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  C'est aujourd'hui que le chef de la Croix Rouge internationale, Jakob Kellenberger, rencontre à Moscou le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Le premier espère obtenir du second un soutien afin que Damas concède une trêve dans les violences. M. Kellenberger ressort sa proposition de cessez-le-feu quotidien de deux heures afin de pouvoir acheminer des secours aux zones de conflit. Une trêve ? Qui va la signer ? Mais, et c'est toujours la même chose, il faut être deux pour conclure [...]



L’humanitaire a a pris la relève du politique en Syrie

Par Guy Delorme,



Kofi Annan avec le Grand mufti de Syrie, le 11 mars : l'envoyé spécial de l'ONU peut bien évoquer sa "déception" devant les caméras, mais une mission de l'ONU est déjà à l'oeuvre en Syrie, avec l'accord du gouvernement

Kofi Annan avec le Grand mufti de Syrie, le 11 mars : l'envoyé spécial de l'ONU peut bien évoquer sa "déception" devant les caméras, mais une mission de l'ONU est déjà à l'oeuvre en Syrie, avec l'accord du gouvernement

 

C’est aujourd’hui que le chef de la Croix Rouge internationale, Jakob Kellenberger, rencontre à Moscou le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Le premier espère obtenir du second un soutien afin que Damas concède une trêve dans les violences. M. Kellenberger ressort sa proposition de cessez-le-feu quotidien de deux heures afin de pouvoir acheminer des secours aux zones de conflit.

Une trêve ? Qui va la signer ?

Mais, et c’est toujours la même chose, il faut être deux pour conclure une trêve et les groupes armés ne sont pas dans une logique de trêve, mais de harcèlement des forces de l’ordre. Et de plus, contrairement à ce qu’on voudrait faire croire, les bandes insurgées n’écoutent que d’une oreille distraite les éventuelles consignes en ce sens de l’état-major de l’ASL, basé en Turquie. Par ailleurs, et ceci est la conséquence de ce qui précède, il n’y a pas de « fronts » identifiés en Syrie, les groupes agissant sporadiquement, un jour dans une ville, un jour dans l’autre : organiser dans ce contexte un cessez le feu en bonne et due forme, et quotidien, relève du voeu pieux. C’est une fois qu’un quartier ou une zone sont durablement sécurisés, que le gouvernement peut prendre la responsabilité – et donc le risque – d’y faire entrer une équipe du CICR, on l’a bien vu récemment à Bab Amr.

Dans le même temps, la mission d’experts des Nations-Unies, appuyée par la Ligue arabe, est arrivée à Damas. Elle doit négocier avec le gouvernement l’arrivée d’une autre mission d’observation, plus étoffée en effectifs, qui doit se déployer pour mettre fin aux violences. Les experts doivent essayer de « vendre » au gouvernement les propositions faite voici quelques jours à Bachar al-Assad par Kofi Annan (voir notre article « La visite de Kofi Annan : un bilan globalement positif« , mis en ligne le 12 mars) et portant notamment sur la libération des détenus et l’ouverture effectif d’un dialogue politique avec l’opposition.

Tout le monde le sait ici, une « mission d’observation » s’est déjà déployée, en décembre et en janvier dernier, en Syrie, alors que le niveau de violence était nettement plus élevé qu’aujourd’hui. Elle travaillait sous l’égide de la Ligue arabe, qui l’a rappelée quand les conclusions des observateurs n’ont pas eu l’heur de plaire aux Occidentaux et à la présidence qatarie de la Ligue arabe. Cette fois-ci, le Qatar ne sera plus à la présidence de la Ligue, qu’il doit céder dans quelques jours à l’Irak, mais quid si les observateurs du printemps 2012 incriminent, comme leurs prédécesseurs, la responsabilité majeure des insurgés dans le climat de violence en Syrie ?

Par ailleurs, une autre mission humanitaire est déjà à pied d’oeuvre en Syrie, placée sous la responsabilité de l’Organisation de coopération islamique et de l’ONU : elle a déjà visité Homs et a prévu de se rendre dans une dizaine de provinces syriennes. Tout ceci, bien sûr, avec l’aval du gouvernement syrien, qui a donc fait preuve d’une certaine volonté de coopération avec des institutions internationales. Mais ce n’est apparemment pas assez pour Kofi Annan qui a qualifié ce week-end de « décevantes » les réponses apportées par Damas à ses propositions.

L’ASL de plus en plus virtuelle ?

