiri au centre d’Alep. Il a fait état d’affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés qui se sont retranchés « aux souks d’elNeswan et d’elKhouba ».

      L’AFP : Pas de percée significative pour l’ASL

      Selon des habitants et des journalistes de l’AFP, les accrochages ont globalement baissé en intensité après l’offensive d’une ampleur sans précédent menée jeudi et vendredi par les rebelles dans la ville d’Alep disputée depuis deux mois.

      Au terme de ces journées de combats particulièrement violents, une source militaire syrienne a déclaré vendredi que plusieurs attaques rebelles avaient été repoussées, tandis que les insurgés ont affirmé avoir progressé mais sans effectuer de percée significative.

      L’OSDH : des morts dans le pilonnage de l’armée

      Dans la province d’Alep, « un bébé d’un an a été tué, son frère et sa mère ont été blessés dans la nuit par le pilonnage de la localité de Maskana », selon l’observatoire syrien des droits de l’homme basé à Londres.

      Cette même source a fait état de bombardements samedi contre les localités de Douma (nord-est), Sayidé Zainab (sud-est) et Mouadamiyet al-Cham (sud) blessant plusieurs personnes.

      « A Damas même, deux civils ont péri lors d’un assaut contre le quartier de Barzé (nord-est) par les forces du régime, alors que des affrontements ont eu lieu à Tadamoun (sud), suivis de perquisitions. Dans la province de Deraa (sud), où plusieurs localités ont été bombardées, six soldats ont été tués dans des combats près d’al-Gharia al-Cha