• Décryptage
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Alors qu'il signale des "combats" du côté de Deir Ezzor, dans l'est du pays, l'Observatoire syrien des droits de l'homme, l'officine londonienne de l'opposition installée à Londres et qui a imposé depuis le début des événements ses bilans et infos sur celle-ci à l'ensemble des rédactions occidentales, l'OSDH donc publie un nouveau bilan de 17 mois de violence en Syrie. Macabre "artifice comptable" Son inamovible - et invisible - président Rami Abdel Rahmane a donné ce jeudi 14 juin le chiffre de [...]



L’ODSH truquait bien ses bilans !

Par Guy Delorme,



Ces rebelles sont armés mais sans uniformes. ce qui leur vaudra, en cas de décès au combat, d'étoffer les bilans OSDH des victimes "civiles" de la répression bachariste : simple mais il fallait y penser !

Alors qu’il signale des « combats » du côté de Deir Ezzor, dans l’est du pays, l’Observatoire syrien des droits de l’homme, l’officine londonienne de l’opposition installée à Londres et qui a imposé depuis le début des événements ses bilans et infos sur celle-ci à l’ensemble des rédactions occidentales, l’OSDH donc publie un nouveau bilan de 17 mois de violence en Syrie.

Macabre « artifice comptable »

Son inamovible – et invisible – président Rami Abdel Rahmane a donné ce jeudi 14 juin le chiffre de 14 475 personnes tuées depuis mars 2011. Cette précision – un rien suspecte – se retrouve dans le décompte par catégories de victimes :

- 10 117 civils ;

- 3 552 soldats et policiers ;

- 807 déserteurs.

On note très vite que Rahmane donne un chiffre de militaires et policiers  tués nettement supérieur à ceux avancés récemment par le gouvernement – entre 2 000 et 2 500. Si l’on ose dire, c’est de « bonne guerre » psychologique.

Bien sûr la disproportion entre pertes des forces de l’ordre et pertes des groupe armés – qui correspondent dans le décompte OSDH à la catégorie « déserteurs« , l’ASL étant longtemps censée ne recruter que des transfuges de l’armée- cette disproportion suscite le scepticisme : quatre  pour un environ en faveur de l’ASL, pourtant réputée moins bien équipée et armée que les troupes gouvernementales. Il y a donc une arnaque, ou une habileté comptable dans le bilan de M. Rahmane.

Eh bien, ce n’est pas compliqué, et l »AFP le reconnait incidemment dans son article du 14 juin : comme nous l’avons toujours écrit ici, l’OSDH « classe comme « civils » les combattants rebelles civils qui ont pris les armes contre le régime, parallèlement aux déserteurs« . Cela allait sans dire pour nous, qui avons toujours ajouté des guillemets au mot « civil » à chaque fois qu’il apparaissait dans un bilan OSDH, mais ça va mieux quand l’AFP et Le Point le précisent enfin !

Ceci précisé et reconnu, reste à savoir combien sont les « vrais » civils parmi les 10 117 comptabilisés par Rahmane : certainement, l’armée a infligé, en dépit de la tactique d’embuscades, d’attentats à l’explosif et d’assassinat ciblés utilisés contre elle par la rébellion, des pertes au moins égales à celles qu’elle a subies, soit au moins 3 000. Resteraient 7 000 morts (vraiment) civils. Et là se pose la question du nombre de partisans réels ou supposés du régime, ou des simples passants, qui ont été assassinés, et qui le sont toujours à un rythme quasi-quotidien par les groupes armés d’opposition, soit par balles, soit dans des attentats à la voiture piégée : « des centaines » a dit Poutine à Hollande lors de leur conférence de presse commun à Paris.

À raison d’une moyenne de trois ou quatre victimes quotidiennes – depuis des mois – de commandos armés dont Sana donne à chaque fois les noms, en ajoutant les centaines de « suspects » exécutés à Homs par les sections spéciales de l’ASL entre l’été 2011 et la chute de Bab Amr début mars, en comptant aussi les victimes des principaux attentats à la voiture piégée ayant fait depuis Noël dernier entre 200 et 250 morts à Damas, Alep, Idleb et Deir Ezzor, en prenant en compte le fait que la tuerie de Houla fin mai, et qui a fait une centaine de victimes, est attribuable, en  fonction de l’identité politique de certaines victimes, plutôt à l’opposition qu’au régime, on peut parier sur un minimum de 1 500 à 2 000 victimes civiles des terroristes.