Sur le front des violences, justement, et mises à part les escarmouches de Damas cette nuit, l’OSDH parle avec fort peu de détails de « bombardements » d’une « localité » de la région de Hama et d’un « assaut » contre une autre, dans la province de Deraa cette fois. Tout ça ne sent pas vraiment la guerre civile dont rêvent les politiciens exilés du CNS. Sana de son côté évoque le retour au calme et à une vie normale à Idled, la grande ville du nord-ouest dont certains quartiers ont été récemment débarrassés des bandes qui les infestaient. Et l’AFP a recueilli des confidences d’un de ces expulsés d’Idleb qui explique que lui et ses camarades se sont réfugiés dans les montagnes au nord de la ville, peu propice aux évolutions des blindés et adossée à la frontière turque. L’homme espérant que cette proximité empêchera le régime d’utiliser ses avions ou ses hélicoptères par crainte d’une réaction d’Ankara. Mais le gouvernement a déjà déployé depuis plusieurs mois de troupes sur cette partie de la frontière et aucune gesticulation d’Erdogan ne l’a empêché, jusqu’à présent, de frapper les insurgés de la région nord-ouest, d’Idleb à Jisr al-Choughour. S’il n’y avait la « tchatche » de ses supporteurs, l’ASL serait réduite à bien peu de choses en Syrie.



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10 commentaires à “L’humanitaire a a pris la relève du politique en Syrie”

  1. Souriya ya habibati dit :

    « L’ASL de plus en plus virtuelle  »
    On n’arrête pas le progrés cher Monsieur.
    Allah Souriya Bachar wbass

  2. idriss dit :

    il faut dire polichiens et non politiciens.

  3. Romain dit :

    Une nouvelle mission d’observation n’aurait-elle pas les mêmes résultats que la première : permettre in fine à l’ »ASL » de se constituer un nouveau bastion sur une partie du territoire et obliger l’Armée a utiliser les « grands moyens » pour l’en déloger ? Méfiance donc même si cette fois les enjeux sont encore plus importants: imaginons que les observateurs onusiens arrivent aux mêmes conclusions que les observateurs arabes, ce serait l’effondrement de la rhétorique hostile des Nations Unies elles-mêmes et la fin de la guerre d’usure dont les Syriens paient chaque jour le prix. On peut peut-être espérer…

  4. Marie-Christine dit :

    Oui, parlons en de « l’Humanitaire » de l’ONU !? D’abord c’était les bombes, les no-fly zones comme en Lybie, les couloirs, les zones-tampons ou je ne sais plus comment ils les appellent…, etc. Certes, ils ont baissé d’un cran et de plusieurs, mais je jurerai que c’est toujours le même type d’esprit « humanitaire » qui les anime, sauf que de plus en plus impuissant contre la Syrie et son Président… Donc, oui, prudence, mais Bachar et les Russes (je l’espère) le savent certainement. donc, voyons la suite…
    Quant aux observateurs, cela dépend quels observateurs ? Des observateurs formatés-mercenaires en col blanc, qui sont bien capables pour plaire à leurs « patrons » de rapporter noir ce qu’ils ont vu blanc et vice et versa ? Je suppose que Bachar a plus que son mot à dire dans le choix de ces observateurs !? Une mission d’information de l’ONU honnête ? Par les temps qui courent, on peut légitimement se méfier : l’ONU veut-elle réellement un rapport qui dise la vérité ou un rapport sur mesure qui conforte ses thèses ? Sauf que la marge de manoeuvre de la malhonnèteté se réduit peut-être de plus en plus…
    Que va faire l’ONU si ce rapport la dérange ? Scénario bis repetita du rapport des observateurrs de la Ligue arabe ? Mais ce sera peut-être plus difficile, enfin espérons-le…

  5. Djazaïri. dit :

    Il faudrait une trêve journalière. Mais cela n’empêche pas d’être impitoyables avec les groupes terroristes.

  6. Fghjkl dit :

    La Russie évolue et soutient le cicr dans ses demandes… Il y a de l eau dans le gaz…

    • Shamsi dit :

      comme ce sont les enc… de l’ASL (Anes Salafistes lobotomisés) ou FSA Fucking salafist Assholes qui ont toujours refusé les cessez le feu y’a pas vraiement de l’eau dans le gaz ne t’en deplaise gerbi .. c’est bien gerbi ton nom ?

  7. RoyL dit :

    Article À LIRE:

    http://silviacattori.net/article2993.html
    Syrie : L’ultimatum d’Amnesty International à la Russie
    Amnesty International demande à la Russie d’autoriser les
    États-Unis et l’OTAN à commencer la ruine et le pillage de la
    Syrie
    Tony Cartalucci
    19 mars 2012

    - Intro

    - Amnesty est financée et gérée par le ministère des affaires
    étrangères des États-Unis et le gros business

    - Les troubles en Syrie sont soutenus en sous-main par les
    États-Unis et sont planifiés de longue date

    - Amnesty parle pour Wall Street et Londres et non pas pour les
    droits de l’Homme

  8. Djezehel dit :

    Amnesty parle surtout pour Tel Aviv, la Jérusalem d’Auschwitz.