Ce qui laisserait un minimum de 5 000 vraies victimes civiles du pouvoir depuis la mi-mars 2011. Sauf que rien n’étaye vraiment, en dépit de la prétention au sérieux de l’OSDH, ce chiffre : l’opposition n’a à notre connaissance jamais fourni de liste nominative et référencée de ces décès. Pas à la grande presse en tous cas. Si l’ONU détient une telle liste, qu’attend-elle pour la communiquer ?

L’OSDH affirme aussi que 2 302 personnes sont mortes au cours du seul mois dernier (du 13 mai au 13 juin) soit :

- 1 455 « civils« ;

- 96 déserteurs ;

- 751 soldats et policiers.

Il est incontestable qu’il n’y a jamais eu – sauf peut-être au temps de la reconquête de Bab Amr, en février – autant de victimes de la violence que depuis « l’entrée en vigueur » du cessez-le-feu voulu par le plan Annan le 12 avril. Maintenant, en ce qui concerne les pertes militaires sur cette période, nous avons, en collationnant les échos de Sana sur les obsèques militaires, décompté un peu plus de 400 victimes militaires et policières. Peut-être avons nous « manqué » deux ou trois cérémonies entre le 13 mai et le 13 juin, mais c’est le bout du monde. On constate donc une évaluation qui passe presque du simple au double – 411 à 751 – entre Sana et l’OSDH. Et là, désolés, mais nous pensons que Sana est plus fiable : l’agence syrienne donne à chaque fois le nom, le grade, la ville d’origine du militaire tué et aussi, de façon plus floue, le lieu où il a été mortellement touché. Alors que l’OSDH se base sur les vantardises guerrières de ses « correspondants locaux ».

Pour les civils, à raison de trois ou quatre victimes des groupes armés par jour, de l’ouvrier d’usine au chef tribal en passant par le professeur ou le représentant du Baas, et sans prendre en compte les massacres signalés au cours de la même période, on a bien un minimum d’une centaine de victimes des bandes armés. Est-ce à dire que l’armée est donc responsable de la mort de 1 300 civils en un mois ? Non car il faut défalquer là encore des centaines de faux civils et vrais insurgés armés tombés au combat. Et aussi les tueries de  Houla et d’al-Qoubeir, attribuées généreusement au pouvoir par l’OSDH, et dont la responsabilité n’est toujours pas établie. Reste quand même des centaines de civils. Sauf que, là encore, on doit croire l’OSDH et les militants à portable sur parole, en l’absence de toute indication nominative. Nous ne nions pas que les forces de l’ordre aient commis ça et là, dans un contexte de guerre anti-terroriste, des bavures, des crimes. Mais nous ne croyons pas à leur banalisation, nous ne croyons pas aux bilans qu’on nous assène.

Il y a encore un « poste » dont l’officine de Rami Abdel Rahmane ne dit rien, et pour cause, c’est celui des volontaires étrangers morts : et il y en a des dizaines (au minimum), le gouvernement syrien annonçant régulièrement que des Libyens, Tunisiens, Algériens, ressortissants du Golfe ont été tués (c’était notamment le cas à Bab Amr). Se pose alors la question de savoir où l’OSDH « range » ces cadavres-là. Dans la catégorie « touristes » ?

L'agence syrienne Sana rend compte de façon exhaustive des obsèques de soldats et de policiers tombés en service commandé : il y en a beaucoup depuis 17 mois, trop, mais nettement moins que ce que prétend l'OSDH à des fins de propagande et de démoralisation de l'armée...

 



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16 commentaires à “L’ODSH truquait bien ses bilans !”

  1. Aa dit :

    Christoph Hörstel affirme que depuis que l’armée a lancé les operations militaires a homs et surtout lattaquié avec la prise du Bab Amr Bis (Haffé) , les operations mené dans toutes la region de damas enfin dans toute la syrie : approximativement 1200 terroristes ont ete tués

  2. Mohamed Ouadi dit :

    Mais, il y’a deux Syrie(s), l’une virtuelle de l’OSDH et de l’axe de belligérance contre la Syrie réelle, y compris machins politiques et « droits-de-l’hommistes » onusiens, et la Syrie réelle du peuple et des institutions syriennes et des alliés syriens, et des infosyriens …
    A propos, Ban Ki Moon a démenti le fait que la Syrie soit en guerre civile … ?!
    Encore, du chaud et du froid, et des mensonges à peine dissimulés …

  3. سوريا.خالدة-Syrie.Eternelle dit :

    Quiconque connaît le coût de la vie en Syrie, en dollars ou en euros, sait qu’il est immpossible au Syrien moyen de se payer des armes, et, en plus, en délaissant son atelier, son champ, son cabinet ou son commerce, de « partir à la guerre » contre les autorités légitimes syriennes.

    Tous ces « combattants » (dont certains « inspirés » peuvent ne pas manquer d’audace, et combattent, par « idéal »), après bourrage de crâne et endoctrinement, sont nourris d’hypocrites paroles, d’espoirs insensés et de prêches sacrilèges qui n’ont rien à voir avec un Islam authentique.

    Pendant qu’ils égorgent, tronçonnent, incendient, leurs commanditaires Ultra-Sionistes-Associés se gaussent des souffrances du peuple syrien et comptent les milliards de dollards que leur versent les Zémirois du Golfe Israélo-Qatarrho-Saoudistanais en achat d’armes.

    Ces cupides (comme les appelle Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie) supputent, à, New-York, Miami, Tell-Aviv ou Londres, sur les milliards de tonnes de brut(es) et de mètres cubes de gaz (toxiques) qu’ils pourraient retirer du succès, à présent impossible, de leurs ignobles projets.

    Il serait juste qu’un jour, ces malfaiteurs, qui tiennent le haut du pavé, soient déférés devant une justice internationale immpartiale.

  4. albert dit :

    Quelqu’un peut m’expliquer comment être aussi con pour allez combattre la Syrie pour les intérêt de l’occident.
    Qui les recrutes

    • sowhat dit :

      Qui les recrutent et qui sont-ils ? et surtout combien parmi eux sont encadrés par des « instructeurs » occidentaux (CIA Blackwater, M6, DGSE et j’en passe) dans les camps d’entraînement (car il s’agit bel et bien de camps d’entraînement) qui se trouvent en Turquie, en Jordanie et au Liban dans la région du Akkar (peut-être même en Iraq et avec les positions très béllicistes de Netanyahoo et cie on peut imaginer dans un avenir proche en Israel) voire même sur le terrain, en Syrie même. Par les dieux qui protègent la Syrie, j’espère que ces instructeurs seront rendus à leurs propriétaires légitimes dans des sacs poubelle.

    • marie dit :

      C’est peut-être un job comme un autre en période de pénurie,et puis il n’y a pas de limites à l’endoctrinement: il suffit de nommer les méchants et vous êtes instantanément dans le camp des gentils.( quoi que vous fassiez)
      La manipulation des faibles d’esprit n’a pas de bornes.En France, l’opinion est muselée alors même qu’elle a bénéficié d’un système éducatif qui aurait du lui permettre de développer le sens de l’analyse.
      C’est dire à quel point la maîtrise de l’art de la guerre par la manipulation est aujourd’hui largement répandue, il n’y a plus de morale, on gère les troupeaux à grande échelle.Quant à la liberté, elle est limitée par l’ignorance, la peur et la
      sauvegarde de nos privilèges…..

  5. Mohamed Ouadi dit :

    « Le contrat est-il rompu » pour les frères musulmans de l’hiver arabe ?

    Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi les russes et les chinois vont camper sur leurs positions vis-à-vis de la Syrie, voilà une façon simpliste de l’expliquer : c’est une question de principe, ils ne peuvent plus laisser bafouer la souveraineté des Etats et l’autonomie des peuples, et je vais caricaturer :
    Obama, a dit à Ben Ali de dégager, et ce dernier a dégagé ;
    Obama a dit à Moubarak de dégager et ce dernier a dégagé ;
    Obama a dit à Kadhafi de dégager, ce dernier a refusé, il a été exécuté, et la Libye fut dévastée et sur le point de se diviser ou de s’émietter ;
    Obama a dit à Abdallah Saleh de dégager il a dégagé, après avoir échappé de peu à un attentat ?!
    Obama a demandé à Bachar Al Assad de dégager, ce dernier est toujours là, il faut s’y faire, le russe, le chinois et l’iranien le soutiennent, et font de son cas une question de destin commun. Pour Poutine, menacé par Clinton d’un « printemps russe », il n’est plus question de céder d’un iota, car si Obama arrive à faire dégager Al Assad, rien n’empêche qu’il aille de l’avant et qu’il demande à Ahmadi Najad de dégager, et après Najad, demander à Poutine de dégager « and so, and so » …..
    Demander à un chef d’Etat de dégager, cela encourage, l’opposition à se rebeller, à s’insurger, et si comme cela se passe en Syrie, on met à la disposition de cette rébellion et de cette insurrection, des moyens médiatiques, des moyens logistiques divers, des moyens financiers et des moyens militaires, des mercenaires et des terroristes, des coalitions étatiques et leurs renseignements, des institutions régionales et internationales, le pays quel qu’il puisse être a peu de chance de s’en sortir indemne ! C’est ce qui s’appelle « la guerre douce », dont la plus horrible expression se déroule en Syrie !
    Ces guerres sont menées dans ce qui semble être un deal entre le mouvement international des frères musulmans et les forces armées de ces pays. Ce deal est une sorte de cheval de Troie pour prendre ses pays de l’intérieur.
    Avec la résistance de la Syrie, où le peuple n’a pas été dupé, et où l’armée est restée cohérente, l’étasunien semble reprendre ce qu’il a cédé aux frères musulmans, sinon comment expliquer les derniers développements en Egypte, où la cour constitutionnelle a statué pour la dissolution de la chambre des représentants à domination islamiste radicale, et a permis à un représentant du régime – en la personne du dernier chef du gouvernement de l’ère Moubarak – de continuer la course présidentielle, et au haut conseil de l’armée de reprendre les ficelles du pouvoir ?! Tout semble indiquer que l’étasunien a dit aux frères musulmans : vous n’avez pas honoré vos engagements de me débarrasser de Bachar, je reprends ce que je vous ai cédé !
    Un autre fait qui mérite attention, c’est l’interdiction faîte, il y’a 4 jours par les oulémas saoudiens d’interdire le Jihad en Syrie, et l’interdiction par le Roi de la collection des dons pour l’opposition syrienne, et l’ordre donné à ses pions au Liban de se réunir autour d’une table de dialogue pour éviter l’embrasement de ce pays sur l’autel de la guerre en Syrie.
    Et en poussant le cynisme, on peut être tenté de dire que regrouper les terroristes en Syrie a un double avantage pour l’usraélien : se débarrasser des terroristes et user l’armée arabe syrienne et affaiblir le régime, à défaut du Jackpot du renversement du pouvoir, par implosion, intervention extérieure ou coup d’Etat militaire …
    Et au moment où le fer est battu à chaud, les négociations vont bon train, avec un retour en force du rôle de la Russie, de la Chine et de l’Iran sur fond de résistance, de fermeté et de cohésion de l’Etat syrien… Et nous verrons, comment les choses vont tourner, la situation sur le terrain syrien allant trancher, l’échec des observateurs arabes ayant permis d’enterrer le rêve d’instaurer un émirat islamique, et l’actuel échec des observateurs onusiens est en cours de permettre d’enterrer le rêve de créer un Benghazi syrien, le nettoyage du pays du terrorisme et de la rébellion et la restauration de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire syrien. ET c’est sur ce fond que se font les négociations russo-étasunienne …

    • chb dit :

      Dans les plans occidentaux, l’Iran devrait tomber peu après la Syrie. Or, la guerre des étoiles (v.2), celle que notre président de changement a entérinée avec ses nouveaux amis de l’OTAN, est destinée à contrer la soit disant menace iranienne.
      Plus d’Iran, plus de menace : donc plus de bouclier de l’OTAN ?
      Certains « pacifistes » envisageraient-ils un rééquilibrage dans ce sens ?
      Autrement dit, en ignorant l’étape d’un harcèlement (ou plus) de la Chine, on sacrifierait Syrie et Iran pour assurer quelques mois supplémentaires de « paix dans le monde »…

  6. Francois dit :

    Bonjour,
    Je reviens sur une info un peu ancienne de Thierry Meyssan. L’arrestation de militaires francais en Syrie. Louis, vous aviez dit á l’époque que vous n’y croyiez pas.
    Quelqu’un a-t-il plus d’infos sur ce sujet?
    merci

  7. chb dit :

    Parmi les « ONG » dont se demande avec effroi laquelle reste indépendante, une campagne Amnesty Int’l : Alep, répression, chabiha,etc. épaule opportunément l’OSDH et la livraison de « téléphones ». Texte long mais bien calibré pour émouvoir, par Donatella Rovera, principale conseillère d’Amnesty International pour les situations de crise. Certains lecteurs connaissent ce nom…
    [05/06/2012] http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Actualites/Les-victimes-de-la-repression-brutale-en-Syrie-5503?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=2012-06-15-Actionaute

  8. OTDH dit :

    Treize prisonniers tués à Urfa en Turquie

    A Urfa, dans l’est de la Turquie, treize détenus de la prison de type E pour la plupart d’origine kurde, ont perdu la vie dans un incendie qui s’est déclaré au cours d’une émeute. Il y aurait également au moins trente blessés dont trois personnes gravement intoxiquées.

    D’après le gouverneur de la ville d’Urfa, une bagarre entre détenus de droits commun serait à l’origine de l’incendie tragique.

    Le chef de la sûreté Mehmet Likoglu soutient lui aussi que les victimes seraient des détenus de droit commun et non des détenus politiques.

    En revanche, Me Ibrahim Benek, avocat du député kurde du BDP (Parti de la paix et de la démocratie) Ibrahim Ayhan incarcéré dans la même prison, affirme que les détenus du dortoir C 15 ont mis le feu à leurs effets pour exprimer leur révolte contre leurs conditions de détention inhumaine et qu’avec l’embrasement des matelas, le feu serait devenu incontrôlable. L’avocat a par ailleurs tenu le ministre de la justice responsable de ce massacre.

    Près de 500 parents de détenus étaient massés cette nuit devant la prison d’Urfa pour s’enquérir de la santé de leurs proches incarcérés. La police et l’armée sont intervenues pour disperser la foule à coups de gaz au poivre et de matraques.

    De nombreux membres du Congrès national kurde (KCK) sont incarcérés à la prison d’Urfa où près de 1000 détenus se partagent à peine 400 places.

    17 juin 2012
    Source: Firatnews (www.firatnews.com), Hürriyet, Milliyet
    Traduit par Bahar Kimyongür, directeur de l’OTDH (Observatoire turc des droits de l’homme)

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    La police tire sur les habitants du quartier de Gazi

    Samedi matin vers 10h30, un rassemblement pacifique de militants du Front populaire (Halk Cephesi) s’est tenu dans le parc de la mairie de Gazi. Installés sous une tente, les militants entendaient dénoncer les violences policières qu’ils subissent quotidiennement. Des équipes de police sont descendues sur les lieux et ont tenté d’enlever un militant. Lorsque les manifestants ont voulu s’interposer, la police a ouvert le feu à balles réelles mais sans faire de blessés. Le quartier reste mobilisé face à la violence policière.

    16 juin 2012
    Source: Halkinsesi TV ( http://www.halkinsesi.tv )

    ————

    Actions punitives du DHKC contre des patrouilles de police

    Après de longues années de silence, les combattants du DHKP-C passent à l’offensive. Mercredi soir, un militant dénommé Erdal Dalgiç (46) est mort dans l’attaque d’un commissariat où les tortures sont monnaie courante. Depuis, les attaques visant la police se sont multipliées à Istanbul. Ci-dessous, un extrait du communiqué du mouvement révolutionnaire publié sur les sites Firatnews et Halkinsesi.

    Bureau de presse du Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKC)
    Communiqué n° 390 du 16 juin 2012

    (…)

    Le vendredi 15 juin 2012 vers 21h30 du soir, un ennemi du peuple de l’AKP dénommé Muammer Sabri Yigit a été la cible de nos combattants. Ce tortionnaire travaillant au Centre de police d’Avcilar attaché au directoire de la sûreté d’Avcilar à Istanbul a été puni en représailles à l’assassinat de nos camarades Engin Ceber et Erdal Dalgiç. Le tortionnaire Muammer Sabri Yigit a été touché de trois balles sur les treize que nous avons tirées. Blessé, il a été transporté à l’hôpital.

    Durant l’action, une balle a ricoché et a atteint une personne issue du peuple. Cette dernière a été légèrement blessée. Nous avions pourtant pris toutes nos précautions pour éviter ce genre d’accidents. C’est pourquoi, nous adressons toutes nos excuses envers cette personne, envers ses proches et envers l’ensemble de notre peuple. Tous les frais médicaux de cette personne seront assumés par notre organisation.

    Le 16 juin 2012, une patrouille de police du centre de torture d’Etiler a été attaquée par nos combattants dans le quartier de Gaziosmanpasa. Des suites de cette action, le policier Zekeriya Yurdakul a été mortellement blessé et est décédé à l’hôpital.

    Ceci est un avertissement à tous les policiers tortionnaires de l’AKP.

    Cessez d’attaquer le peuple avec vos gaz au poivre et vos gaz orange. Cessez d’étouffer toute contestation par vos bombes toxiques. Cessez de maltraiter le peuple.

    Vous avez assassiné les enfants les plus nobles de ce peuple, ses enfants captifs, sans armes, sans défense, blessés et malades.

    Nous sommes restés muets. Nous avons attendu. Nous avons demandé justice mais n’avons rien reçu. Ca suffit.

    Nous ferons savoir au monde entier que la justice est inexistante en Turquie.

    (…)

    Nous avons demandé la justice. Vous ne nous l’avez pas accordée. Vous ne nous la donnerez pas.

    Nous la prendrons par la force. (…) »

  9. joszik dit :

    Il ne faut pas leur casser le moral à ces bandes armées financés par l’argent de la drogue afghane….S’il savaient qu’ils allaient tous mourir en Syrie, il prendraient leur jambe à leur cou.